Dans les méandres de l'esprit se joue parfois une mascarade quand la mémoire se travestit et renvoie des illusions capables de nous faire avancer. Coûte que coûte sans s'arrêter, laisser le temps défiler. Lui qui, dit-on adoucit les peines et les rend plus supportables. La peine parlons-en. Ne serait elle pas, elle aussi, une simple vue de l'esprit ? Rien n'est plus relatif que les sentiments. De toutes sortes, de toute nature. On joue à faire semblant, comme si de rien n'était jusqu'à ce qu'un évènement, une date, une odeur, un timbre de voix nous ramène à la réalité toute nue. Alors à l'intérieur le manque se fait sentir. Brusquement apparait la vérité, celle que le cerveau cherche à masquer, et l'on se sent vidé de toute trace de vie... Quand ce qui faisait notre substance, notre raison de continuer disparait. Sans crier gare ce que l'on cherche à oublier nous rattrape et nous saisit au vol. On reste là comme stupéfait de voir à quel point à l'intérieur tout est pareil. De vieux réflexes se manifestent, on est perdu. Tant de temps passé pour rien. Tout çà pour çà. Rien que pour comprendre qu'il faudra encore bien plus de temps et d'efforts. Quand tout cela prendra t-il fin ? Y aura t-il une fin digne de la longueur de l'absence ? Pourquoi n'y a t-il pas de prise directe sur nos pensées, qui s'entrechoquent au rythme du manque ? Pourquoi cette fatigue qui rend plus épuisant les actes de la vie quand aux yeux du monde tout parait parfait. Quand autour personne ne sait qu'à l'intérieur des nuits, dans les rêves, tout est comme avant, à l'identique. Que l'espoir reste là tapi aux tréfonds de soi comme un illusionniste qui nous fait aimer les jours tempérés par les nuits magiques. L'âme joue à cache-cache et l'on fait semblant. Il est difficile d'admettre que l'on se ment à soi même... Mentir aux autres, quand on en est conscient, est une vilaine chose mais que dire du mensonge que l'on se fait à soi, dans l'inconscience du désir profond de l'oubli comme si rien ne s'était passé, comme si une tranche de notre vie, si petite et insignifiante soit-elle pouvait ne pas avoir existé...
PRINCE ALPHA
C’est une histoire à raconter,
Au coin du feu, les soirs d’hiver,
Que ce loup qui se prit à aimer,
Une louve au cœur solitaire.
Quand leurs deux âmes se sont croisées,
Sans même qu’ils y prêtent attention
Leurs esprits se sont mélangés,
Venait de naître une passion.
Mais le destin traîtreusement,
Tenta des coups, des maléfices,
Et plaça insidieusement
De très grands trous, des précipices.
Sans y penser, comme par magie
Les écueils ils ont évité
Aidés par on ne sait quel esprit,
Ils ont enfin pu se trouver.
Une histoire vraie, un conte de fée,
Qui se raconte dans les chaumières
Pour prouver à l’humanité
Qu’un loup çà n’est pas sanguinaire.
Même si parfois, lors des ébats,
Lorsque leurs corps sont en émoi,
Au moment de l’ultime instant,
C’est une lutte presque un combat.
Là il est temps de les laisser
Avancer, construire leur avenir,
S’éloigner sur la pointe des pieds
Peut-être un jour pour revenir.
En attendant dans le grand bois,
Parfois même jusqu’au petit jour,
On entend le grand mâle alpha
Pousser ses hurlements d’amour.
Ecrit perso du 20 Mai 2007 ( dépôt légal )
Muriel Alexandre Langlet 2007-2010 - Tous droits réservés.
Propriété intellectuelle. Toute reproduction même partielle, toute copie, modification ou utilisation même à des fins privées est strictement interdite sans mon consentement écrit.
