Dans quelques jours la nouvelle année. Je vous présente tous mes voeux de bonheur, de joie et de prospérité ainsi qu'une bonne santé à vous ainsi qu'à votre famille.
La vie est un bien précieux que nous avons la chance de vivre à une époque où tout le confort nous est donné dans un pays où nous pouvons vivre libres et en paix. Soyons conscients de la chance unique que cela représente. D'autres en d'autres lieux vivent le cauchemar au quotidien. D'autres encore vivent la famine et la soif. Pour nous rien de tout çà. Apprécions les moments qui nous sont donnés comme une aubaine. Comme une joie constante même si nous n'en sommes pas toujours conscients...
Faites la fête pour le réveillon de la Saint-Sylvestre. Ne buvez pas trop ou laissez vos clés au vestiaire. La gente d'armerie veille et je suppose que les contrôles vont être très nombreux comme tous les ans à pareille époque. Je sais çà ne devrait pas être la raison première d'une modération mais ne soyons pas plus royaliste que le roi. Nous sommes tous pareils.
Que ce réveillon vous apporte de la joie et de la bonne humeur.
Esprit de soi
Des reflets irisés scintillaient tout le long du chemin où la menaient ses pas. Les déplacements incessants avaient eu raison de son énergie et c’est en flânant qu’elle reprenait lentement ses esprits. Sillonnant la France dans toutes ses dimensions elle en avait vu récemment, et entendu aussi. Comme les enfants qui découvrent le mauvais côté des choses elle restait songeuse en se demandant bien comment elle avait pu vivre aussi longtemps en ignorant les perversités humaines. Pas de simples roublardises dont elle avait toujours eu conscience mais bel et bien d’ignominies latentes et universelles… Elle qui n’aspirait qu’à un idéalisme non conservateur mais emprunt d’un certain traditionalisme se trouvait soudain confrontée à des comportements que même les animaux n’adoptent pas. Cela n’altérait en rien sa propre vision des choses et de la vie mais la laissait perplexe… L’on annonçait la fin du monde depuis la nuit des temps, les prophéties s’étaient succédées et jusqu’alors rien ne permettait de prêter foi à ces élucubrations toutes plus fantaisistes les unes que les autres. Cette fois ci c’était les comportements et les réactions, associés aux modifications climatiques qui lui faisaient penser à une fin très proche. Ce peut-il que le comportement humain « moral » ait plus d’impact sur le futur que tout le reste réuni ? Elle poursuivait son chemin laissant ses pensées la déborder… Un sourire se dessina sur ses traits. Le vent marin lui balayait le visage et elle se disait que çà n’avait aucune importance. Elle se sentait unique d’un seul coup, marchant là, seule, les idées dans le désordre, l’âme légère de savoir qu’elle connaissait sur la planète les seules personnes qui lui ressemblaient… Cette idée la rassurait et lui faisait voir la vie sous un autre angle. Qu’importaient les agissements de l’ensemble de l’humanité ? Elle était riche d’un trésor inestimable… Celui dont peu jouissent sur terre. L’amour de certains proches, même absents. La tendresse et l’amitié vraie. Ces valeurs qui font bouger quand vient le manque. Ces idéaux, ces signes de reconnaissance qui n’appartiennent qu’à peu d’élus… Elle poursuivait sa promenade en chantonnant, le soleil lui réchauffait le cœur, les mouettes criardes se disputaient un invisible butin, au loin des enfants profitaient des vacances… Août faisait une entrée fracassante, et elle se glissait lentement au travers du temps. D’un seul coup, fière d’être elle, se moquant éperdument du jugement des autres. Ne cherchant plus à ressembler à ce qu’elle ne comprendrait jamais…
4 Août 2011 (dépôt légal en cours)
Muriel Langlet.2011 - Tous droits réservés.
Propriété intellectuelle. Toute reproduction même partielle, toute copie, modification ou utilisation même à des fins privées est strictement interdite sans mon consentement écrit.
