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Mes passions : la littérature, les loups, les chevaux .Tout çà dans le désordre ou dans l'ordre qui vous conviendra. Un peu de tout aussi parce que la vie nous fait passer du rire aux larmes, de la joie à la colère, de l'amour au désamour très vite (au sens large pas au sens sentimental uniquement). Toute suggestion est la bienvenue et, dans tous les cas un mot sur la fiche contact recevra toujours une réponse. Les commentaires sont systématiquement modérés. Ceux ne traitant pas du sujet ne sont pas rendus publics.

 

Je vous souhaite une bonne visite...

Nicolas...

 

Un jour, nous avons attendu de tes nouvelles... En vain, j'ai longtemps envoyé des mails, certaine que cette absence brutale ne pouvait avoir d'autres explications qu'un incident que j'espèrais technique ou bénin... Au fond de moi je me doutais bien... Mais on ignore souvent les signes ou les sensations laissées par une personne. Il aurait pu s'agir d'une autre personne proche, ce qui serait revenu au même finalement...

Ce 16 Avril tu devais venir, nous avions beaucoup de choses de prévues... Les jours, puis les semaines et les mois se sont écoulés sans aucun signe de vie... Trois mois pour être précise... Au terme desquels je viens d'apprendre la nouvelle...

A Nicolas, un ami sincère et drôle, toujours présent, bourré d'humour et de sérieux quand il fallait. A son épouse et sa petite fille de 4 ans à qui il va manquer cruellement.... Professeur d'escrime, champion dans sa spécialité, grand sportif... Il laissera son empreinte parce qu'on n'oublie pas les gens comme lui, trop rares pour partir si tôt.... A 32 ans...

 

 

 

 

 

 

 

 

Moments plaisir...

 

Le Loup Solitaire

 sur un poème de jack Harris 

 

 

Les Loups 

 

 

Celle-ci à visionner directement sur you-tube à cause d'un véto de Sony sur certains sites !?

http://www.youtube.com/watch?v=CVf4xLwOS6k

 

 Pensées vagabondes...

 

La légende...

La légende du Loup Blanc

Je savais bien qu'il ne venait pas pour rien...

Conscience

Conscience

 

Conscience

 

Etre comme ce nuage qui avance lentement sous l'effet du vent déplaçant lui-même son ombre sur la terre tiède qu'inonde le soleil d'automne. Elle reste là à contempler le spectacle qui l'apaise toujours malgré les soubresauts de son âme abîmée, et toutes ces questions qui l'ont assaillies sans cesse tout au long de ces dernières semaines. Elle qui pensait que seules les réponses pourraient alléger son fardeau venait de prendre conscience qu'il n'en était rien. Bien au contraire, elles la laissaient encore plus désemparée puisque désormais elle savait qu'elle n'avait aucun moyen de lutter ou de continuer à nourrir le moindre espoir. Une fois acceptée, la réalité, qui l'avait rattrapée lui avait fait abandonner ses rêves et le vide que cela avait produit ne trouvait aucune compensation. La reconstruction obligatoire qui l'attendait ne semblait pas la toucher et elle laissait les évènements se dérouler presque sans elle, faisant à peine acte de présence dans les moments où les autres avaient besoin d'elle. Tout au long de la nuit elle remettait en question sa vie passée. Où avait-elle raté l'élément important? Avait-elle vraiment compris le sens de la vie elle-même ? Ou bien n'avait-elle fait que se tromper des années durant ? Depuis toujours ? Cette impression de ne jamais être en phase avec l'ensemble de l'humanité lui donnait une amertume qu'elle ne parvenait pas à combattre, en parler autour d'elle il y a longtemps qu'elle avait cessé. Les réponses qu'on lui faisait ne la satisfaisaient en aucune façon, une vision de la vie trop différente, trop éloignée de ses valeurs personnelles. Faisant trop abstraction de sa sensibilité à fleur de peau. Pourquoi faut-il que les réciprocités soient aussi décalées ? Elle avait connu des moments inoubliables tout au long de sa vie mais rien de comparable. Là, sans crier gare, tout s'était éclairé, elle n'avait pas réalisé ce qui lui arrivait et surtout ne s'était pas suffisamment remise en cause. Prenant tout pour acquis alors qu'avec le recul elle avait bien compris qu'elle seule avait nourri des sentiments puissants, trop forts pour qu'elle puisse résister à l'aveu de l'absence en face. Ses mots s'étaient tus, ses doigts ne pouvaient plus écrire, son coeur ne battait plus que pour faire circuler le sang dans ses veines. Les décisions qu'elle prenait n'avait aucun sens, étaient fréquemment irréfléchies et un temps retard dans les réactions avait gelé le temps... L'été avait passé, elle ne savait même plus le temps qu'il avait fait ni depuis quand elle restait là, à songer au temps d'avant… Il lui semblait qu'elle avait laissé son cerveau créer quelque chose qui n'avait jamais existé, qu'elle avait dû s'endormir et ne se réveiller que maintenant où la solitude morale l'avait trouvée. Que faisait-elle là ? A regarder le paysage et ce fichu nuage qui avançait et lui apportait des réponses qu'elle aurait préféré ignorer ? Les arbres commençaient à se parer de leurs chaudes couleurs, les feuilles qui tombaient chaque jour un peu plus lui rappelaient que l'hiver serait vite là avec ses courtes journées et ses longues soirées qui n'en finissent pas. Dans l'âtre déjà, le feu réchauffe ses murs à défaut de son coeur, glacé par le manque de l'autre, fruit de son imagination désormais. Ces réflexes de gestes ou d'envie de dire, de partager se faisaient de plus en plus rares. Elle était comme une maison vide qui se recouvre de la poussière du temps qui passe. Des bribes de traces de vie ancienne, des flashs dans son esprit qui lui rappelaient qu'un jour elle avait aimé, des objets soigneusement rangés comme des reliques sacrées qui lui témoignent qu'elle aussi avait été aimée... avant... à moins que çà ne soit aussi l'expression d'un de ses délires, d'une autre de ses erreurs ? D'une invention de ses rêves de petite-fille qui ne se sont pas réalisés et qu'elle aurait créés? Imaginés de toute pièce... Au fond de son coeur le doute envahit le moindre interstice laissé vacant et s'amuse à remettre en cause les fondements même de sa vie, son utilité au sein d'une communauté auprès de laquelle elle ne se reconnaît pas. Et les nuages se succèdent, laissant chacun leur ombre sur leur sol recouvert de feuilles colorées par la saison, comme pour l'inviter au retour,, comme pour lui dire qu'après l'hiver viendra le printemps et son renouveau, qu'ainsi va la vie et qu'il en est de même pour tous. La fraîcheur de la fin de journée lui fit reprendre contact avec la réalité et elle ferma la fenêtre juste au moment où le premier éclair zébra le ciel qui s'était brusquement assombri.