Conscience
Etre comme ce nuage qui avance lentement sous l'effet du vent déplaçant lui-même son ombre sur la terre tiède qu'inonde le soleil d'automne. Elle reste là à contempler le spectacle qui l'apaise toujours malgré les soubresauts de son âme abîmée, et toutes ces questions qui l'ont assaillies sans cesse tout au long de ces dernières semaines. Elle qui pensait que seules les réponses pourraient alléger son fardeau venait de prendre conscience qu'il n'en était rien. Bien au contraire, elles la laissaient encore plus désemparée puisque désormais elle savait qu'elle n'avait aucun moyen de lutter ou de continuer à nourrir le moindre espoir. Une fois acceptée, la réalité, qui l'avait rattrapée lui avait fait abandonner ses rêves et le vide que cela avait produit ne trouvait aucune compensation. La reconstruction obligatoire qui l'attendait ne semblait pas la toucher et elle laissait les évènements se dérouler presque sans elle, faisant à peine acte de présence dans les moments où les autres avaient besoin d'elle. Tout au long de la nuit elle remettait en question sa vie passée. Où avait-elle raté l'élément important? Avait-elle vraiment compris le sens de la vie elle-même ? Ou bien n'avait-elle fait que se tromper des années durant ? Depuis toujours ? Cette impression de ne jamais être en phase avec l'ensemble de l'humanité lui donnait une amertume qu'elle ne parvenait pas à combattre, en parler autour d'elle il y a longtemps qu'elle avait cessé. Les réponses qu'on lui faisait ne la satisfaisaient en aucune façon, une vision de la vie trop différente, trop éloignée de ses valeurs personnelles. Faisant trop abstraction de sa sensibilité à fleur de peau. Pourquoi faut-il que les réciprocités soient aussi décalées ? Elle avait connu des moments inoubliables tout au long de sa vie mais rien de comparable. Là, sans crier gare, tout s'était éclairé, elle n'avait pas réalisé ce qui lui arrivait et surtout ne s'était pas suffisamment remise en cause. Prenant tout pour acquis alors qu'avec le recul elle avait bien compris qu'elle seule avait nourri des sentiments puissants, trop forts pour qu'elle puisse résister à l'aveu de l'absence en face. Ses mots s'étaient tus, ses doigts ne pouvaient plus écrire, son coeur ne battait plus que pour faire circuler le sang dans ses veines. Les décisions qu'elle prenait n'avait aucun sens, étaient fréquemment irréfléchies et un temps retard dans les réactions avait gelé le temps... L'été avait passé, elle ne savait même plus le temps qu'il avait fait ni depuis quand elle restait là, à songer au temps d'avant… Il lui semblait qu'elle avait laissé son cerveau créer quelque chose qui n'avait jamais existé, qu'elle avait dû s'endormir et ne se réveiller que maintenant où la solitude morale l'avait trouvée. Que faisait-elle là ? A regarder le paysage et ce fichu nuage qui avançait et lui apportait des réponses qu'elle aurait préféré ignorer ? Les arbres commençaient à se parer de leurs chaudes couleurs, les feuilles qui tombaient chaque jour un peu plus lui rappelaient que l'hiver serait vite là avec ses courtes journées et ses longues soirées qui n'en finissent pas. Dans l'âtre déjà, le feu réchauffe ses murs à défaut de son coeur, glacé par le manque de l'autre, fruit de son imagination désormais. Ces réflexes de gestes ou d'envie de dire, de partager se faisaient de plus en plus rares. Elle était comme une maison vide qui se recouvre de la poussière du temps qui passe. Des bribes de traces de vie ancienne, des flashs dans son esprit qui lui rappelaient qu'un jour elle avait aimé, des objets soigneusement rangés comme des reliques sacrées qui lui témoignent qu'elle aussi avait été aimée... avant... à moins que çà ne soit aussi l'expression d'un de ses délires, d'une autre de ses erreurs ? D'une invention de ses rêves de petite-fille qui ne se sont pas réalisés et qu'elle aurait créés? Imaginés de toute pièce... Au fond de son coeur le doute envahit le moindre interstice laissé vacant et s'amuse à remettre en cause les fondements même de sa vie, son utilité au sein d'une communauté auprès de laquelle elle ne se reconnaît pas. Et les nuages se succèdent, laissant chacun leur ombre sur leur sol recouvert de feuilles colorées par la saison, comme pour l'inviter au retour,, comme pour lui dire qu'après l'hiver viendra le printemps et son renouveau, qu'ainsi va la vie et qu'il en est de même pour tous. La fraîcheur de la fin de journée lui fit reprendre contact avec la réalité et elle ferma la fenêtre juste au moment où le premier éclair zébra le ciel qui s'était brusquement assombri.
Ecrit le 21 Septembre 2009 (Dépôt légal)
Muriel Langlet.2009 - Tous droits réservés.
Propriété intellectuelle. Toute reproduction même partielle, toute copie, modification ou utilisation même à des fins privées est strictement interdite sans mon consentement écrit.