Dans les méandres de l'esprit se joue parfois une mascarade quand la mémoire se travestit et renvoie des illusions capables de nous faire avancer. Coûte que coûte sans s'arrêter, laisser le temps défiler. Lui qui, dit-on adoucit les peines et les rend plus supportables. La peine parlons-en. Ne serait elle pas, elle aussi, une simple vue de l'esprit ? Rien n'est plus relatif que les sentiments. De toutes sortes, de toute nature. On joue à faire semblant, comme si de rien n'était jusqu'à ce qu'un évènement, une date, une odeur, un timbre de voix nous ramène à la réalité toute nue. Alors à l'intérieur le manque se fait sentir. Brusquement apparait la vérité, celle que le cerveau cherche à masquer, et l'on se sent vidé de toute trace de vie... Quand ce qui faisait notre substance, notre raison de continuer disparait. Sans crier gare ce que l'on cherche à oublier nous rattrape et nous saisit au vol. On reste là comme stupéfait de voir à quel point à l'intérieur tout est pareil. De vieux réflexes se manifestent, on est perdu. Tant de temps passé pour rien. Tout çà pour çà. Rien que pour comprendre qu'il faudra encore bien plus de temps et d'efforts. Quand tout cela prendra t-il fin ? Y aura t-il une fin digne de la longueur de l'absence ? Pourquoi n'y a t-il pas de prise directe sur nos pensées, qui s'entrechoquent au rythme du manque ? Pourquoi cette fatigue qui rend plus épuisant les actes de la vie quand aux yeux du monde tout parait parfait. Quand autour personne ne sait qu'à l'intérieur des nuits, dans les rêves, tout est comme avant, à l'identique. Que l'espoir reste là tapi aux tréfonds de soi comme un illusionniste qui nous fait aimer les jours tempérés par les nuits magiques. L'âme joue à cache-cache et l'on fait semblant. Il est difficile d'admettre que l'on se ment à soi même... Mentir aux autres, quand on en est conscient, est une vilaine chose mais que dire du mensonge que l'on se fait à soi, dans l'inconscience du désir profond de l'oubli comme si rien ne s'était passé, comme si une tranche de notre vie, si petite et insignifiante soit-elle pouvait ne pas avoir existé...
Jean DUTOURD (1920-2011) photo google
« La mission de l’écrivain, c’est de troubler les agonies. »
« La seule chose dont on soit sûr, en ce qui concerne l’avenir, c’est qu’il n’est jamais conforme aux prévisions »
Jean Dutourd, académicien, ancien résistant, a tiré sa révérence, sans bruit, nous laissant orphelin d’une langue française bafouée par la venue des langages codés de type sms.
Il alliait avec l'élégance de son savoir et la brutalité propre aux gens défendant une juste cause le respect des convenances et du savoir-vivre et faisait preuve d'une ouverture d'esprit rare chez les personnes de sa génération. Il avait la particularité de chercher à comprendre, toujours en toutes circonstances.
Pour lui l'important n'était pas les choses que l'on a à dire mais la façon dont on les dit...
Philippe Bouvard lui rend hommage en disant de lui :
« C’était le patriarche des Grosses Têtes, c’était notre bonne conscience culturelle. De temps en temps nous l’entrainions dans nos facéties, mais nous lui devons beaucoup car il a donné aux Grosses Têtes leurs lettres de noblesse".
Jean Dutourd était un homme au savoir incommensurable. Il savait toujours tout, sobrement, sans se prendre pour un être supérieur. Il savait tout simplement, avec modestie et ne détestait pas la franche rigolade, tournant en dérision certains sujets qui le méritaient. Il avait l'humeur joyeuse et même ses coups de gueule étaient justifiés...
Conseiller littéraire chez Gallimard, il a obtenu le Prix interallié en 1952 pour son roman :
« Au Bon Beurre ».
Il était entré à l'Académie en 1978, élu au fauteuil de Jacques Rueff.