 

Ecrit le 21 Septembre 2009 (Dépôt légal)

Muriel Langlet.2009 - Tous droits réservés.

Propriété intellectuelle. Toute reproduction même partielle, toute copie, modification ou utilisation même à des fins privées est strictement interdite sans mon consentement écrit.

L'Histoire de la licorne

 

 

Je m’appelle Thomas Porec. La première fois que j’ai rencontré la Dame à la Licorne, j’avais sept ans. A cette époque, je croyais aux licornes. Aujourd’hui j’ai vingt ans mais, à cause d’elle, je crois toujours aux licornes. J’habitais une petite ville nichée au fond d’une vallée, une jolie petite ville certes, mais très ordinaire. Je le sais bien maintenant. Mais quand j’avais sept ans, c’était pour moi un lieu empli de magie et de merveilles. C’était chez moi. Je connaissais les pavés de chaque ruelle, les lampadaires de chaque allée. Je pêchais dans la rivière sous l’église, l’hiver je faisais du toboggan sur les pentes enneigées, et en été je nageais dans le lac. Le dimanche, ma mère et mon père m'emmenaient en promenade ou en pique-nique, je me laissais rouler jusqu'au bas des collines, sans me lasser, et je finissais étendu sur le dos, étourdi de joie, le monde tournoyant au-dessus de moi. Mais je n’ai jamais aimé l’école. Ce n’était pas la faute de l’école, ni des enseignants. Simplement, j’avais tout le temps envie d’être dehors. Je n’avais qu’une envie, courir librement dans les collines. Dès la fin des cours, je rentrais à la maison pour manger une tartine de miel – mon père élevait des abeilles sur la colline – et je filais jouer. Mais un après-midi,ma mère eut une autre idée. Elle devait faire des courses en ville, me dit-elle, et voulait que je l’accompagne.

 « Je déteste aller dans les magasins », lui rappelais-je.

« Je sais, mon chéri, répondit-elle. C’est pour cela que je veux t’emmener à la bibliothèque. Tu verras, ce sera intéressant. Différent. Tu peux écouter des histoires pendant une heure. Cela te fera du bien. Il y a une nouvelle bibliothécaire et après l'école, elle raconte des histoires à tous les enfants qui en ont envie. Tout le monde dit qu'elle est formidable. »

« Mais je ne veux pas écouter », protestais-je.

Ma mère ignora purement et simplement mes récriminations, me prit fermement par la main et m’amena jusqu’à la place principale. Elle me conduisit jusqu’en haut des marches de la bibliothèque.

 « Sois sage », dit-elle, avant de disparaître.

Dans un coin, je vis un groupe d’enfants excités. J’en connaissais quelques-uns de mon école, mais tous avaient l'air beaucoup plus jeunes que moi. Il y avait même des bébés ! Je n’avais aucune envie de les rejoindre. J’allais repartir, dégoûté, lorsque je remarquais qu’ils jouaient tous des coudes, comme s’ils essayaient désespérément d’apercevoir quelque chose de plus près. Je me rapprochais pour voir de quoi il s’agissait. Soudain, ils furent tous assis, comme frappés de stupeur, et là, dans le coin, je vis une licorne. Elle était couchée, parfaitement immobile, les pattes soigneusement rangées sous son corps. Je constatais alors qu’elle était en bois sculpté et peint en blanc, mais elle semblait si vivante que je n’aurais pas été surpris de la voir se lever et partir en trottant. A côté de la licorne, tout aussi immobile, tout aussi soignée, se tenait une femme au visage souriant, un châle à fleurs de couleurs vives sur les épaules. Lorsque son regard croisa le mien, son sourire m’invita à me joindre à eux. Quelques instants plus tard, j’étais assis par terre avec les autres, observant, attendant. Lorsqu’elle s’assit lentement sur la licorne, les mains croisées sur son giron, je sentis l’attente grandir autour de moi.