Les mois se suivent, et ne se ressemblent pas et c'est heureux qu'il en soit ainsi... Au fil du temps qui passe et dont on n'a conscience qu'après coup, on engrange une foule d'expériences qui, quelles qu'elles soient, nous sont profitables, pour éviter les ecueils identiques, qui se présentent et que l'on reconnait, ou pour en négocier de nouveaux, que nous devons étudier, souvent un certain temps avant de les aborder pour les franchir aisément. Le plus aisément possible en tous cas... Il y a de cela quelques mois, certains me semblaient l'himalaya, j'ai compris depuis que chacun n'est qu'un infime caillou, ils sont plusieurs collés les uns aux autres et c'est individuellement qu'il faut les égrenner pour en venir à bout. Il en est de même des objectifs, des projets, des rêves aussi... Ils changent, évoluent, se modifient au hasard des évènements qui se présentent. On les adapte au comportement de notre entourage, pour finalement prendre conscience qu'ils sont nôtres à part entière, et ne meurent pas même si d'autres choses s'éteignent et disparaissent... C'est la force de penser, la force d'avancer qui nous stimule et nous donne un autre regard, une autre façon de réagir et d'agir. Cette conscience qui est notre moi profond, ensoleille les recoins que l'on croyait trop sombres, illumine notre vie de nouveaux idéaux, ou de nouvelles perspectives alors même que celles en cours ne sont pas encore atteintes, bien que l'on sache l'issue à l'avance. L'intuition est un élément fondamental dans la progression, elle est là en nous, nous guide et nous envoie des signaux que nous percevons immédiatement mais ne comprenons et ne pouvons analyser, bien souvent, que beaucoup plus tard à la lumière d'un futur devenu passé... La conviction que le cheminement qui s'est enclanché est le bon puisque l'on a senti longtemps avant que c'est ainsi que cela se produirait, que cela avancerait, éclairé par le savoir, le ressenti qui a été présent et très fort pour en faire une certitude.. Philosophie intérieure, analyse personnelle et laissé glisser de quelques pensées éparses, qui ne s'entrechoquent pas, mais se complètent... Bientôt un témoignage, celui du cheminement d'une volonté sans faille, d'un vouloir absolu, que rien n'a su entamer ou diminuer pas même la plus belle chose au monde, pas même le risque de sa perte annoncée. La force de la conviction que l'on doit faire pour soi ce qui est bon, uniquement pour soi, pour que jamais aucun regret, quand la fin sera proche, ne vienne entacher une vie bien remplie et dont il reste encore tant de pages à écrire... Peut-être un idéalisme total, dont l'écho n'est pas revenu dans son intégralité, marquant des blancs troublants, des vides trop grands à combler ou bien est-ce là encore la volonté de croire que c'est ainsi que çà doit être et donc ainsi que cela sera ? J'ai déjà eu à maintes reprises ces questions fondamentales qui se sont présentées. Elles ne me restent pas à l'esprit parce que justement aujourd'hui j'ai compris une chose essentielle : j'ai une force de caractère hors du commun, j'encaisse en peu de temps ce que d'aucuns mettent des années à digérer. Est-ce une nature ? ou plutôt une façon de s'être aguerrie ? Sans doute un peu des deux je pense... Parfois çà peut sembler effrayant, inquiètant. Comme si les évènements ne faisaient que m'effleurer, juste du bout de l'âme, juste un tout petit peu.. Et aussitôt est mis en évidence l'aspect positif, le bon côté car quelques soient les drames ou les joies que nous vivons il y a toujours deux facettes opposées; la noire et la blanche, la claire et la sombre, la bonne et la mauvaise... Il suffit de gérer le négatif en premier et il reste beaucoup de temps pour prendre en compte tout le côté positif de tout moment de la vie... C'est la vie, elle est ainsi faite, cette force qui se dégage apporte aussi autour de soi, l'on recherche notre compagnie principalement pour ce trait de caractère... Quelques phrases reçues ces quelques derniers jours ont pris un sens différent, sont devenues évidentes... Ne pas être comme tout le monde n'est pas toujours péjoratif, tout dépend de l'interprétation que l'on en fait. Je ne l'avais jamais perçu sous cet angle... A l'aube d'un demain qui va être tout ou rien... La dernière chance en quelque sorte, dernière tentative, puisque dame nature n'acceptera pas plus qu'elle n'a déjà bien voulu supporter, mais toujours la force et la conviction d'avoir fait le bon choix...