Jean Dutourd aimait aussi la polémique et l'avait dévoilé dans : Henri et l'Education nationale (1983),
« Démission des parents: action consistant à donner beaucoup d'argent de poche et peu de gifles »Gaulliste convaincu il avait mis son grain de sel après l'élection de François Mitterand dans : La gauche la plus bête du monde (1985)
Il s'est éteint le 17 Janvier à l'âge de 91 ans... Ses obsèques ont eu lieu ce matin. Un grand homme nous a quitté, la littérature se retrouve orpheline, une grosse perte pour la défense de notre belle langue française, dans toute sa splendeur. Ses écrits resteront à jamais. Nous ne l'oublierons pas.
Salut l'artiste...
Il y a bien longtemps que je déserte cet endroit annexe à mon site par manque de temps justement... De nouveau je vais m'absenter longuement et çà n'est pas demain la veille que çà va changer....
La mélodie des mots est née il y a maintenant 35 ans... Avec le recul je me rend compte que les mots ont toujours cette musique qui m'enchante et me ravit. Avec toutefois un petit bémol : écrits ils ne traduisent pas toujours avec exactitude le sens qu'il faudrait qu'on leur donne... Le ton manque, l'expression corporelle aussi... Les sons n'y sont pas reproduits tout à fait de la même manière... Je me souviens d'antan lorsque nous récitions des textes et qu'il nous fallait "appuyer" sur certaines voyelles ou laisser trainer une fin de phrase pour qu'alors le sens apparaisse et donne à l'ensemble un air magique. Celui que j'aimais...
Je me sens maintenant comme une grosse boule de coton emballée dans de l'acier. De l'acier trempé, à l'abri des balles et des turpitudes de la vie. Etrange sensation de force incommensurable et de faiblesse intérieure en même temps. Faiblesse que l'on ne peut voir ou percevoir que si l'on entre dans mon cercle intime très fermé. Cette force qui me fait aller de l'avant quelques soient les circonstances ou les aléas de la vie. Et quand le renouveau se présente, éclatant de lumière et d'espoir, il est brillant et scintillant comme le diamant. Comme avant dans la prime jeunesse quand on ne sait rien de la vie et qu'elle nous apparait si simple...
A l'aube d'un nouveau jour et d'une nouvelle année, quand les douleurs restent derrière parce qu'il le faut et qu'au bout d'un certain laps de temps on finit par prendre réellement conscience de ses propres valeurs et surtout de ses propres désirs. Quand on ne laisse personne derrière puisque la vie est une formidable amie qui permet le maintient en contact de qui vaut la peine, alors tout est bonheur....
Dans moins de deux semaines c'est Noël puis la nouvelle année...
Que votre fin d'année soit aussi scintillante et prometteuse que le sera la mienne, en compagnie de gens que j'aime et qui me le rendent bien...
Maintenant n'oubliez pas ceux que vous aimez, nul besoin de cadeau pour faire plaisir car quand on aime c'est la présence qui compte le plus. Etre là pour eux, toujours et en priorité. La vie passe à la vitesse de l'éclair et rien ne permet de rattraper le temps perdu. Quand on a des projets qu'ils soient sociaux, professionnels et/ou financiers il ne faut jamais perdre de vue qu'on peut perdre quelqu'un très vite, sans s'en rendre compte et se réveiller avec l'absence. Il est alors trop tard et les regrets, les remords parfois ne servent plus à grand chose. Cette vie si précieuse qui s'éteint en quelques minutes. Et disparait...
A tous ceux qui me manquent...
