" Ce qui ne me tue pas me rend plus fort "
Célèbre citation* extraite de :
Friedrich Nietzsche (1844 - 1900)
Friedrich Nietzsche, philosophe et poète allemand, né à Rökken le 15 Octobre 1844, mort à Weimar le 25 Août 1900 révèlera dans une oeuvre conséquente sa "pensée Nietzschéenne", ,naturaliste . En constante évolution et parfois en parfaite opposition selon la période à laquelle son oeuvre fut dévoilée. Les faits psychologiques trouvant, d'après lui, une explication physiologique, sans pour autant sombrer dans le matérialisme. Matérialisme ouvertement rejeté par le philosophe. L'un des auteurs les plus difficiles à comprendre et à interpréter. Phénomène produit par l'écrivain lui même, selon la période de sa vie et le courant de sa pensée à un moment donné, ou différence d'interprétation et de perception selon le lecteur lui même...
En optant délibérément pour l'aphorisme dès son "Humain, trop humain" Nietzsche ferme la porte de la compréhension aisée au lecteur pressé. Il souhaite par ce choix réserver ses œuvres aux seuls initiés et passionnés. D'aucuns, dont je fais partie, considèrent cette partie de ses écrits comme un gigantesque puzzle littéraire qu'il faut reconstituer avant d'en percevoir le génie.
Ses dernières créations verront un retour à l'écriture plus traditionnelle et sensitive. beaucoup plus fluide marquant sa volonté d'être compris et perçu par le plus grand nombre.
Nietzsche par l'expression de sa pensée tend à se rapprocher singulièrement d'auteurs tels que David Hume (1711 - 1776) ou encore Sigmund Freud (1856 - 1939). Il apparait, bien que cela soit en fait beaucoup plus complexe que çà, que Nietzsche valorise le corps et la physiologie au détriment des valeurs de l'esprit et de la psychologie.
Bien qu'appréciant personnellement toute forme d'expression philosophique, je n'adhère pas à la pensée Nietzschéenne, ses concepts de l'évolution des valeurs me semblant par trop subjectifs et rigides et parfois, en contradiction avec certaines tendances qu'il laisse entrevoir et qui, soit le rapprochent de Freud, soit l'en éloignent diamétralement.
Il n'empêche que certains de ses aphorismes méritent amplement qu'on s'y attarde, ne serait ce que pour tenter de comprendre un peu mieux l'enchevêtrement de pensées qui se bousculaient dans son cerveau exempt de valeur psychologique consentie par lui.
Quelques décennies après sa mort ses écrits furent l'objet d'une interprétation à des fins d'utilisation dans la propagande nazi. Nul doute que l'auteur, s'il avait été encore vivant, n'aurait pas avalisé une telle démarche... Ceci n'engage que moi mais c'est la sensation que me laissent ses écrits.
Ses œuvres :
Quelques une de ses citations :
"Ce qui ne me tue pas me rend plus fort" : *citation extraite de "Le crépuscule des idoles". Contrairement à une croyance populaire très répandue il ne s'agit pas d'un dicton mais bel et bien d'une citation.
Esprit de soi
Des reflets irisés scintillaient tout le long du chemin où la menaient ses pas. Les déplacements incessants avaient eu raison de son énergie et c’est en flânant qu’elle reprenait lentement ses esprits. Sillonnant la France dans toutes ses dimensions elle en avait vu récemment, et entendu aussi. Comme les enfants qui découvrent le mauvais côté des choses elle restait songeuse en se demandant bien comment elle avait pu vivre aussi longtemps en ignorant les perversités humaines. Pas de simples roublardises dont elle avait toujours eu conscience mais bel et bien d’ignominies latentes et universelles… Elle qui n’aspirait qu’à un idéalisme non conservateur mais emprunt d’un certain traditionalisme se trouvait soudain confrontée à des comportements que même les animaux n’adoptent pas. Cela n’altérait en rien sa propre vision des choses et de la vie mais la laissait perplexe… L’on annonçait la fin du monde depuis la nuit des temps, les prophéties s’étaient succédées et jusqu’alors rien ne permettait de prêter foi à ces élucubrations toutes plus fantaisistes les unes que les autres. Cette fois ci c’était les comportements et les réactions, associés aux modifications climatiques qui lui faisaient penser à une fin très proche. Ce peut-il que le comportement humain « moral » ait plus d’impact sur le futur que tout le reste réuni ? Elle poursuivait son chemin laissant ses pensées la déborder… Un sourire se dessina sur ses traits. Le vent marin lui balayait le visage et elle se disait que çà n’avait aucune importance. Elle se sentait unique d’un seul coup, marchant là, seule, les idées dans le désordre, l’âme légère de savoir qu’elle connaissait sur la planète les seules personnes qui lui ressemblaient… Cette idée la rassurait et lui faisait voir la vie sous un autre angle. Qu’importaient les agissements de l’ensemble de l’humanité ? Elle était riche d’un trésor inestimable… Celui dont peu jouissent sur terre. L’amour de certains proches, même absents. La tendresse et l’amitié vraie. Ces valeurs qui font bouger quand vient le manque. Ces idéaux, ces signes de reconnaissance qui n’appartiennent qu’à peu d’élus… Elle poursuivait sa promenade en chantonnant, le soleil lui réchauffait le cœur, les mouettes criardes se disputaient un invisible butin, au loin des enfants profitaient des vacances… Août faisait une entrée fracassante, et elle se glissait lentement au travers du temps. D’un seul coup, fière d’être elle, se moquant éperdument du jugement des autres. Ne cherchant plus à ressembler à ce qu’elle ne comprendrait jamais…
4 Août 2011 (dépôt légal en cours)
Muriel Langlet.2011 - Tous droits réservés.
