Il y a bien longtemps que je déserte cet endroit annexe à mon site par manque de temps justement... De nouveau je vais m'absenter longuement et çà n'est pas demain la veille que çà va changer....
La mélodie des mots est née il y a maintenant 35 ans... Avec le recul je me rend compte que les mots ont toujours cette musique qui m'enchante et me ravit. Avec toutefois un petit bémol : écrits ils ne traduisent pas toujours avec exactitude le sens qu'il faudrait qu'on leur donne... Le ton manque, l'expression corporelle aussi... Les sons n'y sont pas reproduits tout à fait de la même manière... Je me souviens d'antan lorsque nous récitions des textes et qu'il nous fallait "appuyer" sur certaines voyelles ou laisser trainer une fin de phrase pour qu'alors le sens apparaisse et donne à l'ensemble un air magique. Celui que j'aimais...
Je me sens maintenant comme une grosse boule de coton emballée dans de l'acier. De l'acier trempé, à l'abri des balles et des turpitudes de la vie. Etrange sensation de force incommensurable et de faiblesse intérieure en même temps. Faiblesse que l'on ne peut voir ou percevoir que si l'on entre dans mon cercle intime très fermé. Cette force qui me fait aller de l'avant quelques soient les circonstances ou les aléas de la vie. Et quand le renouveau se présente, éclatant de lumière et d'espoir, il est brillant et scintillant comme le diamant. Comme avant dans la prime jeunesse quand on ne sait rien de la vie et qu'elle nous apparait si simple...
A l'aube d'un nouveau jour et d'une nouvelle année, quand les douleurs restent derrière parce qu'il le faut et qu'au bout d'un certain laps de temps on finit par prendre réellement conscience de ses propres valeurs et surtout de ses propres désirs. Quand on ne laisse personne derrière puisque la vie est une formidable amie qui permet le maintient en contact de qui vaut la peine, alors tout est bonheur....
Dans moins de deux semaines c'est Noël puis la nouvelle année...
Que votre fin d'année soit aussi scintillante et prometteuse que le sera la mienne, en compagnie de gens que j'aime et qui me le rendent bien...
Maintenant n'oubliez pas ceux que vous aimez, nul besoin de cadeau pour faire plaisir car quand on aime c'est la présence qui compte le plus. Etre là pour eux, toujours et en priorité. La vie passe à la vitesse de l'éclair et rien ne permet de rattraper le temps perdu. Quand on a des projets qu'ils soient sociaux, professionnels et/ou financiers il ne faut jamais perdre de vue qu'on peut perdre quelqu'un très vite, sans s'en rendre compte et se réveiller avec l'absence. Il est alors trop tard et les regrets, les remords parfois ne servent plus à grand chose. Cette vie si précieuse qui s'éteint en quelques minutes. Et disparait...
A tous ceux qui me manquent...
Les Etrennes des orphelins

La chambre est pleine d'ombre; on entend vaguement
De deux enfants le triste et doux chuchotement.
Leur front se penche, encore alourdi par le rêve,
Sous le long rideau blanc qui tremble et se soulève.
Au dehors les oiseaux se rapprochent frileux;
Leur aile s'engourdit sous le ton gris des cieux;
Et la nouvelle Année, à la suite brumeuse,
Laissant traîner les plis de sa robe neigeuse,
Sourit avec des pleurs, et chante en grelottant.
Or les petits enfants, sous le rideau flottant,
Parlent bas comme on fait dans une nuit obscure.
Ils écoutent, pensifs, comme un lointain murmure.
Ils tressaillent souvent à la claire voix d'or
Du timbre matinal, qui frappe et frappe encor
Son refrain métallique et son globe de verre.
Puis, la chambre est glacée.on voit traîner à terre,
Epars autour des lits, des vêtements de deuil:
L'âpre bise d'hiver qui se lamente au seuil
Souffle dans le logis son haleine morose!
On sent, dans tout cela, qu'il manque quelque chose.
Il n'est donc point de mère à ces petits enfants,
De mère au frais sourire, aux regards triomphants?