On la traverse de mille manières, chacun à sa façon, selon ses convictions ou ses envies du moment. Du moins c'est ce que nous faisons quand nous avons les choix qui se présentent, sans même y penser, sans être conscients de la chance insolente que nous avons de pouvoir manger, boire, dormir, marcher, courir, chanter, respirer... Vivre tout simplement. A mon amie, pour qui la vie ne rend rien facile et qui voit son état s'aggraver de jours en jours. Elle, garde le moral, nous assène des fous rires d'entologie en nous contant sobrement son ressenti journalier. Ce matin l'oeil tombe, la lèvre pend. Paralysie faciale frigore Cà prend près de deux heures pour que tout se remette. Tout ? En un an est apparu ce fauteuil roulant, indispensable puisqu'elle ne peut plus marcher. Que la médecine, molle et tatillonne ne trouve pas de remède, qu'elle ne supporte aucune médication. Jusqu'où tout cela va t-il aller ? Existe t-il un espoir de guérison quand on a une fibromyalgie stade lourd ? Que l'hémiplégie gagne du terrain et que les douleurs sont journalières et constantes ? Un mot couché ici, un hurlement devrais-je dire. Pour quelque chose qui me touche beaucoup parce que je suis impuissante, regardant, écoutant, sans rien pouvoir faire que participer à ses délires qui lui font oublier le quotidien devenu lourd à supporter... Une pensée pour toi en cultivant l'espoir... Une manière de conjurer le sort qui s'acharne sur une personne hors du commun, drôle, gentille, douce et sympa... A son compagnon, présent, attentif, prévenant, qui doit lui aussi avoir de bien tristes moments à voir celle qu'il aime subir une vie qui ne leur correspond pas. Quelques fleurs virtuelles pour une présence bien réelle...
Un envol de sansonnets signe l'arrivée prochaine de l'hiver. Les oiseaux se rassemblent et se préparent en gazouillant, à la grande migration nécessaire et salvatrice. L'éte indien se prolonge et le soleil d'arrière saison darde la terre de ses rayons bienfaiteurs. Elle reste là, pensive, savourant elle aussi ces instants que la nature distille avant de se mettre au repos et laisser les premiers frimas s'installer jusqu'au printemps. Elle pense sans s'arrêter sur un sujet,, allant de l'un à l'autre, sans nostalgie ni regrets. Parfois elle jette un oeil sur le chemin aimé, celui de son espoir passé. Il est bordé de chaque côté de végétation rougeoyante, sur son tracé les feuilles tombées jonchent le sol et lui donnent un air particulièrement suave. Elle revoit la porte, qu'elle avait laissé ouverte jadis et qu'elle a brusquement fermé, mettant un terme à son interminable attente. Comme par magie elle s'était réveillée de ce long rêve, où elle ne vivait pas vraiment.. Ce rêve qui la projettait dans un avenir qu'elle voyait rose mais qu'elle était seule à voir. Une voie sans issue parce que trop loin, trop tard aussi. Chaque chose en son temps dit le proverbe, elle ne croyait pas trop à celui ci et pourtant les évènements lui avaient donné raison. Oh non pas qu'elle n'avait plus de coeur, ni même qu'il ne vibrait plus, non, simplement elle avait décidé de ne plus l'écouter, de l'étouffer sous une cohorte de protections impénétrables rendant ainsi les chagrins sinon impossibles du moins extrèmement rares. Là haut la pleine lune se voyait déjà, malgré l'heure précoce. Le soleil et elle se partageaient chacun un bout de ciel, les nuages s'étiraient comme de gros morceaux de coton effiloché et l'ensemble avait des reflets irisés de toute beauté faisant oublier le jour et l'heure et laissant sa spectatrice subjuguée. Chaque mois désormais elle se tournera vers cette lune toute ronde, sans douleur, signe d'un passé heureux, emprunt d'un lendemain possible, peinte aux couleur de la vie. Nul ne sait jamais de quoi demain sera fait mais certains moments, certains instants même courts, même très brefs laissent une empreinte qui ne s'efface pas. Comme un rappel de joie, comme un post-it que l'on place sur son coeur et qui nous ramène immanquablement vers eux. Une abeille allait de fleur en fleur, s'activant à mille tâches à finir avec le froid qui ne tarderait pas à s'intensifier. Les fourmis faisaient le même manège inlassablement, ne se préoccupant pas de ce qui les entourent, sans fatigue, avec la même ardeur constante, comme de fières travailleuses utiles et indispensables qu'elles sont. Elle se leva, engourdie de tant de merveilles que l'on ne remarque que lorsque l'on se pose, calmement, laissant le temps glisser simplement sans heurt. Elle secoua prestement sa jupe sur laquelle les miettes de brioche qu'elle avait pris pour les oiseaux s'étaient accumulés et descendit les quelques marches jusqu'à la porte. Un sourire aux lèvres en pensant aux nuits blanches, un sourire vers l'avenir, vers un demain plus en phase avec ses souhaits. Maintenant que le plus dur était fait il ne restait plus qu'à mettre la pierre à l'édifice de ses décisions qui la mènerait vers le bonheur, celui qu'elle avait longtemps attendu et qui s'était présenté sobrement ce jeudi là sans que rien ne laisse présager une telle tournure des évènements.