« L’histoire de la licorne ! s'écria une fillette. Racontez-nous l'histoire de la licorne. S'il vous plaît. »

Elle parlait si bas que je devais me pencher pour l’entendre. Mais, comme les autres, je ne voulais pas perdre une miette de ce qu’elle disait, car chaque parole qu’elle prononçait était chargée de sens et d’émotion, et sonnait comme une vérité. L’histoire parlait des deux dernières licornes magiques vivant sur la Terre, et racontait comment elles étaient arrivées trop tard pour monter sur l’Arche de Noé avec tous les autres animaux. Coincées au sommet de la montagne, sous la pluie battante, elles regardèrent l’Arche s’éloigner au milieu des flots. L'eau commença à monter autour d'elles, recouvrant leurs sabots, puis leurs pattes, puis leur dos, et enfin elles n'eurent d’autre choix que de se mettre à nager. Elles nagèrent pendant des heures, des jours, des semaines, des années. Elles nagèrent si longtemps, et si loin, qu’elles finirent par se transformer en baleines. Ainsi elles pouvaient nager plus facilement. Elles pouvaient plonger jusqu’au fond de la mer. Mais à aucun moment elles ne perdirent leurs pouvoirs magiques et elles gardèrent leurs magnifiques cornes, et c’est pourquoi aujourd’hui elles sont devenues des baleines licornes. On les appelle des narvals. Parfois, quand elles sont lassées de la mer et qu’elles souhaitent revoir des enfants, elles nagent jusqu’à une plage, retrouvent leurs pattes et redeviennent des licornes, des licornes magiques. Lorsqu’elle eût terminé, tous se turent. C'est comme si nous nous réveillions d'un rêve que nous ne voulions pas quitter. D'autres histoires suivirent, des poèmes aussi. Parfois elle les lisait dans des livres, parfois elle les inventait ou les racontait par coeur. Puis une main se leva. C’était un petit garçon de mon école, Milos aux cheveux hérissés de gel.

« Est-ce que je peux raconter une histoire, Madame ? » demanda-t-il.

Il s’assit sur la licorne et nous conta son histoire. Après cela, chacun à son tour voulut monter sur la licorne magique. J’en rêvais moi aussi, mais je n’osais pas. J’avais peur de me ridiculiser, je pense. L’heure passa en un éclair.

« Comment était-ce ? » me demanda ma mère sur le chemin du  retour.

« Pas mal », lui répondis-je.

 Mais le lendemain, à l’école, je racontais à tous mes amis comment cela s’était réellement passé, je leur dis tout sur la Dame à la Licorne – c’est ainsi que tout le monde l’appelait –, ses récits incroyables et le fantastique pouvoir magique de la licorne à raconter des histoires. Cet après-midi, ils vinrent avec moi à la bibliothèque. La nouvelle se répandit jour après jour et le petit groupe dans le coin devint une véritable foule d’enfants. Nous nous précipitions à la bibliothèque pour arriver le premier, trouver une place près de la licorne, près de la Dame à la Licorne. Chacune de ses histoires nous enchantait. Elle ne nous demandait jamais le silence. C'était inutile. A chaque fois, je mourais d’envie de m’asseoir sur la licorne et de raconter une histoire, mais je ne trouvais jamais le courage de le faire. Un après-midi, la Dame à la Licorne sortit de son sac un vieux livre tout abîmé, carbonisé sur les bords. Elle nous expliqua qu’il s’agissait de son exemplaire personnel de La Petite Fille aux Allumettes de Hans Christian Andersen. Ce jour-là, j’étais assis aux pieds de la Dame à la Licorne, le visage levé vers le livre.

 « Pourquoi est-il brûlé ? », lui demandais-je.

« C’est mon livre le plus précieux, Thomas, dit-elle. Je vais t’expliquer pourquoi. Quand j’étais toute petite, je vivais dans un autre pays. Il y avait dans ma ville des gens méchants qui avaient peur de la magie des histoires et du pouvoir des livres, parce que les histoires font réfléchir et rêver ; les livres nous amènent à poser des questions. Et ils ne voulaient pas de cela. J’étais avec mon père, nous les regardions brûler une grande pile de livres lorsque, soudain, mon père s’élança et saisit un livre dans le feu. Les soldats le frappèrent à coups de bâtons mais il s’accrocha au livre et ne voulut pas le rendre. C’est ce livre. C’est le livre au monde que je préfère. Thomas, est-ce que veux bien venir t’asseoir sur la licorne et nous le lire ? »  

Je n’ai jamais bien su lire à haute voix. J’avais tendance à bégayer sur les consonnes, les longs mots me faisaient peur. Mais maintenant, assis sur la licorne magique, ma voix s'éleva haute et claire. C'était comme de chanter. Les mots dansaient dans les airs et tout le monde écoutait. Ce même jour, j'amenais pour la première fois à la maison un livre de la bibliothèque, les Fables d’Esope, parce que la Dame à la Licorne nous les avaient lues et que je les adorais. Je les lus à haute voix à ma mère ce soirlà, c’était la première fois que je lui lisais quelque chose, et je vis bien son étonnement. J’adorais étonner ma mère. Puis, un matin d’été, de bonne heure, la guerre arriva dans notre vallée et ébranla nos vies. Avant ce matin, je ne savais que peu de choses sur la guerre. Je savais que certains hommes étaient partis se battre, mais j'ignorais pourquoi. J'avais vu à la télévision des tanks tirer sur des maisons et des soldats armés de fusils courir entre les arbres, mais ma mère me répétait que c’était loin et que je ne devais pas m’inquiéter. Je me souviens précisément du moment. J’étais dehors. Ma mère m’avait envoyé ouvrir la cage aux poules et les nourrir, et, levant les yeux, je remarquais un avion qui arrivait en rasant les toits de notre ville. Je l’observais effectuer un cercle et revenir. C’est là que les bombes commencèrent à tomber, d’abord au loin, puis plus près, de plus en plus près. Nous nous étions tous mis à courir, à courir vers les bois. J’étais trop terrifié pour pleurer. Mon père pleurait. Je ne l’avais jamais vu pleurer auparavant, mais c’était autant des larmes de rage que de peur. Tapis au fond des bois, nous pouvions voir les tanks et les soldats parcourir la ville, au milieu des explosions et des tirs. Après leur départ, quelques heures plus tard, nous ne parvenions plus à voir la ville, tant la fumée était épaisse. Nous attendîmes d’être sûrs qu’ils étaient bien tous partis avant de retourner en courant vers notre maison. Nous avons eu plus de chance que beaucoup d'autres. Notre maison n'avait pas été endommagée. Il apparut vite que le centre de la ville était le plus touché. Tout le monde semblait s’y diriger. Je courus en avant, espérant et priant pour que la bibliothèque n’ait pas été bombardée, pour que la Dame à la Licorne et la licorne soient saines et sauves. En arrivant sur la place, je vis de la fumée s’élever du toit de la bibliothèque et des flammes s’échapper des fenêtres du haut. Nous vîmes tous la Dame à la Licorne en même temps. Elle sortait de la bibliothèque en portant la licorne, chancelant sous son poids. Je courus en haut des marches pour l'aider. Elle me sourit et me remercia quand je la soulageais d'une partie du poids. Ses yeux étaient rougis par la fumée. Nous reposâmes la licorne entre nous au bas des marches, et elle s’assit, épuisée, assaillie d’une quinte de toux. Ma mère lui tendit un verre d’eau. Cela dut lui faire du bien car la toux cessa, et elle se releva sur le champ, en s’appuyant sur mon épaule.