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Jean DUTOURD (1920-2011) photo google
« La mission de l’écrivain, c’est de troubler les agonies. »
« La seule chose dont on soit sûr, en ce qui concerne l’avenir, c’est qu’il n’est jamais conforme aux prévisions »
Jean Dutourd, académicien, ancien résistant, a tiré sa révérence, sans bruit, nous laissant orphelin d’une langue française bafouée par la venue des langages codés de type sms.
Il alliait avec l'élégance de son savoir et la brutalité propre aux gens défendant une juste cause le respect des convenances et du savoir-vivre et faisait preuve d'une ouverture d'esprit rare chez les personnes de sa génération. Il avait la particularité de chercher à comprendre, toujours en toutes circonstances.
Pour lui l'important n'était pas les choses que l'on a à dire mais la façon dont on les dit...
Philippe Bouvard lui rend hommage en disant de lui :
« C’était le patriarche des Grosses Têtes, c’était notre bonne conscience culturelle. De temps en temps nous l’entrainions dans nos facéties, mais nous lui devons beaucoup car il a donné aux Grosses Têtes leurs lettres de noblesse".
Jean Dutourd était un homme au savoir incommensurable. Il savait toujours tout, sobrement, sans se prendre pour un être supérieur. Il savait tout simplement, avec modestie et ne détestait pas la franche rigolade, tournant en dérision certains sujets qui le méritaient. Il avait l'humeur joyeuse et même ses coups de gueule étaient justifiés...
Conseiller littéraire chez Gallimard, il a obtenu le Prix interallié en 1952 pour son roman :
« Au Bon Beurre ».
Il était entré à l'Académie en 1978, élu au fauteuil de Jacques Rueff.
Jean Dutourd aimait aussi la polémique et l'avait dévoilé dans : Henri et l'Education nationale (1983),
« Démission des parents: action consistant à donner beaucoup d'argent de poche et peu de gifles »Gaulliste convaincu il avait mis son grain de sel après l'élection de François Mitterand dans : La gauche la plus bête du monde (1985)
Il s'est éteint le 17 Janvier à l'âge de 91 ans... Ses obsèques ont eu lieu ce matin. Un grand homme nous a quitté, la littérature se retrouve orpheline, une grosse perte pour la défense de notre belle langue française, dans toute sa splendeur. Ses écrits resteront à jamais. Nous ne l'oublierons pas.
Salut l'artiste...
Il y a bien longtemps que je déserte cet endroit annexe à mon site par manque de temps justement... De nouveau je vais m'absenter longuement et çà n'est pas demain la veille que çà va changer....
La mélodie des mots est née il y a maintenant 35 ans... Avec le recul je me rend compte que les mots ont toujours cette musique qui m'enchante et me ravit. Avec toutefois un petit bémol : écrits ils ne traduisent pas toujours avec exactitude le sens qu'il faudrait qu'on leur donne... Le ton manque, l'expression corporelle aussi... Les sons n'y sont pas reproduits tout à fait de la même manière... Je me souviens d'antan lorsque nous récitions des textes et qu'il nous fallait "appuyer" sur certaines voyelles ou laisser trainer une fin de phrase pour qu'alors le sens apparaisse et donne à l'ensemble un air magique. Celui que j'aimais...
Je me sens maintenant comme une grosse boule de coton emballée dans de l'acier. De l'acier trempé, à l'abri des balles et des turpitudes de la vie. Etrange sensation de force incommensurable et de faiblesse intérieure en même temps. Faiblesse que l'on ne peut voir ou percevoir que si l'on entre dans mon cercle intime très fermé. Cette force qui me fait aller de l'avant quelques soient les circonstances ou les aléas de la vie. Et quand le renouveau se présente, éclatant de lumière et d'espoir, il est brillant et scintillant comme le diamant. Comme avant dans la prime jeunesse quand on ne sait rien de la vie et qu'elle nous apparait si simple...
