Danse avec les Loups
Un intermède nécessaire pour vous annoncer que, désormais, le blog rédigé sur ce site ne sera plus dédié qu'aux textes et poèsies. Un blog généraliste, ouvert ailleurs, traitera de l'ensemble des sujets qui me préoccupent, ou de tous autres dont j'ai parfois envie de parler. En suite un dernier poème perso, mon préféré bien qu'il ne soit pas le plus parfait sur le plan littéraire, loin s'en faut d'ailleurs..
Danse avec les loups comme illustration pour ce semi-départ, parce que c'est l'un de mes deux films préférés d'une part et parce que Kevin Kostner reste et restera me semble t-il mon acteur favori avec un grand F. ( on ne se refait pas lol ). Cette image a une histoire, l'histoire d'une visite de bon matin, un jour de mars il y a quelques années...
Conscience
Etre comme ce nuage qui avance lentement sous l'effet du vent déplaçant lui-même son ombre sur la terre tiède qu'inonde le soleil d'automne. Elle reste là à contempler le spectacle qui l'apaise toujours malgré les soubresauts de son âme abîmée, et toutes ces questions qui l'ont assaillies sans cesse tout au long de ces dernières semaines. Elle qui pensait que seules les réponses pourraient alléger son fardeau venait de prendre conscience qu'il n'en était rien. Bien au contraire, elles la laissaient encore plus désemparée puisque désormais elle savait qu'elle n'avait aucun moyen de lutter ou de continuer à nourrir le moindre espoir. Une fois acceptée, la réalité, qui l'avait rattrapée lui avait fait abandonner ses rêves et le vide que cela avait produit ne trouvait aucune compensation. La reconstruction obligatoire qui l'attendait ne semblait pas la toucher et elle laissait les évènements se dérouler presque sans elle, faisant à peine acte de présence dans les moments où les autres avaient besoin d'elle. Tout au long de la nuit elle remettait en question sa vie passée. Où avait-elle raté l'élément important? Avait-elle vraiment compris le sens de la vie elle-même ? Ou bien n'avait-elle fait que se tromper des années durant ? Depuis toujours ? Cette impression de ne jamais être en phase avec l'ensemble de l'humanité lui donnait une amertume qu'elle ne parvenait pas à combattre, en parler autour d'elle il y a longtemps qu'elle avait cessé. Les réponses qu'on lui faisait ne la satisfaisaient en aucune façon, une vision de la vie trop différente, trop éloignée de ses valeurs personnelles. Faisant trop abstraction de sa sensibilité à fleur de peau. Pourquoi faut-il que les réciprocités soient aussi décalées ? Elle avait connu des moments inoubliables tout au long de sa vie mais rien de comparable. Là, sans crier gare, tout s'était éclairé, elle n'avait pas réalisé ce qui lui arrivait et surtout ne s'était pas suffisamment remise en cause. Prenant tout pour acquis alors qu'avec le recul elle avait bien compris qu'elle seule avait nourri des sentiments puissants, trop forts pour qu'elle puisse résister à l'aveu de l'absence en face. Ses mots s'étaient tus, ses doigts ne pouvaient plus écrire, son coeur ne battait plus que pour faire circuler le sang dans ses veines. Les décisions qu'elle prenait n'avait aucun sens, étaient fréquemment irréfléchies et un temps retard dans les réactions avait gelé le temps... L'été avait passé, elle ne savait même plus le temps qu'il avait fait ni depuis quand elle restait là, à songer au temps d'avant… Il lui semblait qu'elle avait laissé son cerveau créer quelque chose qui n'avait jamais existé, qu'elle avait dû s'endormir et ne se réveiller que maintenant où la solitude morale l'avait trouvée. Que faisait-elle là ? A regarder le paysage et ce fichu nuage qui avançait et lui apportait des réponses qu'elle aurait préféré ignorer ? Les arbres commençaient à se parer de leurs chaudes couleurs, les feuilles qui tombaient chaque jour un peu plus lui rappelaient que l'hiver serait vite là avec ses courtes journées et ses longues soirées qui n'en finissent pas. Dans l'âtre déjà, le feu réchauffe ses murs à défaut de son coeur, glacé par le manque de l'autre, fruit de son imagination désormais. Ces réflexes de gestes ou d'envie de dire, de partager se faisaient de plus en plus rares. Elle était comme une maison vide qui se recouvre de la poussière du temps qui passe. Des bribes de traces de vie ancienne, des flashs dans son esprit qui lui rappelaient qu'un jour elle avait aimé, des objets soigneusement rangés comme des reliques sacrées qui lui témoignent qu'elle aussi avait été aimée... avant... à moins que çà ne soit aussi l'expression d'un de ses délires, d'une autre de ses erreurs ? D'une invention de ses rêves de petite-fille qui ne se sont pas réalisés et qu'elle aurait créés? Imaginés de toute pièce... Au fond de son coeur le doute envahit le moindre interstice laissé vacant et s'amuse à remettre en cause les fondements même de sa vie, son utilité au sein d'une communauté auprès de laquelle elle ne se reconnaît pas. Et les nuages se succèdent, laissant chacun leur ombre sur leur sol recouvert de feuilles colorées par la saison, comme pour l'inviter au retour,, comme pour lui dire qu'après l'hiver viendra le printemps et son renouveau, qu'ainsi va la vie et qu'il en est de même pour tous. La fraîcheur de la fin de journée lui fit reprendre contact avec la réalité et elle ferma la fenêtre juste au moment où le premier éclair zébra le ciel qui s'était brusquement assombri.