« Les livres, haleta-t-elle. Les livres. »

Lorsqu’elle se retourna pour remonter les marches, je la suivis sans réfléchir.

« Non, Thomas, dit-elle. Toi, tu restes là et tu t’occupes de la licorne. »

 Elle courut en haut des marches jusque dans la bibliothèque pour réapparaître quelques instants plus tard, croulant sous un amas de livres. C’est alors que le sauvetage s’organisa. Soudain, des gens surgirent derrière moi, gravirent les marches de la bibliothèque. Parmi eux, ma mère et mon père. En quelques instants, tout un système avait été mis en place. Nous, les enfants, nous formions deux chaînes traversant la place depuis la bibliothèque jusqu’au café en face. Les livres que nous sauvions passaient de main en main, pour former des piles sur le sol du café. L’incendie faisait rage, les flammes crépitaient, des volutes de fumée s’élevaient du toit. Aucun camion de pompiers ne vint – nous découvrîmes plus tard que la caserne avait été touchée. Les livres continuaient à sortir. Le feu brûlait toujours et la foule de gens venus aider grossissait, jusqu’à ce que le café fût empli de livres et que nous dûmes utiliser l'épicerie voisine. Puis, soudain, il n’y eut plus de livres à passer, et nous nous demandâmes pourquoi. Nous vîmes alors tout le monde sortir de la bibliothèque, et en dernier, la Dame à la Licorne, soutenue par mon père. Ils descendirent lentement les marches ensemble, le visage sale et noirci. La Dame à la Licorne s’assit lourdement sur la licorne et leva les yeux vers le bâtiment en flammes. Tous les enfants étaient réunis autour d’elle comme s’ils attendaient une histoire.

« Nous avons réussi, les enfants, dit-elle. Nous avons sauvé tout ce qui était possible, n’est-ce pas ? Je suis assise sur la licorne, ainsi tout ce que je dis est vrai, parce que nous pensons que cela peut être vrai. Nous allons rebâtir notre bibliothèque à l'identique. Entre-temps, nous allons  nous occuper des livres. Chaque famille peut emporter autant de livres qu'elle veut, à condition d’en prendre soin. Et lorsque, dans un an ou deux, nous aurons notre nouvelle bibliothèque, nous rapporterons nos livres, nous remettrons la licorne à l'intérieur et nous recommencerons à raconter nos histoires. Tout ce qu'il faut maintenant, c'est faire en sorte que cette histoire devienne vraie. »

 Et cela se passa ainsi, exactement comme l’avait annoncé la Dame à la Licorne. Comme beaucoup d’autres familles, nous remplîmes une brouette de livres et nous en prîmes grand soin. La bibliothèque fut rebâtie exactement comme l’ancienne, mais maintenant tout le monde l’appelait La Licorne, et nous ramenâmes nos livres, conformément à ce qu’avait dit la Dame à la Licorne dans son histoire. Le jour de l’ouverture de la bibliothèque, comme j’avais aidé à porter la licorne pour la sortir, je fus invité à la remonter en haut des marches avec la Dame à la Licorne, sous les acclamations et les applaudissements de toute la ville, drapeaux déployés, au son d’une fanfare. Ce fut la journée la plus fière et la plus heureuse de ma vie. Aujourd’hui, bien des années plus tard, la paix est revenue dans notre vallée. La Dame à la Licorne est toujours la bibliothécaire municipale, elle continue à raconter ses histoires aux enfants après l’école. Quant à moi, je suis devenu écrivain, tisseur d’histoires. Et si parfois je perds le fil de mon histoire, il me suffit d’aller m’asseoir sur la licorne magique, et l’histoire reprend son cours. C’est pourquoi, croyez-moi, je crois aux licornes. J’y crois vraiment.

 Mickaël Morpugo

 

 

 

Marion - Fusain

 

En illustration un dessin au fusain de ma fille ainée Marion

Force et conviction ...