A l'aube d'un nouveau jour et d'une nouvelle année, quand les douleurs restent derrière parce qu'il le faut et qu'au bout d'un certain laps de temps on finit par prendre réellement conscience de ses propres valeurs et surtout de ses propres désirs. Quand on ne laisse personne derrière puisque la vie est une formidable amie qui permet le maintient en contact de qui vaut la peine, alors tout est bonheur....
Dans moins de deux semaines c'est Noël puis la nouvelle année...
Que votre fin d'année soit aussi scintillante et prometteuse que le sera la mienne, en compagnie de gens que j'aime et qui me le rendent bien...
Maintenant n'oubliez pas ceux que vous aimez, nul besoin de cadeau pour faire plaisir car quand on aime c'est la présence qui compte le plus. Etre là pour eux, toujours et en priorité. La vie passe à la vitesse de l'éclair et rien ne permet de rattraper le temps perdu. Quand on a des projets qu'ils soient sociaux, professionnels et/ou financiers il ne faut jamais perdre de vue qu'on peut perdre quelqu'un très vite, sans s'en rendre compte et se réveiller avec l'absence. Il est alors trop tard et les regrets, les remords parfois ne servent plus à grand chose. Cette vie si précieuse qui s'éteint en quelques minutes. Et disparait...
A tous ceux qui me manquent...
Denys l'Ancien, tyran de Syracuse, vivait dans un château cerné d’une fosse et sans cesse sous la surveillance de nombreux gardes. Grand inquiet il trouva des courtisans qui devaient passer leur temps à le flatter et surtout le rassurer. Damoclès, roi des orfèvres, ne cessait de le flatter en répetant qu'il avait beaucoup de chance d'être le tyran de Syracuse. Agacé, Denys lui proposa de prendre sa place pendant un an. Au milieu du festin, Damoclès leva la tête et vit qu’une épée était suspendue au-dessus de lui, et qu'elle n’était retenue que par un crin du cheval de Denys. D'autres prétendent que cette épée était suspendue par le tyran Denys lui-même. Ainsi il montra à Damoclès que son rôle de tyran possédait deux faces, la puissance et la mort.
A notre époque on utilise cette expression pour définir une situation qui indique que désormais la personne n'a plus le droit à l'erreur. Bien entendu dans des faits importants et mettant en péril un aspect important de la vie : liberté, santé, etc... C'est en quelque sorte un dernier avertissement, une forme de sursis.
Qui suis-je?
d'où je viens?
je suis Antonin Artaud
Et que je le dise
comme je sais le dire
immédiatement
vous verrez mon corps actuel
voler en éclats
et se ramasser
sous dix mille aspects
notoires
un corps neuf
où vous ne pourrez
plus jamais
m'oublier.
Antonin Artaud (1896-1948)
Conscience de son moi profond
C'est un jeune homme qui arrive à Paris. Son désir avoué : devenir poète. Il entend par poète être un artiste complet. Très doué pour le dessin et la peinture il s'interesse également au théatre. Il mêlera intimement tous ces arts pour en faire une littérature hors du commun. Déchirante, passionnante, envôutante...
Il se mettra donc à écrire des poèmes mais verra ses oeuvres refusées par les éditeurs. Il insiste, persuadé qu'il est vital pour lui que ses oeuvres soient mises à disposition de tous. Il dira comme argument à Rivière, à qui il écrira de nombreuses correspondances :
" Je suis témoin, je suis le seul témoin de moi-même. " " Je me connais, et cela me suffit, et cela doit suffire, je me connais parce que je m’assiste, j’assiste Antonin Artaud. "
L’Ombilic des Limbes, Le Pèse-Nerfs, Fragments d’un Journal d’Enfer, peuvent être considérés comme les textes les plus denses et les plus fulgurants de leur époque, parce qu’ils sont les témoins de la difficulté à penser, de la douleur physique qui ne le quitte pas depuis qu'il a été réformé, avec tant de lucidité qu’il est peu de critiques qui aient pu s'approcher de l'essence même des oeuvres avec perspicacité. Ils sont la représentation de l'expression de Antonin Artaud lui même qui disait "quelque chose de furtif qui m’enlève les mots que j’ai trouvés, qui diminue ma tension mentale, qui détruit au fur et à mesure dans sa substance la masse de ma pensée... ". il s'y définira ainsi, montrant qu'il écrit avec tous les sens de son être " Je suis homme par mes mains et mes pieds, mon ventre, mon cœur de viande, mon estomac dont les nœuds me rejoignent à la putréfaction de la vie. "
L'oeuvre d'Antonin Artaud est une biographie permanente. Les quelques rares à lui faire confiance et à apprécier ses écrits à leur juste valeur seront visionnaires et quelques années plus tard, bien après sa mort l'écrivain fut l'objet d'un véritable mouvement de mode.