Ecrit le 21 Septembre 2009 (Dépôt légal)
Muriel Langlet.2009 - Tous droits réservés.
Propriété intellectuelle. Toute reproduction même partielle, toute copie, modification ou utilisation même à des fins privées est strictement interdite sans mon consentement écrit.
Une foule d'émotions et de sentiments se bousculent, de moments de joie en moments de désespoir. De ceux où le laisser aller domine à ceux où l'énergie déborde de toutes parts... Tantôt rien ne sort et le papier reste vierge, sans forcer, inutile de vouloir les extirper, çà n'est pas le bon instant, pas encore, pas tout de suite... Soudain, sans y prendre garde, le papier est là et le stylo de lui même enchaine à une vitesse impressionnante les idées qui sortent à un débit vertigineux, les phrases se mettent alors en place toutes seules, sans aucun effort, nul besoin d'avoir conscience de ce qui se profile, nul besoin de rectifier ou modifier quoi que ce soit... çà coule comme un torrent limpide et çà se construit sans douleur... Rien ne peut laisser présager quel sujet sera dominant, sortie d'une période de doutes intenses et le texte pourra être très noir comme il pourra rayonner de mille feux braqués vers l'espoir et l'avenir... Souvent, toutefois il y a un rapport avec le vécu, pas forcément récent... Tout dépend du temps de rétention... Les émotions négatives, les chagrins, les douleurs sont les plus difficiles à exprimer et mettent souvent un temps retard dans l'expression pour s'exorciser quand le soleil brille de nouveau... Curieuse étude que cette auto-analyse de l'expression. Les dates systématiquement indiquées en sont la meilleure référence... Combien de temps après un évènement ? aucune relation d'un vécu à l'autre... Une joie, un bonheur verra son expression presque instantanément, voire au moment même où cela se produit... A l'intérieur c'est l'explosion et le portable et son bloc-notes deviennent très précieux pour ne rien perdre de ce qu'il est nécessaire de conserver. C'est un besoin bien plus qu'un travail... Comme une force vitale qui a besoin de sortir tout autant que la lave sort du volcan au moment de l'éruption... On imagine souvent un effort laborieux, des ratures, des rectifications de toutes sortes.. de longues heures pour rédiger un texte, parfois même des reprises et de nombreuses remises en question mais en réalité il n'en est rien.. la plupart des nouvelles courtes prennent à peine dix minutes tant le flot est intense. Les textes, pour les plus longs n'ont jamais été sur plus d'une semaine... Je parle bien entendu de création pas d'execution pour une autre personne qui demande une appropriation et une plongée dans le vécu de quelqu'un d'autre. Tout aussi passionnant, plutôt vécu du côté "travail" que du côté "thérapie" perso cependant... Pas la même approche, pas la même façon de réaliser l'écrit. Plus reposant d'une certaine façon tout en étant moins purgatif.. Pas simple à expliquer ce qu'est la maladie de l'écriture... Est-ce pour transmettre quelque chose à autrui ? Que nenni ! même pas... Juste le besoin d'exprimer à huis clos comme çà tout de suite, de manière impérieuse presque vitale une tranche de vie, un moment ou une fiction sortie de l'imaginaire... Une idée qui germe et sur laquelle va se greffer toutes sortes de situations dont certaines seront issues du vécu du rédacteur... La rédaction d'un livre est plus complexe, naît d'abord l'idée, puis l'atmosphère qui se construit, il faut à ce stade construire une trame avec les personnages, les lieux et les grands évènements pour ne pas construire quelque chose de fouillis ou d'ingeste par trop de répétitions qui ne manqueraient pas de se produire sans cette mise en place préalable. Ce guide de la pensée. Ce travail effectué avec soin permettra ensuite d'écrire à "l'instinct" de la même manière qu'on écrit les nouvelles en procédant par chapitres et en laissant germer les idées nouvelles au fur et à mesure que l'ouvrage avance et selon que l'on soit satisfait du résultat, si la tonalité que l'on veut transmettre est présente... Il est inutile de préciser que l'on ne rédige pas un courrier administratif de cette façon là... Là il est question de rigueur, et l'on établit un courrier qui doit être clair et concis et dont toute émotion doit être parfaitement absente...
