Jean AMADOU
Il y a peu de temps je découvrais "Les florilèges" de ses billets d'humeur d'europe N°1. Je n'ai d'ailleurs toujours pas terminé son "Journal d'un bouffon". Un régal pour qui, comme moi, aime le bien écrit qui suit toujours le bien dit. Il y relate ses aventures sur Europe 1 sans hargne, avec délicatesse dans un français parfait. J'aime cette façon légère tout en restant sérieuse de dire leurs vérités à qui le mérite...
Jean Amadou figure emblématique des grosses têtes de Philippe Bouvard avait commencé sa carrière dans un théatre lyonnais. Dès 1958 c'est en qualité de chansonnier qu'il se produit au théatre de dix heures. C'est aux côtés de Jacques Mailhot qu'il se laisse séduire par des satires politiques sur les planches du théatre des deux ânes. France Inter, Europe 1 et RTL verront avec plaisir cet homme de savoir officier sur leurs stations.
Il ne s'arrêtera pas là et viendra mettre son grain de sel dans des émissions de télévisions très connues telles que le bébète show et tournez manège.
Il était né le 1 Octobre 1929 à Lons-le-Saunier. Il vient de nous quitter à Paris ce 23 Octobre 2011
Les mots ne suffisent pas face à une carrière aussi impressionnante. Quelques extraits en guise d'hommage. Ne serait-ce que pour entendre à nouveau cette voix distiller ce savoir incommensurable...
Salut l'Artiste...
Esprit de soi
Des reflets irisés scintillaient tout le long du chemin où la menaient ses pas. Les déplacements incessants avaient eu raison de son énergie et c’est en flânant qu’elle reprenait lentement ses esprits. Sillonnant la France dans toutes ses dimensions elle en avait vu récemment, et entendu aussi. Comme les enfants qui découvrent le mauvais côté des choses elle restait songeuse en se demandant bien comment elle avait pu vivre aussi longtemps en ignorant les perversités humaines. Pas de simples roublardises dont elle avait toujours eu conscience mais bel et bien d’ignominies latentes et universelles… Elle qui n’aspirait qu’à un idéalisme non conservateur mais emprunt d’un certain traditionalisme se trouvait soudain confrontée à des comportements que même les animaux n’adoptent pas. Cela n’altérait en rien sa propre vision des choses et de la vie mais la laissait perplexe… L’on annonçait la fin du monde depuis la nuit des temps, les prophéties s’étaient succédées et jusqu’alors rien ne permettait de prêter foi à ces élucubrations toutes plus fantaisistes les unes que les autres. Cette fois ci c’était les comportements et les réactions, associés aux modifications climatiques qui lui faisaient penser à une fin très proche. Ce peut-il que le comportement humain « moral » ait plus d’impact sur le futur que tout le reste réuni ? Elle poursuivait son chemin laissant ses pensées la déborder… Un sourire se dessina sur ses traits. Le vent marin lui balayait le visage et elle se disait que çà n’avait aucune importance. Elle se sentait unique d’un seul coup, marchant là, seule, les idées dans le désordre, l’âme légère de savoir qu’elle connaissait sur la planète les seules personnes qui lui ressemblaient… Cette idée la rassurait et lui faisait voir la vie sous un autre angle. Qu’importaient les agissements de l’ensemble de l’humanité ? Elle était riche d’un trésor inestimable… Celui dont peu jouissent sur terre. L’amour de certains proches, même absents. La tendresse et l’amitié vraie. Ces valeurs qui font bouger quand vient le manque. Ces idéaux, ces signes de reconnaissance qui n’appartiennent qu’à peu d’élus… Elle poursuivait sa promenade en chantonnant, le soleil lui réchauffait le cœur, les mouettes criardes se disputaient un invisible butin, au loin des enfants profitaient des vacances… Août faisait une entrée fracassante, et elle se glissait lentement au travers du temps. D’un seul coup, fière d’être elle, se moquant éperdument du jugement des autres. Ne cherchant plus à ressembler à ce qu’elle ne comprendrait jamais…
4 Août 2011 (dépôt légal en cours)
Muriel Langlet.2011 - Tous droits réservés.