Pensées intimes le 29 Juin 2010
Lettre au père
Franz Kafka
Il est des ouvrages que l'on qualifie "d'incontournables" cette lettre au père de Kafka est l'un de ceux là. Parfaitement traduit de l'allemand par Marthe Robert.
Franz Kafka est né à Pragues en 1883. Son père peu tendre, très autoritaire et égocentrique inspira une très grande peur à son fils tout au long de son enfance, modifiant sa perception du monde. A l'aube de sa mort, alors qu'il est atteint de tuberculose, il se décide à lui écrire cette lettre, que son destinataire ne lira jamais... Il y écrit sa vie d'enfant, ses émotions, ses craintes permanentes. Il y répond aux questions posées par son père, mais auxquelles il n'avait apporté aucune réponse par crainte des réactions de ce dernier. Ce livre est un hymne à l'enfance selon la manière dont on le percoit. Kafka y aborde tous les sujets, faisant le lien avec le comportement de son père et expliquant à ce dernier pourquoi il faisait tel choix plutôt que tel autre dans certaines situations précises. C'est un plaidoyer aussi un peu quelque part. Ecrit sans haine avec toute la clairvoyance apportée par l'âge et la mort qu'il sait proche. Point de reproches vrais mais une lucidité acide. Il est heureux pour cet homme de n'avoir jamais eu à lire ce texte. Kafka y dépeint son père comme un être imbu de sa personne, égocentrique, colèrique et suffisant. Méprisant tout autour de lui sauf lui même. Bien que très bien amené, dans un style limpide et aéré que n'a pas dénaturé la traduction, sans exagération, on ne peut que mépriser à notre tour ce père que Kafka sous certains angles semble admirer malgré tout... Un réquisitoire sans faux-semblant...
A lire.. Cet ouvrage bien qu'écrit alors que Franz Kafka a déjà trente-six ans est au centre de l'oeuvre tout entière dont il explique les contours et les nuances.
Le soleil semble avoir laissé une empreinte de feu sur la terre sèche et de longues trainées indiquent que l'été est déjà bien avancé sans qu'une seule goutte d'eau ne soit venue l'abreuver la libérant de son carcant aride. Eparses, quelques touffes résitantes ont survécu au fléau et attendent courageusement cette pluie divine qui les fera renaitre. Malgré la chaleur accablante, détestable, je décide de sortir, pour me promener, de par les champs et les vignes.. Elles ne souffent pas de la sècheresse, contrairement à la majorité des végétaux; bien au contraire cette dernière semble leur être profitable, décourageant les parasites à sortir de leur cachette, cautérisant les plaies laissées par d'aucun d'entre eux au printemps précédent. Il suffira que la pluie fasse son apparition au bon moment, faisant gonfler les raisins, les gorgeant d'un coup, tendant leur peau, hydradant leur pulpe. Pas trop cependant, pas trop longtemps non plus, pas trop près de la récolte pour que le degré ( taux de sucre ) ne soit trop bas, présage d'une année mémorable voire même d'un millésime. Les années de canicule étant propices à l'exception... Je m'en moque un peu désormais, enfin c'est ce que je prétends souvent, pour ne pas retomber dans la passion, celle de leur culture, celle qui fait aimer tout autant les jours de pluie, les jours d'hiver où il gèle fort, les jours de printemps où tombe le grésil, les jours où la vigne tout de rose et de vert vêtue s'étale en long rubans, magnifique à l'oeil... Ces moments où tout petits les raisins apparaissent, juste après que les bourgeons, de par leur forme nous aient indiqué quelle année se profile. Longs et pointus ils sont vides ou presque et les soins devront être très importants pour mener à l'automne le peu que la nature a décidé de produire. Rétrécis à leur base et s'étalant soudain en large carré, ils annoncent une année prolifique, où l'on peut espèrer sans être trop optimiste, un "trois" de haut voire un quatre même !!! par endroits. Le trois de haut, c'est tout simplement trois grappes sur un même pisse-vin. Année souvent chaude en tous points, chaude parce que les risques d'orage sont plus importants et avec eux les risques de gel au sol, ou gel de printemps, risques de grêle apportée par les orages aussi brusques que ravageurs.. Gel de printemps, suivant la période et l'état d'avancement de la pousse qui peut être soit destructeur si les contre-bourgeons sont sortis eux aussi ou simplement déstabilisants quand on doit attendre de voir si dame nature a comme souvent prévu la relève. Le gel est démoralisant, par la couleur tabac qu'il donne à la vigne au lendemain de son passage, effacant les magnifiques couleurs roses et vertes pour les remplacer par cette sécheresse qui ne tarde pas à tomber ramenant l'ensemble à un stade presque hivernal. Il n'a pas que des inconvénients, cependant, il a pour effet de rendre à fruit, les rameaux de l'année qui ne l'étaient pas