Les mois se suivent, et ne se ressemblent pas et c'est heureux qu'il en soit ainsi... Au fil du temps qui passe et dont on n'a conscience qu'après coup, on engrange une foule d'expériences qui, quelles qu'elles soient, nous sont profitables, pour éviter les ecueils identiques, qui se présentent et que l'on reconnait, ou pour en négocier de nouveaux, que nous devons étudier, souvent un certain temps avant de les aborder pour les franchir aisément. Le plus aisément possible en tous cas... Il y a de cela quelques mois, certains me semblaient l'himalaya, j'ai compris depuis que chacun n'est qu'un infime caillou,  ils sont plusieurs collés les uns aux autres et c'est individuellement qu'il faut les égrenner pour en venir à bout. Il en est de même des objectifs, des projets, des rêves aussi... Ils changent, évoluent, se modifient au hasard des évènements qui se présentent. On les adapte au comportement de notre entourage, pour finalement prendre conscience qu'ils sont nôtres à part entière, et ne meurent pas même si d'autres choses s'éteignent et disparaissent... C'est la force de penser, la force d'avancer qui nous stimule et nous donne un autre regard, une autre façon de réagir et d'agir. Cette conscience qui est notre moi profond, ensoleille les recoins que l'on croyait trop sombres, illumine notre vie de nouveaux idéaux, ou de nouvelles perspectives alors même que celles en cours ne sont pas encore atteintes, bien que l'on sache l'issue à l'avance. L'intuition est un élément fondamental dans la progression, elle est là en nous, nous guide et nous envoie des signaux que nous percevons immédiatement mais ne comprenons et ne pouvons analyser, bien souvent, que beaucoup plus tard à la lumière d'un futur devenu passé... La conviction que le cheminement qui s'est enclanché est le bon puisque l'on a senti longtemps avant que c'est ainsi que cela se produirait, que cela avancerait, éclairé par le savoir, le ressenti qui a été présent et très fort pour en faire une certitude.. Philosophie intérieure, analyse personnelle et laissé glisser de quelques pensées éparses, qui ne s'entrechoquent pas, mais se complètent... Bientôt un témoignage, celui du cheminement d'une volonté sans faille, d'un vouloir absolu, que rien n'a su entamer ou diminuer pas même la plus belle chose au monde, pas même le risque de sa perte annoncée. La force de la conviction que l'on doit faire pour soi ce qui est bon, uniquement pour soi, pour que jamais aucun regret, quand la fin sera proche, ne vienne entacher une vie bien remplie et dont il reste encore tant de pages à écrire... Peut-être un idéalisme total, dont l'écho n'est pas revenu dans son intégralité, marquant des blancs troublants, des vides trop grands à combler ou bien est-ce là encore la volonté de croire que c'est ainsi que çà doit être et donc ainsi que cela sera ? J'ai déjà eu à maintes reprises ces questions fondamentales qui se sont présentées. Elles ne me restent pas à l'esprit parce que justement aujourd'hui j'ai compris une chose essentielle : j'ai une force de caractère hors du commun, j'encaisse en peu de temps ce que d'aucuns mettent des années à digérer. Est-ce une nature ? ou plutôt une façon de s'être aguerrie ? Sans doute un peu des deux je pense... Parfois çà peut sembler effrayant, inquiètant. Comme si les évènements ne faisaient que m'effleurer, juste du bout de l'âme, juste un tout petit peu.. Et aussitôt est mis en évidence l'aspect positif, le bon côté car quelques soient les drames ou les joies que nous vivons il y a toujours deux facettes opposées; la noire et la blanche, la claire et la sombre, la bonne et la mauvaise... Il suffit de gérer le négatif en premier et il reste beaucoup de temps pour prendre en compte tout le côté positif de tout moment de la vie... C'est la vie, elle est ainsi faite, cette force qui se dégage apporte aussi autour de soi, l'on recherche notre compagnie principalement pour ce trait de caractère... Quelques phrases reçues ces quelques derniers jours ont pris un sens différent, sont devenues évidentes... Ne pas être comme tout le monde n'est pas toujours péjoratif, tout dépend de l'interprétation que l'on en fait. Je ne l'avais jamais perçu sous cet angle... A l'aube d'un demain qui va être tout ou rien... La dernière chance en quelque sorte, dernière tentative, puisque dame nature n'acceptera pas plus qu'elle n'a déjà bien voulu supporter, mais toujours la force et la conviction d'avoir fait le bon choix...

 

Pensées intimes le 29 Juin 2010

Renaissance

Les légendes indiennes

La culture indienne a beaucoup à nous apprendre. Je m'y intéresse depuis longtemps maintenant, indiscociable du destin des loups dont le parallèle dramatique marque l'histoire d'un sillon sanglant. Ils vivaient pourtant simplement, en communion avec notre mère la terre... Je m'y rapporte fréquemment, quelque soit le tracé que suit ma vie. Quand je m'en éloigne un peu, dans les moments difficiles ou d'incompréhension, elle se rappelle à moi avec simplicité. Il y a quelques nuits de cela,  "il" est venu, dans mes rêves, la démarche nonchalante, la posture fière et conquérante, en vrai prédateur qu'il est, en messager annonciateur d'un destin qui évolue et qui avance. Lorsqu'il nous visite on ne sait jamais quel en sera le présage, celui-ci peut en effet être signe de grand bonheur comme il peut être annonciateur de mort prochaine, dans un entourage très proche. Mort dans tous les cas purificatrice, non douloureuse car l'accomplissement du destin qui avance. "Il" c'est le loup blanc évidemment. Qui le voit en rêve, nettement, doit considérer qu'il s'agit d'un présage.. Ses apparitions dans les songes d'un dormeur sont extrèmement rares et ne doivent être prises en considération qu'à l'unique condition de ne pas en avoir vu de vivant dans les heures précédentes auquel cas il n'aurait aucune signification si ce n'est le souvenir récent d'un évènement.