André Breton dira :
" A jamais la jeunesse reconnaîtra pour sien cet oriflamme calciné. "
Il explosa littéralement et ces manifestations de passion furent variées mais se concentrèrent principalement sur les planches. Les oeuvres complètes de l'auteur furent publiées sous le titre : "Théatre et son double" Ceci explique sans doute cela.. Cette superbe dura environ une dizaine d'années mais ce qui est surprenant est que dans la majorité des cas quand le public se détourne d'un auteur il a tendance à oublier son adoration précédente et à renier totalement l'objet de son attirance. Pour Artaud il n'en fut rien. Les strass des premiers temps éteints, il restait tout de même ce respect et cette reconnaissance qui faisait définitivement de lui un grand écrivain..
Pour lire Artaud il faut garder à l'esprit cet attachement profond qu'il se vouait à lui même. Il considérait ses propres oeuvres et créations comme les meilleures et il est fort probable qu'il ne lisait aucun autre auteur.
Ses poèmes sont d'une excellence absolue. Il faut toutefois toujours garder un certain détachement en les lisant, et prendre garde de ne pas entrer dans le personnage. Sa folie réelle se trouve sur chaque mot, chaque phrase et au détours des pages que l'on tourne elle nous observe prête à nous envahir...
Il n'est qu'à se souvenir de quelle manière il les écrivait, à l'hopital psychiatrique où il était enfermé..
Plusieurs ouvrages en même temps, quelques lignes sur chaque au hasard de ses ressentis, de ses émotions. Le tout illustré de ses dessins. Un artiste complet, un peu dingue.. De là à penser que c'est justement ce qui fait de lui un auteur d'exception il n'y a qu'un pas...
A la fin de l'année 1867 Emile Zola projette d'écrire une grande oeuvre familiale , largement inspiré par "la comédie humaine" de Balzac dont il termine la lecture. Très marqué par ses lectures il vient de terminer Thérèse Raquin, roman appuyé sur la théorie des quatre tempéraments présentée par Emile Deschanel dans "psychologie des écrivains et des artistes ou Essai de critique naturelle" paru chez Hachette en 1864, là où Zola travaille en qualité de chef de la publicité. Zola tente alors de faire des "écrits scientifiques" en appliquant au roman les bases analytiques proches de la chirurgie et de la logique mathématique. Il met en place cette analyse de la société dans laquelle il vit tant sur le plan humain que politique ou même géographique.. une bonne partie de sa propre histoire et de son expérience transparaitrons dans les ouvrages de cette fresque humaine : les Rougon-Macquart. Emile Zola est très organisé et la série de roman qu'il prépare fait l'objet d'une étude attentive et d'un "plan" qu'il suivra s'écartant très peu avant la parution, et supprimant très peu de passages qui ne seront jamais publiés... Nombre de notes sont conservées à la bibliothèque nationale. Pour la préparation de cette oeuvre, on y trouve, sans qu'il soit possible de déterminer dans quel ordre l'auteur les as utilisées : Une liste de livres dans ses réflexions liminaires, il a pris beaucoup de notes en particulier de Charles Letourneau ( physiologie des passions ) et surtout du Dr Lucas, auteur qui va avoir une importance prépondérante pour la génèse des Rougon-Macquart. Il commence par établir une liste de 10 romans, commençant par " roman initial, province" et c'est avec sa feuille de papier et sa plume qu'il réfléchit et monte son oeuvre, façon de travailler qui va devenir habituelle chez lui... Sur une autre note on trouve : " les différences entre Balzac et moi" puis des "notes générales sur la marche de l'oeuvre", "notes générales sur la nature de l'oeuvre". Là où la différence entre Zola et ses auteurs fétiches :Stendhal, les frères Goncourt, Balzac, Flaubert,... se fera la plus éclatante est que dans les Rougon-Macquart il n'écrira l'histoire que d'une seule famille. La théorie qu'a soutenu Zola et qui, personnellement, m'a le plus amusée est l'idée selon laquelle une femme serait toujours marquée par son premier amour à tel point que les enfants qu'elle aurait par la suite avec un autre homme présenteraient forcément les traits de caractère de l'amour perdu, tout autant moraux que physiques ( Nana dans l'assomoir ressemble à Lantier ( la bête humaine) le premier amant de sa mère). Le style très riche d'émile Zola, avec force détails et descriptions sous forme