encore, donnant la possibilité l'année de taille suivante, de tailler sur tous les brins et ainsi de rajeunir l''ensemble plus vite. La grêle, je n'en parlerai pas, tant ses ravages sont destructeurs et bousillent les chais pour plusieurs années rendant pénible le travail, faisant perdre son latin aux bons professionnels, donnant dix fois plus de travail, en particulier au moment des tailles, celle d'hiver et celle d'été dite taille verte. Il faut alors rassembler tout son courage, sachant que l'année sera quasi stérile, que l'on travaille plus à une remise en état pour les années qui viennent sans aucune garantie, en particulier sanitaire si l'année est froide et pluvieuse rendant la cicatrisation difficile voire impossible et obligeant à l'arrachage... Je me ballade donc dans le chemin repensant à toutes ces années, aussi différentes les unes des autres, chacune ayant "son souvenir" de celui où la neige s'est mise à tomber en Mars, mois de taille par excellence, en gros flocons, s'étalant sur la vallée en contre-bas et où j'étais restée de très longues minutes à la regarder tomber, émerveillée par un aussi beau spectacle, aussi tard en saison.. de verte elle était brusquement devenue blanche, les oiseaux s'étaient tus et la nature habillée de son long manteau blanc était feutrée et douce. Seules les fumées des brouettes à feu étaient visibles au loin et donnaient à l'ensemble un air d'antan, un air de campagne vraie. Je n'oublierai jamais cet instant magique.. c'était il y a longtemps, dans une autre vie, un autre siècle et pourtant... De cet autre jour aussi, où le vent s'était brusquement levé, alors qu'en haut d'une vigne j'avais "senti" le chaud et froid de ce dernier et où je m'étais mise à courir d'instinct pour retourner à ma voiture le plus vite que pouvaient courir mes jambes et où j'étais arrivée pile à la seconde où la tempête s'était déchainée. La nature nous donne au fil du temps une intuition que l'on écoute sans réfléchir, sans savoir que l'on sait... De ces brusques silences quand un essaim de guêpes arrive.. On sait, on se met à l'abri.. Les signes de la vie sont là, et la vie simple et répétive à son contact nous apporte cette primalité nécessaire à la survie en milieu naturel... En serait il de même dans une autre région, que l'on n'a pas l'habitude de fréquenter? Je pense que oui, c'est un état d'esprit, une confiance en communion avec dame nature plus qu'une connaissance du lieu. Seuls les indices "d'arrivée" seraient à établir. Par chez nous suivant que l'orage arrive de tel ou tel endroit on sait si l'on doit remballer et partir ou simplement surveiller du coin de l'oeil au cas où les vents ramèneraient dans le mauvais sens.. Par l'ouest çà amène l'eau, mais par le nord ouest çà "glisse" sur la marne et l'on ne risque pas grand chose... Je regarde et je me souviens. Du passé ne reste que les bons moments, ceux que l'on garde à l'esprit parce qu'on les appellent expérience.../... J'ai marché un très long moment ainsi, sans me soucier de l'heure, sachant que personne ne m'attend à la maison, et qu'on ne s'inquiètera pas de ne pas me voir rentrer. J'ai humé l'odeur des arbres et de l'herbe, laissant mes pensées vagabonder et explorer l'intérieur de mon âme. Chaque recoin inspecté sans crier gare, chaque moment revisité, une foule de questions qui se pressent, comme dans toutes les situations où l'on se retrouve avec soi-même, laissant libre cours à son imagination, laissant les idées vagabonder, faisant la part de choses, relativisant des évènements, prenant conscience d'autres. Ces embardées à l'intérieur de soi, que l'on peut tout aussi bien faire chez soi, en méditation, mais qui sont toujours plus positives parce que non voulues, non dirigées, non empreintes d'obligation. Il apparait alors une foule de réponses auxquelles on n'aurait pas pensé, une foule de décisions que l'on n'aurait sans doute pas prises si l'on était resté devant sa télé ou son pc à travailler. Trop proche des réalités, des obligations qui nous placent dans une situation de contrainte incompatible avec l'essence même de la vie. A notre époque, où par intérêt nombre de personnes nous disent ce que nous voulons entendre autant que nécessaire pour changer de langage et de comportement sitôt qu'ils ont obtenu satisfaction, époque où nous devons rester vigilants à tenter de déjouer ces jeux machiavéliques d'êtres immoraux et vicieux imbus de leurs propres rêves au détriment de la sincérité. Chassez le naturel et il revient au galop. Je passe beaucoup de temps à observer les autres autour de moi et une vérité constante m'est apparue. Celle qui fait que l'on voit les autres à son image. Aussi la présence de quelqu'un qui va prétendre avoir les mêmes goûts, les mêmes envies à l'identique, ou être trop méfiant ou trop