Propriété intellectuelle. Toute reproduction même partielle, toute copie, modification ou utilisation même à des fins privées est strictement interdite sans mon consentement écrit.
"Une rencontre entre un vertige fascinant et la magie de la vision qui s'affine, un pinceau, une toile, des couleurs ! Et l'éveil : celui de ma perception. Et mon histoire commence ! J'embarque pour un univers merveilleux... Celui de la liberté. Aujourd'hui je vous invite à la partager avec moi. Venez me donner vos impressions et vos conseils car il me faut encore grandir." Pierre Michel BILLON
Pierre Michel Billon est né le 15 Novembre 1978 à Paris 16ème. C'est un soir, alors que sa maman dessinatrice a délaissé son oeuvre qu'il "touche" l'art pour la toute première fois. Alors que celle ci s'est absentée il se risque à finir le dessin commencé... Le virus vient de le toucher de plein fouet. Lui qui ignorait ce don inné, va alors se prendre au jeu et aller encore plus loin.
Pierre Michel me dira : Les clowns sont pour moi une passion. L'univers du cirque donne à la vie cette dérision nécessaire. C'est une partie de moi que je retranscris dans mes oeuvres, la manière dont je perçois le monde et la vie au quotidien...
J'ai aimé cette délicatesse dans le tracé, cette émotion qui traverse l'oeuvre et vient nous parler de l'artiste. Quand on regarde une de ses toiles on l'imagine en train de peindre, dans le calme, concentré sur son art. Pierre Michel est d'un naturel calme et pondéré. Très organisé aussi, son book est impressionnant. Un de ces artistes qui méritent d'être connus et reconnus. Plus que des mots voici un très bref aperçu de quelques unes de ses oeuvres que j'ai eu le privilège de découvrir...
Il se raconte avec tendresse, toujours à l'écoute de qui se trouve à ses côtés. D'un naturel avenant tout en restant discret, il nous invite dans son monde avec la candeur de sa passion. Il peint des clowns mais pas seulement... Son âme l'emmène là où vous souhaitez la guider et il peint sur commande imprégné de vos envies...
Si vous souhaitez en savoir plus sur cet artiste vous pouvez me contacter ici, je lui transmettrai vos coordonnées. Pierre Michel est également sur facebook.
Merci à toi Pierre Mi pour ces bons moments passés et à très bientôt se voir. J'ai hâte de découvrir tes dernières créations :)
NDLA : tous droits réservés 2011
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Jean DUTOURD (1920-2011) photo google
« La mission de l’écrivain, c’est de troubler les agonies. »
« La seule chose dont on soit sûr, en ce qui concerne l’avenir, c’est qu’il n’est jamais conforme aux prévisions »
Jean Dutourd, académicien, ancien résistant, a tiré sa révérence, sans bruit, nous laissant orphelin d’une langue française bafouée par la venue des langages codés de type sms.
Il alliait avec l'élégance de son savoir et la brutalité propre aux gens défendant une juste cause le respect des convenances et du savoir-vivre et faisait preuve d'une ouverture d'esprit rare chez les personnes de sa génération. Il avait la particularité de chercher à comprendre, toujours en toutes circonstances.
Pour lui l'important n'était pas les choses que l'on a à dire mais la façon dont on les dit...
Philippe Bouvard lui rend hommage en disant de lui :
« C’était le patriarche des Grosses Têtes, c’était notre bonne conscience culturelle. De temps en temps nous l’entrainions dans nos facéties, mais nous lui devons beaucoup car il a donné aux Grosses Têtes leurs lettres de noblesse".