Elle a donc oublié, le soir, seule et penchée,
D'exciter une flamme à la cendre arrachée,
D'amonceler sur eux la laine de l'édredon
Avant de les quitter en leur criant: pardon.
Elle n'a point prévu la froideur matinale,
Ni bien fermé le seuil à la bise hivernale?.
Le rêve maternel, c'est le tiède tapis,
C'est le nid cotonneux où les enfants tapis,
Comme de beaux oiseaux que balancent les branches,
Dorment leur doux sommeil plein de visions blanches!.
Et là, c'est comme un nid sans plumes, sans chaleur,
Où les petits ont froid, ne dorment pas, ont peur;
Un nid que doit avoir glacé la bise amère.
Votre coeur l'a compris: ces enfants sont sans mère.
Plus de mère au logis! et le père est bien loin!.
Une vieille servante, alors, en a pris soin.
Les petits sont tout seuls en la maison glacée;
Orphelins de quatre ans, voilà qu'en leur pensée
S'éveille, par degrés, un souvenir riant.
C'est comme un chapelet qu'on égrène en priant:
Ah! quel beau matin, que ce matin des étrennes!
Chacun, pendant la nuit, avait rêvé des siennes
Dans quelque songe étrange où l'on voyait joujoux,
Bonbons habillés d'or, étincelants bijoux,
Tourbillonner, danser une danse sonore,
Puis fuir sous les rideaux, puis reparaître encore!
On s'éveillait matin, on se levait joyeux,
La lèvre affriandée, en se frottant les yeux.
On allait, les cheveux emmêlés sur la tête,
Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fête,
Et les petits pieds nus effleurant le plancher,
Aux portes des parents tout doucement toucher.
On entrait!. Puis alors les souhaits. en chemise,
Les baisers répétés, et la gaieté permise!
Ah! c'était si charmant, ces mots dits tant de fois!
Mais comme il est changé, le logis d'autrefois:
Un grand feu pétillait, clair, dans la cheminée,
Toute la vieille chambre était illuminée;
Et les reflets vermeils, sortis du grand foyer,
Sur les meubles vernis aimaient à tournoyer.
L'armoire était sans clefs!. sans clefs, la grande armoire!
On regardait souvent sa porte brune et noire.
Sans clefs!. c'était étrange!. on rêvait bien des fois
Aux mystères dormant entre ses flancs de bois,
Et l'on croyait ouïr, au fond de la serrure
Béante, un bruit lointain, vague et joyeux murmure.
La chambre des parents est bien vide, aujourd'hui:
Aucun reflet vermeil sous la porte n'a lui;
Il n'est point de parents, de foyer, de clefs prises:
Partant, point de baisers, point de douces surprises!
Oh! que le jour de l'an sera triste pour eux!
Et, tout pensifs, tandis que de leurs grands yeux bleus,
Silencieusement tombe une larme amère,
Ils murmurent: "Quand donc reviendra notre mère?"
Maintenant, les petits sommeillent tristement:
Vous diriez, à les voir, qu'ils pleurent en dormant,
Tant leurs yeux sont gonflés et leur souffle pénible!
Les tout petits enfants ont le coeur si sensible!
Mais l'ange des berceaux vient essuyer leurs yeux,
Et dans ce lourd sommeil met un rêve joyeux,
Un rêve si joyeux, que leur lèvre mi-close,
Souriante, semblait murmurer quelque chose.
Ils rêvent que, penchés sur leur petit bras rond,
Doux geste du réveil, ils avancent le front,
Et leur vague regard tout autour d'eux se pose.
Ils se croient endormis dans un paradis rose.
Au foyer plein d'éclairs chante gaiement le feu.
Par la fenêtre on voit là-bas un beau ciel bleu;
La nature s'éveille et de rayons s'enivre.
La terre, demie-nue, heureuse de revivre,
A des frissons de joie aux baisers du soleil.
Et dans le vieux logis tout est tiède et vermeil:
Les sombres vêtements ne jonchent plus la terre,
La bise sous le seuil a fini par se taire.
On dirait qu'une fée a passé dans cela!.