confiant m'incitera à la prudence. De même les personnes prétendant n'en avoir rien à faire de rien, se disant tolérant à l'infini ou faciles à vivre. Ou tout simplement prétendant à tout propos que rien n'est grave me verront tourner les talons extrèmement vite. Ce genre de réalité n'existe pas. Elle ne peut être que calculée jusqu'au moment où après avoir obtenu gain de cause, le mal fasse son apparition et le naturel se montrant sous son vrai jour, fait des ravages passant de la lumière à l'ombre avec la cohorte de souffrance que cela produit. Je suis d'un caractère entier et direct et jamais pour quelque raison que ce soit, ou dans quelque but que ce soit, je ne pourrai me résoudre à dire ce que l'on veut que je dise si çà n'est pas ce que je pense ou que je ressens vraiment. Cela donne au futur plus de solidité, parce qu'aucune mauvaise surprise n'est à prévoir : çà passe ou çà casse mais dans tous les cas je reste fidèle à moi même, à mes ideaux, à mes passions quelles qu'elles soient... Lue comme çà , on dirait une espèce d'animal sortant d'une caverne, associale ou socialement difficile, je ne pense pas qu'il en soit ainsi, mais je pense tout de même qu'il y a incompatibilité avec des personnes fonctionnant diamétralement à l'opposé.. A moins que l'adage qui dit que les contraires s'attirent, puissent parfois être applicable. Je ne le crois pas. Je pense plus à une complémentarité. Qui se ressemble s'assemble ( valable dans toutes les situations de la vie, amicale, amoureuse, professionnelle...) Cela n'empêche que parfois, on puisse être différents tout en ayant les mêmes goûts, les mêmes attirances, les mêmes passions, avec des degrés de connaissance différentes.. Il m''est arrivé de rencontrer des "âmes" qui, au fil des discussions présentaient le même profil... Souvent il faut être de la même génération pour avoir la chance de les croiser. Un passé presque à l'identique... Avec des variantes saines qui permettent un apport de l'un à l'autre, un partage, un échange bénéfique... J'ai souvent ces pensées vagabondes, ces rêves partagés uniquement avec moi même. Pour les garder au chaud ou pour les communiquer de façon différente, très personnelle, et ciblée. Une connection extra sensorielle en quelque sorte. Peu de receveurs, peu de destinataires. Cela reste une affaire entre moi et moi... Cà évite les conflits me direz-vous. Je me suis égarée au fil de l'écriture pour me retrouver là à passer d'une passion à l'autre, non pas tout à fait opposées mais tout de même suffisamment différente l'une et l'autre pour être exposées dans un seul texte. Plus une expression qu'un texte réel d'ailleurs. Les mots sortent, ils s'étalent là d'eux mêmes et forment un mélange peu commun j'en conviens bien avant d'avoir relu. Relirais-je d'ailleurs ? rien n'est moins sûr. Au delà du rêve, plus qu'une passion, un besoin vital de laisser l'esprit se purger, de laisser le corps faire confiance à l'âme et à l'intérieur, au plus profond de soi pour y puiser l'espoir, pour se dire que rien n'est jamais perdu, que la vie nous offre aussi de bons moments, pour y croire encore et toujours, plus fort. Rester optimiste, ne pas se laisser gagner par le découragement qui nous assaille parfois quand les chagrins se font lancinants, quand les autres ne comprennent plus, quand on ne les comprend plus. Quand ils sont loin, absents, silencieux. Quand l'attente commence et qu'on ne sait combien de temps elle va durer, si elle prendra fin. Si elle vaut la peine d'être attente au lieu de renoncement. Y aura t-il un après, se peut il qu'un toujours se transforme en jamais ? ou qu'un jamais devienne un toujours alors que l'on n'y croit plus, que l'on ait raison ou tort d'y croire ou de n'y croire plus ? Philosophie de nuit, qui disparait à l'aube, questions auxquelles nulle réponse n'apportera l'aisance tout simplement parce que lorsqu'elles se présenteront les questions elles même auront été oubliées. L'esprit est subjectif et s'arrange pour dorer à l'or fin ce qui lui convient à l'instant où çà lui convient, d'où l'importance de ne pas se laisser influencer par autrui lors de ce cheminement personnel. Quand à la réflexion on ne sait pas toujours ce que l'on veut, n'est pas déjà une bonne chose que de savoir ce dont l'on ne veut pas ? Soi même pour soi ou pour ceux qu'on aime ? Quels sont les routes que l'on est prêt à empreinter pour suivre son destin, là où la vie nous mène, là où nous souhaitons qu'elle nous mène, là où nous savons que nous devons aller... Que le destin accomplisse le rêve intime, qu'il nous emmène au delà de lui, sur les chemins de la vérité, sans s'occuper des alentours, du qu'en dira-t-on, du qu'en pensera-t-on, pourvu que l'on soit entièrement en osmose sans aucune gêne, sans aucun frein, moral, social ou autre..