d'énumération, contenant des phrases très longues en font un auteur difficile à lire, non pas sur le plan littéraire où cette richesse est un atout mais sur le plan psychologique, car il est un auteur à lire à tête reposée, en ayant conscience de chaque détours du livre. Chaque lecture nous apporte un plus culturel, tant sur le plan géographique, qu'historique. Lire Zola c'est se fondre dans le XIX ème siècle, c'est assister à l'arrivée de l'electricité, c'est aller laver son linge au lavoir, c'est descendre dans les mines ou batifoler dans le salon de nana, c'est visiter les grands magasins parisiens ou souffrir en même temps que la famille de coupeau... C'est prendre conscience de la différence de rémunération entre la capitale et la province. C'est comprendre le fossé des classes sociales mais aussi les efforts de charité des "nantis" et de la grogne salariale. Cette oeuvre est la mémoire du régime issu de Louis Napoléon Bonaparte.. Son oeuvre mise en place avec tant de soins que rien n'est laissé au hasard. On n'y trouve aucun anachronisme, ce qui est très rare chez les grands auteurs. Même chez ceux qui situent les faits à leur époque.. Je vais tenter de vous présenter chaque ouvrage dans l'ordre chronologique. La fresque se compose de : La fortune des Rougon - La curée - Le ventre de Paris - La conquête de Plassans - La faute de l'abbé Mouret - Son excellence Eugène Rougon - L'Assomoir - Une page d'amour - Nana - Pot-bouille - Au bonheur des dames - La joie de vivre - Germinal - L'Oeuvre - La terre - Le rêve - La bête humaine - L'Argent - La débâcle - Le docteur Pascal
Mon souhait serait de vous donner envie de lire cette fresque humaine qui contient 20 romans, en tentant d'y attirer les plus jeunes. J'ai bien sûr une raison à cela, la voici : Alors que je suis en 6ème, déjà très attirée par les lettres, avec des notes Français frisant l'indécence, entrée au collège... Tout est nouveau, les méthodes de travail diffèrent et... plusieurs personnes doivent s'occuper des jeunes : les professeurs ayant chacun leur matière ou parfois deux tout au plus. Me voilà donc avec UN professeur de français... J'ai du mal à accepter sa façon de prononcer atone, tout autant les dictées que les poèmes. Enfin bref il n'a pas la passion et je crois que 40 ans après j'en suis toujours aussi convaincue... Ce manque de passion va, à l'époque me faire passer à côté de quelqu'un de sublime : Emile Zola. Dès les premières leçons nous est servi : Germinal, je vais haïr cet ouvrage au delà de l'acceptable, à un point qu'il ne sera jamais ouvert à la maison, moi qui passe mon temps à lire les romans et contes de Voltaire et à éplucher toute l'oeuvre de Molière, je fais une "allergie" à Zola. Ce professeur avait oublié un élément essentiel : pour capter l'attention il faut tout autant parler de l'histoire que nous conte l'auteur que de la façon dont il nous la sert. Il me semble largement plus judicieux d'intéresser son jeune public, de lui donner des repères qu'il sera capable de comprendre et d'amener dans son univers. J'en veux à cet homme car je ne découvrirai cette fresque que 15 ans plus tard... Et longtemps après je sais que ce qu'il nous en a dit était débile et inutile... Il aurait suffit d'un peu de passion, d'un peu de bonne volonté... Je précise que si je me souviens bien de cet homme c'est bel et bien qu'il fut le seul à croiser ma route.. Tous les autres professeurs, quelque soit la matière qu'ils aient enseigné ont toujours su attirer mon attention et n'ont jamais déclenché de telles réactions négatives mais il fallait que ce soit dit...
PRINCE ALPHA
C’est une histoire à raconter,
Au coin du feu, les soirs d’hiver,
Que ce loup qui se prit à aimer,
Une louve au cœur solitaire.
Quand leurs deux âmes se sont croisées,
Sans même qu’ils y prêtent attention
Leurs esprits se sont mélangés,
Venait de naître une passion.
Mais le destin traîtreusement,
Tenta des coups, des maléfices,
Et plaça insidieusement
De très grands trous, des précipices.
Sans y penser, comme par magie
Les écueils ils ont évité
Aidés par on ne sait quel esprit,
Ils ont enfin pu se trouver.
Une histoire vraie, un conte de fée,
Qui se raconte dans les chaumières
Pour prouver à l’humanité
Qu’un loup çà n’est pas sanguinaire.
Même si parfois, lors des ébats,
Lorsque leurs corps sont en émoi,
Au moment de l’ultime instant,
C’est une lutte presque un combat.