Les enfants, tout joyeux, ont jeté deux cris. Là,
Près du lit maternel, sous un beau rayon rose,
Là, sur le grand tapis, resplendit quelque chose.
Ce sont des médaillons argentés, noirs et blancs,
De la nacre et du jais aux reflets scintillants;
Des petits cadres noirs, des couronnes de verre,
Ayant trois mots gravés en or: "A NOTRE MERE!"
Arthur RIMBAUD (1854-1891)
Jean Nicolas-Arthur Rimbaud est né le 20 Octobre 1854 à Charleville-Mézières*. Très doué il noircit très jeune des pages de poésies et textes de son cru. A 16 ans il publie dans une revue ardennaise. C'est à seulement 17 ans qu'il fait son entrée dans les salons parisiens où il rencontrera Paul Verlaine. Il écrit son dernier texte à 21 ans... C'est donc sur une très courte période qu'il a réalisé l'ensemble de son oeuvre. Ensuite il prendra la direction de l'Afrique à la recherche d'un ailleurs. Il pratiquait la langue arabe, nul doute qu'il ait laissé des écrits de par le monde là où ses pas l'ont conduit... Avec Verlaine l'un de mes auteurs préférés, précurseur qui mit ses émotions en mots, qui intensifia la rime, qui sublima la langue française en faisant d'elle une mélodie... Celle des mots...
*Charleville-Mézières dans les Ardennes ( 08 ) où se trouve un superbe musée qui lui rend hommage.
Un Chant de Noël
Titre original : A Christmas Carol
Alors que Ebenezer Scrooge rentre à la maison le soir du réveillon, il tombe nez à nez avec le fantôme de Jacob Marley, son ancien associé décédé 7 ans plus tôt, qui lui annonce la visite de trois esprits de Noël : passé, présent et futur.
Arrive donc "L'Esprit du dernier Noël" qui l'emmène revivre quelques souvenirs marquants de son passé,
Puis "l' esprit du Noël présent" lui fait partager le réveillon de son commis Bob Scratchett qu'il exploite en le faisant travailler dans un local insalubre qui ressemble plus à une cave qu'à un bureau,
Viendra ensuite le troisième fantôme qui lui présagera une triste fin de vie en lui montrant "l'esprit de Noël futur.
Scrooge prendra peu à peu conscience de la pauvreté de sa vie, réalisant être passé à côté à force de vouloir trop s'enrichir en méprisant les autres. Il perçoit nettement la solitude totale qui l'attend s'il ne se remet pas en question.
Ce livre est une belle leçon de morale, sur fond d'histoire fantastique. Un conte comme Charles Dickens a toujours su les écrire. Belle plume, vocabulaire riche et style lèger. Un ouvrage à lire absolument, pour les petits ou pour les grands. Nous pouvons nous demander si scrooge aurait compris de lui-même sans ces trois spectres ? J'aime le fait que les fantômes ne font pas la morale mais montrent au vieil homme comment il s'est déjà comporté, comment le comportement qu'il a avec son commis a une incidence sur sa vie présente et ce qui risque d'advenir de lui s'il continue dans cette voie. Une prise de conscience qui amène évidemment le vilain méchant à devenir un bon vieux gentil, mais n'est-ce-pas cela aussi l'esprit d'un conte de Noël ?
"Un chant de Noël" a fait l'objet de plusieurs adaptations cinématographiques notamment "Le Drôle de Noël de Scrooge" sorti récemment.
Extraits : Citations de l'Auteur : «J'ai tenté, à travers ce petit livre plein de fantômes, de donner forme à une Idée qui ne doit en aucun cas fâcher mes lecteurs, ni les monter les uns contre les autres, ou contre la saison, ou contre moi-même. Qu'elle hante agréablement leurs maisons, et que personne ne souhaite jamais la faire disparaître.» « Si j'avais le pouvoir d'oublier, j'oublierais. Toute mémoire humaine est chargée de chagrins et de Charles DICKENS (1812-1870)
"Un jour de fête, de charité, de joie. Allumons la flambée, sortons les dindes, le gibier. la charcuterie, les châtaignes grillées, les juteuses oranges... "
troubles. »
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