faiblesse

Si la vie nous était contée...

roses de l'amitié

On la traverse de mille manières, chacun à sa façon, selon ses convictions ou ses envies du moment. Du moins c'est ce que nous faisons quand nous avons les choix qui se présentent, sans même y penser, sans être conscients de la chance insolente que nous avons de pouvoir manger, boire, dormir, marcher, courir, chanter, respirer... Vivre tout simplement. A mon amie, pour qui la vie ne rend rien facile et qui voit son état s'aggraver de jours en jours. Elle, garde le moral, nous assène des fous rires d'entologie en nous contant sobrement son ressenti journalier. Ce matin l'oeil tombe, la lèvre pend. Paralysie faciale frigore Cà prend près de deux heures pour que tout se remette. Tout ? En un an est apparu ce fauteuil roulant, indispensable puisqu'elle ne peut plus marcher. Que la médecine, molle et tatillonne ne trouve pas de remède, qu'elle ne supporte aucune médication. Jusqu'où tout cela va t-il aller ? Existe t-il un espoir de guérison quand on a une fibromyalgie stade lourd ? Que l'hémiplégie gagne du terrain et que les douleurs sont journalières et constantes ? Un mot couché ici, un hurlement devrais-je dire. Pour quelque chose qui me touche beaucoup parce que je suis impuissante, regardant, écoutant, sans rien pouvoir faire que participer à ses délires qui lui font oublier le quotidien devenu lourd à supporter... Une pensée pour toi en cultivant l'espoir... Une manière de conjurer le sort qui s'acharne sur une personne hors du commun, drôle, gentille, douce et sympa... A son compagnon, présent, attentif, prévenant, qui doit lui aussi avoir de bien tristes moments à voir celle qu'il aime subir une vie qui ne leur correspond pas. Quelques fleurs virtuelles pour une présence bien réelle...

 

 

 

Les chevaux d'Achille de K.Kavafy

Amour et tendresse...

LES CHEVAUX D'ACHILLE

 

A la vue de Patrocle sans vie,

lui, si vaillant, si vigoureux, si jeune,

les chevaux d’Achille se mirent à pleurer,

leur nature immortelle se révoltait

devant ce spectacle de la mort.

Ils remuaient leurs longues crinières,

secouaient leurs têtes, battaient la terre,

ils se lamentaient sur Patrocle, à présent sans âme,

ravagé, un rebut de chair sans vie ,

son esprit disparu,  sans défense,  sans souffle,  

rendu de la vie au grand Rien.

Zeus, voyant ses chevaux immortels en larmes, fut touché.

“Aux noces de Pylée” dit-il,

“Je ne devais pas me laisser à mon impulsion,

on n’aurait pas dû vous donner, mes pauvres chevaux.

Votre place n’était point parmi les humains,

ces pitoyables jouets du destin.

Vous, que ni la mort, ni la vieillesse n’atteignent

vous êtes en train de souffrir de misères temporelles,

participant aux malheurs des hommes”. 

Pourtant, les deux nobles bêtes, versaient toujours leurs larmes

devant l’indicible désastre de la mort.

av. 1911 – 20

 

K. Kavafy

( d'après l'Illiade d'homère )

 

 

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