Pensée et expression de l'expression écrite justement, la plus noble..Je crée personnellement avec une feuille et un stylo ou n'importe où avec mon portable à qui je confie une foule de petites choses qui naissent en des lieux parfois incongrus. Quand çà me prend. Les poésies sont presque toutes construites ainsi...
En illustration deux dessins de Luis Royo, mon artiste préféré.
Oeuvres sous copyright et protégées par les droits d'auteurs.
FUSION
Brusquement dérangée, une alouette s'éleva comme semblant sortie de nulle part, avec force cris de mécontentement, la faisant sursauter, bondissant sur le côté. Les membres encore tremblants, elle se mit à rire d'elle-même...Elle allait par les chemins, souvent ainsi, s'oxygéner et profiter du temps clément de ce début de printemps, observait la nature, qui, sans cesse l'émerveillait par son éternel recommencement. Là s'y trouvait l'apaisement, la quiètude auxquels elle aspirait, y trouvant même fréquemment l'inspiration pour ses écrits. C'était un moment unique pour laisser vagabonder son esprit et l'emplir de nouvelles sensations qui ressortiraient tôt ou tard dans un flot ininterrompu de mots qu'elle coucherait sur le papier, sa main ayant tout juste le temps de suivre le débit imposé par son cerveau en ébullition. Elle aimait par dessus tout ces périodes prolifiques où les phrases se construisent d'elles même et la stupeur qui était la sienne parfois, à la relecture, lorsque vidée de ses envies, elle en percevait le sens; elle apprenait alors beaucoup sur elle même et sur le retentissement qu'avaient sur elle les évènements de sa propre vie. Un curieux mélange se faisait entre les faits de nature vécus lors de ses dernières sorties et d'autres aspects de sa vie qui en était pourtant fort éloignés en apparence... Elle avait appris à gérer ces introspections bénéfiques qui lui faisaient voir les choses sous un nouveau jour, présentant les ombres invisibles et les mettant en lumière avec éclat et légèreté... LUI, le centre de ses préoccupations, éloigné et pourtant si proche, quand dans ses vagabondages littéraires elle croisait son âme jointe à la sienne, lui insufflant l'énergie et la remplissant du savoir du monde. Lui, absent, mais toujours là... Elle recevait ses vibrations, elle en était sûre, il ne pouvait en être autrement, sinon comment aurait-elle su ? Le fruit de son imagination, à lui seul, ne pouvait expliquer toutes ces coincidences, ces ressentis, ces émotions communes et ces savoirs partagés sans qu'ils ne se soient parlé en aucune façon depuis ce jour là, depuis cette fin d'après midi de Juin... Son âme sentait la communion quand celle de l'autre venait à sa rencontre, quand elle l'habitait d'un seul coup, lui révélant tout ce qu'elle ignorait ou qu'elle avait oublié. Un sentiment de bien être l'envahissait alors, lui faisant sentir la plénitude du bonheur retrouvé et lui rendant foi en l'avenir. A tort ou à raison elle cultivait le jardin du futur, sans projet précis, sans autre désir prononcé, que cette certitude qu'un jour les deux moitiés intimes se rejoindraient pour n'en former plus qu'une. Cela semblait pour elle d'une telle évidence pendant la fusion que jamais l'absence n'avait de prise, jamais le silence ne lui pesait. Il lui parlait et elle répondait, certaine qu'à l'autre bout la connection s'établissait. Elle redescendit le chemin par lequel elle était arrivée, la nuit commencait à tomber. Un sourire éclaira son visage lorsqu'à l'entrée du village elle l'aperçut. Il était là, semblant l'attendre depuis la nuit des temps. Il lui prit la main et c'est ensemble qu'ils ouvrirent la porte du lendemain...
Ecrit perso du 31/03/2010 (dépot légal : en cours )
Muriel Langlet.2010
Tous droits réservés. Propriété intellectuelle. Toute reproduction même partielle, toute copie, modification ou utilisation même à des fins privées est strictement interdite sans mon consentement écrit.
Créer un site gratuit avec e-monsite.com - Signaler un contenu illicite