Libre pensée
9 JUIN 2010
Une foule d'émotions et de sentiments se bousculent, de moments de joie en moments de désespoir. De ceux où le laisser aller domine à ceux où l'énergie déborde de toutes parts... Tantôt rien ne sort et le papier reste vierge, sans forcer, inutile de vouloir les extirper, çà n'est pas le bon instant, pas encore, pas tout de suite... Soudain, sans y prendre garde, le papier est là et le stylo de lui même enchaine à une vitesse impressionnante les idées qui sortent à un débit vertigineux, les phrases se mettent alors en place toutes seules, sans aucun effort, nul besoin d'avoir conscience de ce qui se profile, nul besoin de rectifier ou modifier quoi que ce soit... çà coule comme un torrent limpide et çà se construit sans douleur... Rien ne peut laisser présager quel sujet sera dominant, sortie d'une période de doutes intenses et le texte pourra être très noir comme il pourra rayonner de mille feux braqués vers l'espoir et l'avenir... Souvent, toutefois il y a un rapport avec le vécu, pas forcément récent... Tout dépend du temps de rétention... Les émotions négatives, les chagrins, les douleurs sont les plus difficiles à exprimer et mettent souvent un temps retard dans l'expression pour s'exorciser quand le soleil brille de nouveau... Curieuse étude que cette auto-analyse de l'expression. Les dates systématiquement indiquées en sont la meilleure référence... Combien de temps après un évènement ? aucune relation d'un vécu à l'autre... Une joie, un bonheur verra son expression presque instantanément, voire au moment même où cela se produit... A l'intérieur c'est l'explosion et le portable et son bloc-notes deviennent très précieux pour ne rien perdre de ce qu'il est nécessaire de conserver. C'est un besoin bien plus qu'un travail... Comme une force vitale qui a besoin de sortir tout autant que la lave sort du volcan au moment de l'éruption... On imagine souvent un effort laborieux, des ratures, des rectifications de toutes sortes.. de longues heures pour rédiger un texte, parfois même des reprises et de nombreuses remises en question mais en réalité il n'en est rien.. la plupart des nouvelles courtes prennent à peine dix minutes tant le flot est intense. Les textes, pour les plus longs n'ont jamais été sur plus d'une semaine... Je parle bien entendu de création pas d'execution pour une autre personne qui demande une appropriation et une plongée dans le vécu de quelqu'un d'autre. Tout aussi passionnant, plutôt vécu du côté "travail" que du côté "thérapie" perso cependant... Pas la même approche, pas la même façon de réaliser l'écrit. Plus reposant d'une certaine façon tout en étant moins purgatif.. Pas simple à expliquer ce qu'est la maladie de l'écriture... Est-ce pour transmettre quelque chose à autrui ? Que nenni ! même pas... Juste le besoin d'exprimer à huis clos comme çà tout de suite, de manière impérieuse presque vitale une tranche de vie, un moment ou une fiction sortie de l'imaginaire... Une idée qui germe et sur laquelle va se greffer toutes sortes de situations dont certaines seront issues du vécu du rédacteur... La rédaction d'un livre est plus complexe, naît d'abord l'idée, puis l'atmosphère qui se construit, il faut à ce stade construire une trame avec les personnages, les lieux et les grands évènements pour ne pas construire quelque chose de fouillis ou d'ingeste par trop de répétitions qui ne manqueraient pas de se produire sans cette mise en place préalable. Ce guide de la pensée. Ce travail effectué avec soin permettra ensuite d'écrire à "l'instinct" de la même manière qu'on écrit les nouvelles en procédant par chapitres et en laissant germer les idées nouvelles au fur et à mesure que l'ouvrage avance et selon que l'on soit satisfait du résultat, si la tonalité que l'on veut transmettre est présente... Il est inutile de préciser que l'on ne rédige pas un courrier administratif de cette façon là... Là il est question de rigueur, et l'on établit un courrier qui doit être clair et concis et dont toute émotion doit être parfaitement absente...