Là il est temps de les laisser
Avancer, construire leur avenir,
S’éloigner sur la pointe des pieds
Peut-être un jour pour revenir.
En attendant dans le grand bois,
Parfois même jusqu’au petit jour,
On entend le grand mâle alpha
Pousser ses hurlements d’amour.
Ecrit perso du 20 Mai 2007 ( dépôt légal )
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Danse avec les Loups
Un intermède nécessaire pour vous annoncer que, désormais, le blog rédigé sur ce site ne sera plus dédié qu'aux textes et poèsies. Un blog généraliste, ouvert ailleurs, traitera de l'ensemble des sujets qui me préoccupent, ou de tous autres dont j'ai parfois envie de parler. En suite un dernier poème perso, mon préféré bien qu'il ne soit pas le plus parfait sur le plan littéraire, loin s'en faut d'ailleurs..
Danse avec les loups comme illustration pour ce semi-départ, parce que c'est l'un de mes deux films préférés d'une part et parce que Kevin Kostner reste et restera me semble t-il mon acteur favori avec un grand F. ( on ne se refait pas lol ). Cette image a une histoire, l'histoire d'une visite de bon matin, un jour de mars il y a quelques années...
Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832)
Quelques oeuvres pêle-mêle... Un tout petit aperçu de son oeuvre gigantesque, auteur prolifique ayant plusieurs cordes à son arc. Passionné émérite qui a même découvert un os de la mâchoire. Parler de lui est difficile sans risquer d'oublier un fait important. De nombreux sites lui sont consacrés, des spécialistes, des littéraires, des artistes, des scientifiques... Goethe, der wanderer, l'homme aux multiples talents, l'homme qui a aimé la France, l'a défendue contre les siens, a aimé notre langue et lui a fait honneur...
Ganymed (1)
Wie im Morgenrot
Du rings mich anglühst,
Frühling, Geliebter !
Mit tausendfacher Liebeswonne
Sich an mein Herz drängt
Deiner ewigen Wärme
Heilig Gefühl,
Unendliche Schöne !
Daß ich dich fassen möcht’
In diesen Arm !
Ach, an deinem Busen
Lieg’ ich, schmachte,
Und deine Blumen, dein Gras
Drängen sich an mein Herz.
Du kühlst den brennenden
Durst meines Busens,
Lieblicher Morgenwind,
Ruft drein die Nachtigall
Liebend nach mir aus dem Nebeltal.
Ich komme ! ich komme !
Wohin ? Ach, wohin ?
Hinauf, Hinauf strebt’s,
Es schweben die Wolken
Abwärts, die Wolken
Neigen sich der sehnenden Liebe,
Mir, mir !
In eurem Schoße
Aufwärts,
Umfangend umfangen !
Aufwärts
An deinem Busen,
Alliebender Vater !
Sehnsucht (2)
Dies wird die letzte Trän’ nicht sein,
Die glühend Herz-auf quillet,
Das mit unsäglich-neuer Pein
Sich schmerzvermhrend stillet.
O laß doch immer hier und dort
Mich ewig Liebe fühlen,
Und möcht’ der Schmerz auch also fort
Durch Nerv und Adern wühlen.
Könnt’ ich doch ausgefüllt einmal
Von dir, o Ew’ger, werden !
Ach, diese lange tiefe Qual,
Wie dauert sie auf Erden !
Warum gabst du uns die tiefen Blicke … (3)
Warum gabst du uns die tiefen Blicke,
Unsre Zukunft ahnungsvoll zu schaun,
Unsrer Liebe, unserm Erdenglücke
Wähnend selig nimmer hinzutraun ?
Warum gabst uns, Schicksal, die Gefühle,
Uns einander in das Herz zu sehn,
Um durch all die seltenen Gewühle
Unser wahr Verhältnis auszuspähn ?
Ach, so viele tausend Menschen kennen,
Dumpf sich treibend, kaum ihr eigen Herz,
Schweben zwecklos hin und her und rennen
Hoffnungslos in unversehnem Schmerz ;
Jauchzen wieder, wenn der schnellen Freuden
Unerwart’te Morgenröte tagt.
Nur uns armen liebevollen beiden
Ist das wechselseit’ge Glück versagt,
Uns zu lieben, ohn uns zu verstehen,
In dem andern sehn, was er nie war,
Immer frisch auf Traumglück auszugehen
Und zu schwanken auch in Traumgefahr.
Glücklich, den ein leerer Traum beschäftigt !
Glücklich, dem die Ahnung eitel wär !
Jede Gegenwart und jeder Blick bekräftigt
Traum und Ahndung leider uns noch mehr.