Ecrit le 10 Octobre 2010 (Dépôt légal en cours)
Muriel Langlet.2010 - Tous droits réservés.
Propriété intellectuelle. Toute reproduction même partielle, toute copie, modification ou utilisation même à des fins privées est strictement interdite sans mon consentement écrit.
Je ne reprends pas d'articles blog non littéraires ici. C'est uniquement pour faire une petite apparition rapide et prévenir que je suis toujours là mais débordée donc impossible de poursuivre la saga d'Emile Zola commencée il y a deux mois. Je reviendrai bientôt. En attendant vous pouvez toujours me trouver sur mon blog privé, pour les intimes à qui j'ai donné le lien sur demande, où je continue de publier mes émotions et mon quotidien ainsi que les écrits perso. Encore quelques semaines de patience, et mes objectifs prioritaires seront atteints et je serais alors très disponibles pour les à côtés...
La petite phrase du jour qui me vient à l'esprit compte tenu des évènements des dernières 24 heures : La fortune sourit aux audacieux, dicton applicable au sens figuré bien sûr, fortune voulant dire toutes sortes de choses suivant le moment et les aléas ou providences de la vie... A méditer calmement. Le soleil derrière les nuages pour peu qu'on veuille le voir. Sera-t-il au rendez-vous ? Nul ne peut le dire mais rien de fâcheux n'arrive et comme dit une amie très chère et qui a maintes raisons de le dire : Il n'y a que la mort de grave le reste n'est que pécadilles...
A Bientôt donc...
NDLA :Pour raison personnelle je ferme les commentaires ici... je n'aurais pas le temps d'y répondre de toute façon...
LES CHEVAUX D'ACHILLE
A la vue de Patrocle sans vie,
lui, si vaillant, si vigoureux, si jeune,
les chevaux d’Achille se mirent à pleurer,
leur nature immortelle se révoltait
devant ce spectacle de la mort.
Ils remuaient leurs longues crinières,
secouaient leurs têtes, battaient la terre,
ils se lamentaient sur Patrocle, à présent sans âme,
ravagé, un rebut de chair sans vie ,
son esprit disparu, sans défense, sans souffle,
rendu de la vie au grand Rien.
Zeus, voyant ses chevaux immortels en larmes, fut touché.
“Aux noces de Pylée” dit-il,
“Je ne devais pas me laisser à mon impulsion,
on n’aurait pas dû vous donner, mes pauvres chevaux.
Votre place n’était point parmi les humains,
ces pitoyables jouets du destin.
Vous, que ni la mort, ni la vieillesse n’atteignent
vous êtes en train de souffrir de misères temporelles,
participant aux malheurs des hommes”.