Il est venu et le destin s'accomplit en mettant sur ma route une destinée nouvelle, un nouvel espoir, une nouvelle vie qui démarre. Sans fanfare, alors que là tout près depuis plusieurs mois, je ne l'avais pas vu, les yeux embués et tournés ailleurs, vers un tunnel sans issue...

Que la volonté du Loup blanc et la mienne s'accomplissent, vers des jours meilleurs, des jours heureux, enfin... Chaque instant, chaque minute, chaque seconde, chaque rencontre a un but qui fait partie de l'immense puzzle de la vie. Chaque décision subie au premier abord mène immanquablement vers des lendemains enchanteurs, où la vie soudain reprend des couleurs, comme par enchantement, effaçant les peines et les chagrins et ouvrant des perspectives réjouissantes. Trop tôt pour en parler intégralement.. déjà très tard pour le publier car chacune de ses rares visites mènent toujours vers le bonheur...

Loup Blanc

17/06/2010

Lettre au père

Lettre au père- Franz Kafka

 Lettre au père

Franz Kafka

Il est des ouvrages que l'on qualifie "d'incontournables" cette lettre au père de Kafka est l'un de ceux là. Parfaitement traduit de l'allemand par Marthe Robert.

Franz Kafka est né à Pragues en 1883. Son père peu tendre, très autoritaire et égocentrique inspira une très grande peur à son fils tout au long de son enfance, modifiant sa perception du monde. A l'aube de sa mort, alors qu'il est atteint de tuberculose, il se décide à lui écrire cette lettre, que son destinataire ne lira jamais... Il y écrit sa vie d'enfant, ses émotions, ses craintes permanentes. Il y répond aux questions posées par son père, mais auxquelles il n'avait apporté aucune réponse par crainte des réactions de ce dernier. Ce livre est un hymne à l'enfance selon la manière dont on le percoit. Kafka y aborde tous les sujets, faisant le lien avec le comportement de son père et expliquant à ce dernier pourquoi il faisait tel choix plutôt que tel autre dans certaines situations précises. C'est un plaidoyer aussi un peu quelque part. Ecrit sans haine avec toute la clairvoyance apportée par l'âge et la mort qu'il sait proche. Point de reproches vrais mais une lucidité acide. Il est heureux pour cet homme de n'avoir jamais eu à lire ce texte. Kafka y dépeint son père comme un être imbu de sa personne, égocentrique, colèrique et suffisant. Méprisant tout autour de lui sauf lui même. Bien que très bien amené, dans un style limpide et aéré que n'a pas dénaturé la traduction, sans exagération, on ne peut que mépriser à notre tour ce père que Kafka sous certains angles semble admirer malgré tout... Un  réquisitoire sans faux-semblant...

A lire.. Cet ouvrage bien qu'écrit alors que Franz Kafka a déjà trente-six ans est au centre de l'oeuvre tout entière dont il explique les contours et les nuances.

Au delà du rêve

 

 

La belle et la bête de Luis Royo

 