Pensée et expression de l'expression écrite justement, la plus noble..Je crée personnellement avec une feuille et un stylo ou n'importe où avec mon portable à qui je confie une foule de petites choses qui naissent en des lieux parfois incongrus. Quand çà me prend. Les poésies sont presque toutes construites ainsi...
En illustration deux dessins de Luis Royo, mon artiste préféré.
Oeuvres sous copyright et protégées par les droits d'auteurs.
FUSION
Brusquement dérangée, une alouette s'éleva comme semblant sortie de nulle part, avec force cris de mécontentement, la faisant sursauter, bondissant sur le côté. Les membres encore tremblants, elle se mit à rire d'elle-même...Elle allait par les chemins, souvent ainsi, s'oxygéner et profiter du temps clément de ce début de printemps, observait la nature, qui, sans cesse l'émerveillait par son éternel recommencement. Là s'y trouvait l'apaisement, la quiètude auxquels elle aspirait, y trouvant même fréquemment l'inspiration pour ses écrits. C'était un moment unique pour laisser vagabonder son esprit et l'emplir de nouvelles sensations qui ressortiraient tôt ou tard dans un flot ininterrompu de mots qu'elle coucherait sur le papier, sa main ayant tout juste le temps de suivre le débit imposé par son cerveau en ébullition. Elle aimait par dessus tout ces périodes prolifiques où les phrases se construisent d'elles même et la stupeur qui était la sienne parfois, à la relecture, lorsque vidée de ses envies, elle en percevait le sens; elle apprenait alors beaucoup sur elle même et sur le retentissement qu'avaient sur elle les évènements de sa propre vie. Un curieux mélange se faisait entre les faits de nature vécus lors de ses dernières sorties et d'autres aspects de sa vie qui en était pourtant fort éloignés en apparence... Elle avait appris à gérer ces introspections bénéfiques qui lui faisaient voir les choses sous un nouveau jour, présentant les ombres invisibles et les mettant en lumière avec éclat et légèreté... LUI, le centre de ses préoccupations, éloigné et pourtant si proche, quand dans ses vagabondages littéraires elle croisait son âme jointe à la sienne, lui insufflant l'énergie et la remplissant du savoir du monde. Lui, absent, mais toujours là... Elle recevait ses vibrations, elle en était sûre, il ne pouvait en être autrement, sinon comment aurait-elle su ? Le fruit de son imagination, à lui seul, ne pouvait expliquer toutes ces coincidences, ces ressentis, ces émotions communes et ces savoirs partagés sans qu'ils ne se soient parlé en aucune façon depuis ce jour là, depuis cette fin d'après midi de Juin... Son âme sentait la communion quand celle de l'autre venait à sa rencontre, quand elle l'habitait d'un seul coup, lui révélant tout ce qu'elle ignorait ou qu'elle avait oublié. Un sentiment de bien être l'envahissait alors, lui faisant sentir la plénitude du bonheur retrouvé et lui rendant foi en l'avenir. A tort ou à raison elle cultivait le jardin du futur, sans projet précis, sans autre désir prononcé, que cette certitude qu'un jour les deux moitiés intimes se rejoindraient pour n'en former plus qu'une. Cela semblait pour elle d'une telle évidence pendant la fusion que jamais l'absence n'avait de prise, jamais le silence ne lui pesait. Il lui parlait et elle répondait, certaine qu'à l'autre bout la connection s'établissait. Elle redescendit le chemin par lequel elle était arrivée, la nuit commencait à tomber. Un sourire éclaira son visage lorsqu'à l'entrée du village elle l'aperçut. Il était là, semblant l'attendre depuis la nuit des temps. Il lui prit la main et c'est ensemble qu'ils ouvrirent la porte du lendemain...
Ecrit perso du 31/03/2010 (dépot légal : en cours )
Muriel Langlet.2010
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