Sag’, was will das Schicksal uns bereiten ?
Sag’, wie band es uns so rein genau ?
Ach, du warst in abgelebten Zeiten
Meine Schwester oder meine Frau ;
Kanntest jeden Zug in meinem Wesen,
Spähtest, wie die reinste Nerve klingt,
Konntest mich mit einem Blicke lesen,
Den so schwer ein sterblich Aug durchdringt.
Tropftest Mäßigung dem heißen Blute,
Richtetest den wilden irren Lauf,
Und in deinen Engelsarmen ruhte
Die zerstörte Brust sich wieder auf ;
Hieltest zauberleicht ihn angebunden
Und vergaukeltest ihm manchen Tag.
Welche Seligkeit glich jenen Wonnestunden,
Da er dankbar dir zu Füßen lag,
Fühlt’ sein Herz an deinem Herzen schwellen,
Fühlte sich in deinem Auge gut,
Alle seine Sinnen sich erhellen
Und beruhigen sein brausend Blut.
Und von allem dem schwebt ein Erinnern
Nur noch um das ungewisse Herz,
Fühlt die alte Wahrheit ewig gleich im Innern,
Und der neue Zustand wird ihm Schmerz.
Und wir scheinen uns nur halb beseelet,
Dämmernd ist um uns der hellste Tag.
Glücklich, daß das Schicksal, das uns quälet,
Uns doch nicht verändern mag.
Maifest (4)
Wie herrlich leuchtet
Mir die Natur !
Wie glänzt die Sonne !
Wie lacht die Flur !
Es dringen Blüten
Aus jedem Zweig
Und tausend Stimmen
Aus dem Gesträuch
Und Freud und Wonne
Aus jeder Brust.
O Erd’, o Sonne !
O Glück, o Lust,
O Lieb’, o Liebe,
So golden schön
Wie Morgenwolken
Auf jenen Höhn,
Du segnest herrlich
Das frische Feld -
Im Blütendampfe
Die volle Welt !
O Mädchen, Mädchen,
Wie lieb’ ich dich !
Wie blinkt dein Auge,
Wie liebst du mich !
So liebt die Lerche
Gesang und Luft,
Und Morgenblumen
Den Himmelsduft,
Wie ich dich liebe
Mit warmem Blut,
Die du mir Jugend
Und Freud’ und Mut
Zu neuen Liedern
Und Tänzen gibst.
Sei ewig glücklich,
Wie du mich liebst !
Auf dem See (5)
Und frische Nahrung, neues Blut
saug’ ich aus freier Welt ;
Wie ist Natur so hold und gut,
Die mich am Busen hält !
Die Welle wieget unsern Kahn
Im Rudertakt hinauf,
Und Berge, wolkig himmelan,
Begegnen unserm Lauf.
Aug mein Aug, was sinkst du nieder ?
Goldne Träume, kommt ihr wieder ?
Weg, du Traum, so gold du bist :
Hier auch Lieb und Leben ist.
Auf der Welle blinken
Tausend schwebende Sterne,
Weiche Nebel trinken
Rings die türmende Ferne ;
Morgenwind umflügelt
Die beschattete Bucht,
Und im See bespiegelt
Sich die reifende Frucht.
Traductions :
(1) Ganymède
Comme dans l’aurore
Ton feu me caresse,
Printemps, bien-aimé !
Par mille félicités d’amour
Se presse contre mon cœur
De ton éternelle flamme
La sainte sensation,
Beauté infinie !
Comme j'ai envie de te prendre dans ces bras,
Dans mes bras !
Ah ! contre ton sein
Etendu, je meurs,
Et tes fleurs, ton herbe
Se pressent contre mon cœur.
Tu étanches la soif
Brûlante de mon sein,
Douce brise du matin,
Le rossignol chante
Dans la vallée embrumée le chant d’amour m’appelle.
Ah ! je viens ! Ah ! je viens, mais
Où,
Où aller ?
Là-haut, plus haut encore,
Les nuages
descendent, les nuages
Se penchent vers le désir d’amour,
Vers moi, jusqu’à moi !
Dans ton sein toujours plus haut
Emportes-moi !
Embrassant embrassé !
Plus haut, plus haut,
Contre ton sein
Père tout-aimant !
(2) Désir
Ceci ne sera pas la dernière larme
Jaillissant brûlante de mon cœur
Qui dans une autre indicible torture
S’apaise en augmentant sa douleur.
Ô fais moi donc partout éternellement
Ressentir l’amour,
Même si la douleur dans mon corps et mes veines
A tout jamais doit faire rage.
Puissé-je un jour enfin, Ô Seigneur,
Etre rempli de toi !
Ah ! ce long, ce profond tourment,
Comme il dure sur cette terre !