Le soleil semble avoir laissé une empreinte de feu sur la terre sèche et de longues trainées  indiquent que l'été est déjà bien avancé sans qu'une seule goutte d'eau ne soit venue l'abreuver la libérant de son carcant aride. Eparses, quelques touffes résitantes ont survécu au fléau et attendent courageusement cette pluie divine qui les fera renaitre. Malgré la chaleur accablante, détestable, je décide de sortir, pour me promener, de par les champs et les vignes.. Elles ne souffent pas de la sècheresse, contrairement à la majorité des végétaux; bien au contraire cette dernière semble leur être profitable, décourageant les parasites à sortir de leur cachette, cautérisant les plaies laissées par d'aucun d'entre eux au printemps précédent. Il suffira que la pluie fasse son apparition au bon moment, faisant gonfler les raisins, les gorgeant d'un coup, tendant leur peau, hydradant leur pulpe. Pas trop cependant, pas trop longtemps non plus, pas trop près de la récolte pour que le degré ( taux de sucre ) ne soit trop bas, présage d'une année mémorable voire même d'un millésime. Les années de canicule étant propices à l'exception... Je m'en moque un peu désormais, enfin c'est ce que je prétends souvent, pour ne pas retomber dans la passion, celle de leur culture, celle qui fait aimer tout autant les jours de pluie, les jours d'hiver où il gèle fort, les jours de printemps où tombe le grésil, les jours où la vigne tout de rose et de vert vêtue s'étale en long rubans, magnifique à l'oeil... Ces moments où tout petits les raisins apparaissent, juste après que les bourgeons, de par leur forme nous aient indiqué quelle année se profile. Longs et pointus ils sont vides ou presque et les soins devront être très importants pour mener à l'automne le peu que la nature a décidé de produire. Rétrécis à leur base et s'étalant soudain en large carré, ils annoncent une année prolifique, où l'on peut espèrer sans être trop optimiste, un "trois" de haut voire un quatre même !!! par endroits. Le trois de haut, c'est tout simplement trois grappes sur un même pisse-vin. Année souvent chaude en tous points, chaude parce que les risques d'orage sont plus importants et avec eux les risques de gel au sol, ou gel de printemps, risques de grêle apportée par les orages aussi brusques que ravageurs.. Gel de printemps, suivant la période et l'état d'avancement de la pousse qui peut être soit destructeur si les contre-bourgeons sont sortis eux aussi ou simplement déstabilisants quand on doit attendre de voir si dame nature a comme souvent prévu la relève. Le gel est démoralisant, par la couleur tabac qu'il donne à la vigne au lendemain de son passage, effacant les magnifiques couleurs roses et vertes pour les remplacer par cette sécheresse qui ne tarde pas à tomber ramenant l'ensemble à un stade presque hivernal. Il n'a pas que des inconvénients, cependant, il a pour effet de rendre à fruit, les rameaux de l'année qui ne l'étaient pas encore, donnant la possibilité l'année de taille suivante, de tailler sur tous les brins et ainsi de rajeunir l''ensemble plus vite. La grêle, je n'en parlerai pas, tant ses ravages sont destructeurs et bousillent les chais pour plusieurs années rendant pénible le travail, faisant perdre son latin aux bons professionnels, donnant dix fois plus de travail, en particulier au moment des tailles, celle d'hiver et celle d'été dite taille verte. Il faut alors rassembler tout son courage, sachant que l'année sera quasi stérile, que l'on travaille plus à une remise en état pour les années qui viennent sans aucune garantie, en particulier sanitaire si l'année est froide et pluvieuse rendant la cicatrisation difficile voire impossible et obligeant à l'arrachage... Je me ballade donc dans le chemin repensant à toutes ces années, aussi différentes les unes des autres, chacune ayant "son souvenir" de celui où la neige s'est mise à tomber en Mars, mois de taille par excellence, en gros flocons, s'étalant sur la vallée en contre-bas et où j'étais restée de très longues minutes à la regarder tomber, émerveillée par un aussi beau spectacle, aussi tard en saison.. de verte elle était brusquement devenue blanche, les oiseaux s'étaient tus et la nature habillée de son long manteau blanc était feutrée et douce. Seules les fumées des brouettes à feu étaient visibles au loin et donnaient à l'ensemble un air d'antan, un air de campagne vraie. Je n'oublierai jamais cet instant magique.. c'était il y a longtemps, dans une autre vie, un autre siècle et pourtant... De cet autre jour aussi, où le vent s'était brusquement levé, alors qu'en haut d'une vigne j'avais "senti" le chaud et froid de ce dernier et où je m'étais mise à courir d'instinct pour retourner à ma voiture le plus vite que pouvaient courir mes jambes et où j'étais arrivée pile à la seconde où la tempête s'était déchainée. La nature nous donne au fil du temps une intuition que l'on écoute sans réfléchir, sans savoir que l'on sait... De ces brusques silences quand un essaim de guêpes arrive.. On sait, on se met à l'abri.. Les signes de la vie sont là, et la vie simple et répétive à son contact nous apporte cette primalité nécessaire à la survie en milieu naturel... En serait il de même dans une autre région, que l'on n'a pas l'habitude de fréquenter? Je pense que oui, c'est un état d'esprit, une confiance en communion avec dame nature plus qu'une connaissance du lieu. Seuls les indices "d'arrivée" seraient à établir. Par chez nous suivant que l'orage arrive de tel ou tel endroit on sait si l'on doit remballer et partir ou simplement surveiller du coin de l'oeil au cas où les vents ramèneraient dans le mauvais sens.. Par l'ouest çà amène l'eau, mais par le nord ouest çà "glisse" sur la marne et l'on ne risque pas grand chose... Je regarde et je me souviens. Du passé ne reste que les bons moments, ceux que l'on garde à l'esprit parce qu'on les appellent expérience.../... J'ai marché un très long moment ainsi, sans me soucier de l'heure, sachant que personne ne m'attend à la maison, et qu'on ne s'inquiètera pas de ne pas me voir rentrer. J'ai humé l'odeur des arbres et de l'herbe, laissant mes pensées vagabonder et explorer l'intérieur de mon âme. Chaque recoin inspecté sans crier gare, chaque moment revisité, une foule de questions qui se pressent, comme dans toutes les situations où l'on se retrouve avec soi-même, laissant libre cours à son imagination, laissant les idées vagabonder, faisant la part de choses, relativisant des évènements, prenant conscience d'autres. Ces embardées à l'intérieur de soi, que l'on peut tout aussi bien faire chez soi, en méditation, mais qui sont toujours plus positives parce que non voulues, non dirigées, non empreintes d'obligation. Il apparait alors une foule de réponses auxquelles on n'aurait pas pensé, une foule de décisions que l'on n'aurait sans doute pas prises si l'on était resté devant sa télé ou son pc à travailler. Trop proche des réalités, des obligations qui nous placent dans une situation de contrainte incompatible avec l'essence même de la vie. A notre époque, où par intérêt nombre de personnes nous disent ce que nous voulons entendre autant que nécessaire pour changer de langage et de comportement sitôt qu'ils ont obtenu satisfaction, époque où nous devons rester vigilants à tenter de déjouer ces jeux machiavéliques d'êtres immoraux et vicieux imbus de leurs propres rêves au détriment de la sincérité. Chassez le naturel et il revient au galop. Je passe beaucoup de temps à observer les autres autour de moi et une vérité constante m'est apparue. Celle qui fait que l'on voit les autres à son image. Aussi la présence de quelqu'un qui va prétendre avoir les mêmes goûts, les mêmes envies à l'identique, ou être trop méfiant ou trop confiant m'incitera à la prudence. De même les personnes prétendant n'en avoir rien à faire de rien, se disant tolérant à l'infini ou faciles à vivre. Ou tout simplement prétendant à tout propos que rien n'est grave me verront tourner les talons extrèmement vite. Ce genre de réalité n'existe pas. Elle ne peut être que calculée jusqu'au moment où après avoir obtenu gain de cause, le mal fasse son apparition et le naturel se montrant sous son vrai jour, fait des ravages passant de la lumière à l'ombre avec la cohorte de souffrance que cela produit. Je suis d'un caractère entier et direct et jamais pour quelque raison que ce soit, ou dans quelque but que ce soit, je ne pourrai me résoudre à dire ce que l'on veut que je dise si çà n'est pas ce que je pense ou que je ressens vraiment. Cela donne au futur plus de solidité, parce qu'aucune mauvaise surprise n'est à prévoir : çà passe ou çà casse mais dans tous les cas je reste fidèle à moi même, à mes ideaux, à mes passions quelles qu'elles soient... Lue comme çà , on dirait une espèce d'animal sortant d'une caverne, associale ou socialement difficile, je ne pense pas qu'il en soit ainsi, mais je pense tout de même qu'il y a incompatibilité avec des personnes fonctionnant diamétralement à l'opposé.. A moins que l'adage qui dit que les contraires s'attirent, puissent parfois être applicable. Je ne le crois pas. Je pense plus à une complémentarité. Qui se ressemble s'assemble ( valable dans toutes les situations de la vie, amicale, amoureuse, professionnelle...) Cela n'empêche que parfois, on puisse être différents tout en ayant les mêmes goûts, les mêmes attirances, les mêmes passions, avec des degrés de connaissance différentes.. Il m''est arrivé de rencontrer des "âmes" qui, au fil des discussions présentaient le même profil... Souvent il faut être de la même génération pour avoir la chance de les croiser. Un passé presque à l'identique... Avec des variantes saines qui permettent un apport de l'un à l'autre, un partage, un échange bénéfique... J'ai souvent ces pensées vagabondes, ces rêves partagés uniquement avec moi même. Pour les garder au chaud ou pour les communiquer de façon différente, très personnelle, et ciblée. Une connection extra sensorielle en quelque sorte. Peu de receveurs, peu de destinataires. Cela reste une affaire entre moi et moi... Cà évite les conflits me direz-vous. Je me suis égarée au fil de l'écriture pour me retrouver là à passer d'une passion à l'autre,  non pas tout à fait opposées mais tout de même suffisamment différente l'une et l'autre pour être exposées dans un seul texte. Plus une expression qu'un texte réel d'ailleurs. Les mots sortent, ils s'étalent là d'eux mêmes et forment un mélange peu commun j'en conviens bien avant d'avoir relu. Relirais-je d'ailleurs ? rien n'est moins sûr. Au delà du rêve, plus qu'une passion, un besoin vital de laisser l'esprit se purger, de laisser le corps faire confiance à l'âme et à l'intérieur, au plus profond de soi pour y puiser l'espoir, pour se dire que rien n'est jamais perdu, que la vie nous offre aussi de bons moments, pour y croire encore et toujours, plus fort. Rester optimiste, ne pas se laisser gagner par le découragement qui nous assaille parfois quand les chagrins se font lancinants, quand les autres ne comprennent plus, quand on ne les comprend plus. Quand ils sont loin, absents, silencieux. Quand l'attente commence et qu'on ne sait combien de temps elle va durer, si elle prendra fin. Si elle vaut la peine d'être attente au lieu de renoncement. Y aura t-il un après, se peut il qu'un toujours se transforme en jamais ? ou qu'un jamais devienne un toujours alors que l'on n'y croit plus, que l'on ait raison ou tort d'y croire ou de n'y croire plus ? Philosophie de nuit, qui disparait à l'aube, questions auxquelles nulle réponse n'apportera l'aisance tout simplement parce que lorsqu'elles se présenteront les questions elles même auront été oubliées. L'esprit est subjectif et s'arrange pour dorer à l'or fin ce qui lui convient à l'instant où çà lui convient, d'où l'importance de ne pas se laisser influencer par autrui lors de ce cheminement personnel. Quand à la réflexion on ne sait pas toujours ce que l'on veut, n'est pas déjà une bonne chose que de savoir ce dont l'on ne veut pas ? Soi même pour soi ou pour ceux qu'on aime ? Quels sont les routes que l'on est prêt à empreinter pour suivre son destin, là où la vie nous mène, là où nous souhaitons qu'elle nous mène, là où nous savons que nous devons aller... Que le destin accomplisse le rêve intime, qu'il nous emmène au delà de lui, sur les chemins de la vérité, sans s'occuper des alentours, du qu'en dira-t-on, du qu'en pensera-t-on, pourvu que l'on soit entièrement en osmose sans aucune gêne, sans aucun frein, moral, social ou autre..

