Avec ce second ouvrage Zola met le doigt de façon plus incisive sur les relations Rougon et Macquart et sur les influences croisées, de même que sur la prépondérance de la transmission des caractéristiques de l'aïeule Adélaïde. Ainsi, Aristide le fils de Pierre Rougon développe t-il les vices de Macquart, le bandit, l'homme des chemins sans foi ni loi. Aristide veuf de sa première femme qui lui a donné deux enfants : Clotilde et Maxime décide de monter à Paris. Sa soeur Sidonie lui permettra de rencontrer Renée Béraud du Chatel, riche jeune-fille qui lui apporte argent et terrains. Terrains qui lui offriront l'opportunité de se lancer dans les spéculations immobilières, relancée par les travaux d'Haussmann. Il compte acheter à faible coût des terrains qu'il revendra à la ville de Paris, ayant eu vent des gigantesques projets encore sur plans. Il échangera alors son nom de Rougon contre celui de Saccard pour prouver qu'il a l'intention de mettre à sac le marché et se remplir ainsi les poches. Il réussira mais à cause de son train de vie et ses dépenses énormes et inconsidérées il n'obtiendra pas le résultat escompté à la fin...
Renée s'ennuie à mourir et n'a pour tout intérêt que sa serre. Maxime rejoint son père à Paris et Renée tombe amoureuse de lui. Bien qu'elle ait plusieurs amants elle continue de s'ennuyer tant si et bien qu'en devenant la maitresse de Maxime elle commettra l'inceste. Dans le même temps Aristide connait ses premiers déboires financiers et il songe alors à escroquer sa femme pour se refaire. C'est lors d'une fête qu'il découvrira l'infidélité de sa femme et l'infâmie de son fils. Maxime qui s'est fiancé entre temps quitte Renée. La famille éclate et la débâcle financière se confirme. Renée mourra peu de temps après le mariage de Maxime.
La curée comme son nom l'indique est l'épreuve de force. La montée en puissance par tous les moyens même les plus vils et les plus bas. On y trouve aussi un fond de morale latente en voyant Saccard se débattre dans les soucis financiers. Finances qui ne lui appartiennent pas et qu'il dilapidera dans des spéculations hasardeuses et un train de vie trop élevé. La curée c'est aussi la douleur de Renée, son ennui perpétuel. L'impression de fragilité et de faiblesse qu'on sent en elle sauf face à Maxime où c'est elle qui dirige. S'ensuit sa lente descente dans l'univers de la dépravation multipliant les aventures adultère pour clore sur l'inceste, infâmie suprême. Avec cet ouvrage nous entrons dans le monde de la sauvagerie pour la course au pouvoir. On y décèle la précarité de l'illusion du matérialisme . L'être et le paraître s'entrechoquent et à la fin de l'ouvrage le constat s'impose. Cette faune est vide et creuse et leur vie construite sur du vent s'effondre à la moindre erreur.
Un style riche et limpide, cet opus se lit facilement. Les décors somptueux décrits par Zola enchantent et c'est là tout son art que cette capacité à décrire la noirceur des hommes tout en donnant un plaisir immense à lire...
NB : on me demande pourquoi je mets en illustration la version livre de poche. Je suis tentée de répondre : et pourquoi pas ? en effet le support d'une oeuvre m'importe peu et le livre de poche présente un intérêt majeur : il est transportable facilement, on le fourre dans son sac, il est peu cher, facilement remplaçable.. etc.. Je reste accroc aux oeuvres contenues dans les ouvrages. A quoi donc servirait une collection reliée cuir si l'on ne lit pas ? Et quand on aime lire les livres on les maltraite bien involontairement rien qu'à les manipuler. Dans tous les cas plusieurs versions existent dans diverses maisons d'édition, chacun peut choisir à son gré. Un conseil toutefois : prenez toujours en version intégrale originale.
PRINCE ALPHA
C’est une histoire à raconter,
Au coin du feu, les soirs d’hiver,
Que ce loup qui se prit à aimer,
Une louve au cœur solitaire.
Quand leurs deux âmes se sont croisées,
Sans même qu’ils y prêtent attention
Leurs esprits se sont mélangés,
Venait de naître une passion.
Mais le destin traîtreusement,
Tenta des coups, des maléfices,
Et plaça insidieusement
De très grands trous, des précipices.
Sans y penser, comme par magie
Les écueils ils ont évité
Aidés par on ne sait quel esprit,
Ils ont enfin pu se trouver.
Une histoire vraie, un conte de fée,
Qui se raconte dans les chaumières
Pour prouver à l’humanité
Qu’un loup çà n’est pas sanguinaire.
Même si parfois, lors des ébats,
Lorsque leurs corps sont en émoi,
Au moment de l’ultime instant,
C’est une lutte presque un combat.
Là il est temps de les laisser
Avancer, construire leur avenir,
S’éloigner sur la pointe des pieds
Peut-être un jour pour revenir.
En attendant dans le grand bois,
Parfois même jusqu’au petit jour,
On entend le grand mâle alpha
Pousser ses hurlements d’amour.
Ecrit perso du 20 Mai 2007 ( dépôt légal )
Muriel Alexandre Langlet 2007-2010 - Tous droits réservés.
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Lettre au père
Franz Kafka
Il est des ouvrages que l'on qualifie "d'incontournables" cette lettre au père de Kafka est l'un de ceux là. Parfaitement traduit de l'allemand par Marthe Robert.
Franz Kafka est né à Pragues en 1883. Son père peu tendre, très autoritaire et égocentrique inspira une très grande peur à son fils tout au long de son enfance, modifiant sa perception du monde. A l'aube de sa mort, alors qu'il est atteint de tuberculose, il se décide à lui écrire cette lettre, que son destinataire ne lira jamais... Il y écrit sa vie d'enfant, ses émotions, ses craintes permanentes. Il y répond aux questions posées par son père, mais auxquelles il n'avait apporté aucune réponse par crainte des réactions de ce dernier. Ce livre est un hymne à l'enfance selon la manière dont on le percoit. Kafka y aborde tous les sujets, faisant le lien avec le comportement de son père et expliquant à ce dernier pourquoi il faisait tel choix plutôt que tel autre dans certaines situations précises. C'est un plaidoyer aussi un peu quelque part. Ecrit sans haine avec toute la clairvoyance apportée par l'âge et la mort qu'il sait proche. Point de reproches vrais mais une lucidité acide. Il est heureux pour cet homme de n'avoir jamais eu à lire ce texte. Kafka y dépeint son père comme un être imbu de sa personne, égocentrique, colèrique et suffisant. Méprisant tout autour de lui sauf lui même. Bien que très bien amené, dans un style limpide et aéré que n'a pas dénaturé la traduction, sans exagération, on ne peut que mépriser à notre tour ce père que Kafka sous certains angles semble admirer malgré tout... Un réquisitoire sans faux-semblant...
A lire.. Cet ouvrage bien qu'écrit alors que Franz Kafka a déjà trente-six ans est au centre de l'oeuvre tout entière dont il explique les contours et les nuances.
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