(3) Pourquoi nous donnas-tu ce regard pénétrant...
Pourquoi nous donnas-tu ce regard pénétrant
Qui d’intuition profonde voyant notre avenir,
Ne nous laisse jamais, nous berçant d’illusions, nous fier un instant
En notre amour et terrestre bonheur ?
Pourquoi nous donnas-tu, destin, ce sentiment
Qui nous fait voir dans le cœur l’un de l’autre,
Et au travers de tant d’étranges turbulences,
Discerner et saisir notre lien véritable ?
Ah ! Tant de milliers d’hommes connaissent à peine
Dans leur agitation obscure, leur propre cœur,
Flottent sans but de çà de là, et soudain affolés
Courent sous l’aiguillon de douleurs imprévues,
Puis retrouvent le rire quand à nouveau paraît
L’aurore inattendue des plaisirs éphémères.
A nous deux seuls, malheureux pleins d’amour,
Est refusé le bonheur partagé
De nous aimer sans nous comprendre,
De voir en l’autre ce qu’il ne fut jamais,
De poursuivre sans fin des rêves de bonheur,
Pour divaguer au bord de dangers irréels.
Heureux celui qu’occupe un rêve vide !
Heureux qui de l’intuition se rirait !
Toute présence et tout regard, hélas ! donnent à nos rêves
A l’intuition force plus grande encore.
Dis-moi, quelle est sur nous l’intention du destin ?
Dis-moi, comment nous unit-il de si juste union ?
Ah ! tu fus en des temps depuis longtemps vécus,
Ma sœur, ou mon épouse.
Tu connaissais chaque trait de mon être,
Percevais le son du coeur le plus pur,
D’un seul regard tu me lisais
Moi que nul ne pénètre un œil mortel.
Au sang brûlant tu versais goutte à goutte
Un baume, tu rattrapais mon errance sauvage,
Et le repos dans tes bras amoureux
Restaurait l’être dévasté.
A la légèreté d’un fil imaginaire tu le tenais près de toi attaché,
Et dans l’enchantement faisais couler ses jours.
Quelle félicité s’égale aux heures de délices
Où, plein de gratitude, il gisait à tes pieds,
Sentait son cœur gonfler contre le tien,
Se sentant bon dans ton regard,
Sentait en lui s’éclairer tous ses sens,
Et son sang en tumulte lentement s’apaiser.
Et de tout cela ne flotte désormais qu’un souvenir
Autour du cœur troublé,
Il sent au fond de lui l’ancienne vérité éternelle et vraie,
Et l’état nouveau ne lui est que douleur.
Il nous semble n’avoir qu’âme à demi vivante,
Crépuscule pour nous est le jour le plus clair.
Heureux, que le destin qui nous tourmente
De nous changer n’ait pourtant pas pouvoir.
(4) Fête de mai
Comme resplendit
A mes yeux la nature !
Comme le soleil brille !
Comme rit la campagne !
Les fleurs jaillissent
De chaque rameau
Et mille voix
Hors des buissons
Et joie et délices
De tous les cœurs.
Ô terre, Ô soleil,
Ô bonheur, Ô plaisir
Ô amour, amour,
Splendeur dorée
Comme là-haut, sur ces collines
Les nuages du matin,
Tu bénis magnifique
Le champ verdoyant
Dans la brume de fleurs
Le monde gonflé de sève !
Ô jeune fille, jeune fille
Combien je t’aime !
Comme ton regard brille
Comme tu m’aimes !
Comme l’alouette aime
L’air et les champs,
Et les fleurs du matin
La rosée du ciel,
Ainsi je t’aime
D’un sang plein de vie,
Toi qui me donnes
Jeunesse et joie, et désir
De chants nouveaux
Et de danses nouvelles
Eternellement sois heureuse
Comme tu m’aimes.
(5) Sur le lac
Et du libre univers nourriture nouvelle
En moi j’aspire au sang neuf dans mes veines ;
Comme Nature est bienveillante et bonne
Qui me presse contre son sein !
La vague berce notre barque
Vers l’amont au rythme de ses rames,
Et les montagnes, dressées dans les nuages,
traversent notre course.
Mes yeux, mes yeux, pourquoi vous fermez-vous ?
Rêves dorés, reviendrez-vous ?
Va-t-en, rêve, si doré que tu sois ;
Ici aussi est l’amour, ici aussi la vie.
Sur la vague scintillent
Mille étoiles flottantes,
Les brumes moelleuses boivent
Les hautes masses des lointains alentour ;
La brise du matin ondule
Sur les bords de la baie ombreuse,
Et dans le lac se reflète,
Mûrissante, la moisson à venir.
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