 Libre pensée 

 9 JUIN 2010

 

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Les jours avec...

 

Marlène et Jimmy

Marlène ma fille et Jimmy

Ce matin mon horoscope m'annonçait une bonne surprise en fin de journée. Je lis çà d'un oeil sans y croire plus que çà, comme tout le monde plus par habitude qu'autre chose. Et pourtant... Il y a un peu plus d'une heure, alors que je prépare l'article sur Emile Zola, le mp3 sur les oreilles,  les chiennes sont agitées et vont de bas en haut.. Puis la plus jeune Victoria, qui doit trouver mon immobilisme agaçant vient me donner des coups de tête en aboyant violemment. Cà n'est pas dans ses habitudes alors je retire le casque et me décide à aller voir ce qui cloche.. A la porte-fenêtre Jimmy mon gendre tente de voir si je suis là.. Ma fille est montée de Valras avec sa petite famille !!!! Je n'étais pas au courant, et c'est une super surprise.. Dans la semaine mon autre fille va venir aussi avec les siens... Des années que çà n'est pas arrivé, ici, là où elles ont grandi... Beaucoup d'émotions positives. Ils restent une semaine entière tous les quatre. Semaine qui va être bien remplie... Ils logent à Reims chez un cousin mais vont être là souvent...Je mets quelques photos, j'en mettrai  d'autres plus tard, de ce séjour...

Emma et Lucas

Emma à gauche, et Lucas à droite mes petits-enfants

QUE DU BONHEUR !!!

quelques photos à la suite...

 

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