Pourtant, les deux nobles bêtes, versaient toujours leurs larmes
devant l’indicible désastre de la mort.
av. 1911 – 20
K. Kavafy
( d'après l'Illiade d'homère )
Premier ouvrage de cette saga familiale, Zola le nommait le roman des "origines" dans sa préface du 1er Juillet 1871. Il va servir d'introduction à cette longue série des aventures d'une famille. Planter le décor en quelque sorte. Il va présenter quelques membres de la famille dont il va conter l'histoire, permettre de bien situer les Rougon et les Macquart. Et faire un parallèle entre la société existante et les évènements qu'il va décrire. Il mettra son habileté littéraire au service de son oeuvre en mêlant intimement les moments de bonheur pur à ceux de détresse profonde. Il maniera avec délice l'ironie, la moquerie et l'humour pour rebondir sur de gigantesques pamphlets sociaux ( les pamphlétaires ont toujours eu ma préférence çà ne se dément pas avec cet auteur...) où il dénoncera le régime en le présentant sous ses plus mauvais angles... Une comédie dramatique et drôle à la fois, attendrissante parfois, qui offre la possibilité de réfléchir à des sujets graves et importants et qui, dans tous les cas ne laisse pas indifférent pour peu qu'on s'y intéresse...
A l'origine de cette fresque familiale : Adélaïde Fouque mariée et qui aura un enfant légitime avec Rougon. Viendront ensuite deux enfants illégitimes fruits de ses amours avec son amant Macquart. Adélaïde dite tante Dide mène une vie corrompue, se défiant des usages et de la morale. Son amour pour Macquart sera inconditionnel à tel point qu'après son décès elle se repliera sur elle même vivant dans la chasteté la plus complète laissant libre cours à sa folie. Sa névrose de plus en plus visible. De cette "origine" découleront trois lignées marquées par la tare qu'elle leur transmettra sous différentes manifestations. Sa névrose sera sublimée par une soif de pouvoir qui atteindra tous les membres issus de la lignée " légitime", un appétit sans frein de réussite et de jouissance. La lignée des bâtards verra deux orientations différentes dans l'expression de la tare de l'aieule : l'une se tournera vers l'alcoolisme, la violence menant des vies insipides, l'autre mettra l'accent sur l'hystérie dont Adélaïde était atteinte, en faisant d'eux des rêveurs utopiques, inconscients des réalités et laissant libre cours à leur folie à l'intérieur de leur monde d'irréalisme.
La fortune des Rougon nous conte l'ascension d'une famille avide de pouvoir et qui emploiera tous les moyens pour parvenir à ses fins. L'action se situe à Plassans et un parallèle politique est fait dans l'ouvrage puisque le coup d'état des Rougon se produira dans la foulée de celui bien réel du 2 Décembre 1851 de Louis Napoléon Bonaparte. La révolte se construit, à laquelle prendront part Miette et Silvère deux amoureux aux coeurs purs qui trouveront la mort, elle pendant la rebellion et lui sur son tombeau où il est venu la retrouver. Leur amour incarnera le contraitre absolu de celui de tante Dide qui affichait sa relation illégitime alors qu'elle s'adonnait à la luxure et à la débauche et qu' eux se cachent alors qu'ils sont purs. La fortune des Rougon plantera le décor en présentant les protagonistes et leur descendance, au fil des ouvrages, viendra agrandir le tableau. Ouvrage majeur de l'oeuvre tout entière dont il est la clé de voûte, il nous mènera sur les chemins intimes de l'auteur qui se servira de sa propre vie pour dépeindre quelques personnages ou quelques faits... Plassans sera le reflet de ce qui se passe ailleurs, géographiquement ( Paris ) ou émotionnellement ( propre vie de Zola lui même ) Plus qu'un ouvrage à part entière c'est une sorte de grande préface à ce qui va suivre...
Comme suite logique l'arbre généalogique, pour s'y retrouver, à consulter de temps en temps...
Adélaïde Fouque
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Pierre Rougon, Antoine Macquart, Ursule Macquart.
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Eugène, Pascal, Aristide, Sidonie et Marthe Rougon - François, Héléne et Silvère Mouret - Lisa, Gervaise et Jean Macquart.
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Maxime et Clotilde Rougon - Octave, Serge et Désiré Mouret- Jeanne Grandjean - Pauline Quenu - Claude et Etienne Lantier- Anna Coupeau
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Charles Rougon dit Saccard.
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