Jean Dutourd était un homme au savoir incommensurable. Il savait toujours tout, sobrement, sans se prendre pour un être supérieur. Il savait tout simplement, avec modestie et ne détestait pas la franche rigolade, tournant en dérision certains sujets qui le méritaient. Il avait l'humeur joyeuse et même ses coups de gueule étaient justifiés...
Conseiller littéraire chez Gallimard, il a obtenu le Prix interallié en 1952 pour son roman :
« Au Bon Beurre ».
Il était entré à l'Académie en 1978, élu au fauteuil de Jacques Rueff.
Jean Dutourd aimait aussi la polémique et l'avait dévoilé dans : Henri et l'Education nationale (1983),
« Démission des parents: action consistant à donner beaucoup d'argent de poche et peu de gifles »Gaulliste convaincu il avait mis son grain de sel après l'élection de François Mitterand dans : La gauche la plus bête du monde (1985)
Il s'est éteint le 17 Janvier à l'âge de 91 ans... Ses obsèques ont eu lieu ce matin. Un grand homme nous a quitté, la littérature se retrouve orpheline, une grosse perte pour la défense de notre belle langue française, dans toute sa splendeur. Ses écrits resteront à jamais. Nous ne l'oublierons pas.
Salut l'artiste...
Un envol de sansonnets signe l'arrivée prochaine de l'hiver. Les oiseaux se rassemblent et se préparent en gazouillant, à la grande migration nécessaire et salvatrice. L'éte indien se prolonge et le soleil d'arrière saison darde la terre de ses rayons bienfaiteurs. Elle reste là, pensive, savourant elle aussi ces instants que la nature distille avant de se mettre au repos et laisser les premiers frimas s'installer jusqu'au printemps. Elle pense sans s'arrêter sur un sujet,, allant de l'un à l'autre, sans nostalgie ni regrets. Parfois elle jette un oeil sur le chemin aimé, celui de son espoir passé. Il est bordé de chaque côté de végétation rougeoyante, sur son tracé les feuilles tombées jonchent le sol et lui donnent un air particulièrement suave. Elle revoit la porte, qu'elle avait laissé ouverte jadis et qu'elle a brusquement fermé, mettant un terme à son interminable attente. Comme par magie elle s'était réveillée de ce long rêve, où elle ne vivait pas vraiment.. Ce rêve qui la projettait dans un avenir qu'elle voyait rose mais qu'elle était seule à voir. Une voie sans issue parce que trop loin, trop tard aussi. Chaque chose en son temps dit le proverbe, elle ne croyait pas trop à celui ci et pourtant les évènements lui avaient donné raison. Oh non pas qu'elle n'avait plus de coeur, ni même qu'il ne vibrait plus, non, simplement elle avait décidé de ne plus l'écouter, de l'étouffer sous une cohorte de protections impénétrables rendant ainsi les chagrins sinon impossibles du moins extrèmement rares. Là haut la pleine lune se voyait déjà, malgré l'heure précoce. Le soleil et elle se partageaient chacun un bout de ciel, les nuages s'étiraient comme de gros morceaux de coton effiloché et l'ensemble avait des reflets irisés de toute beauté faisant oublier le jour et l'heure et laissant sa spectatrice subjuguée. Chaque mois désormais elle se tournera vers cette lune toute ronde, sans douleur, signe d'un passé heureux, emprunt d'un lendemain possible, peinte aux couleur de la vie. Nul ne sait jamais de quoi demain sera fait mais certains moments, certains instants même courts, même très brefs laissent une empreinte qui ne s'efface pas. Comme un rappel de joie, comme un post-it que l'on place sur son coeur et qui nous ramène immanquablement vers eux. Une abeille allait de fleur en fleur, s'activant à mille tâches à finir avec le froid qui ne tarderait pas à s'intensifier. Les fourmis faisaient le même manège inlassablement, ne se préoccupant pas de ce qui les entourent, sans fatigue, avec la même ardeur constante, comme de fières travailleuses utiles et indispensables qu'elles sont. Elle se leva, engourdie de tant de merveilles que l'on ne remarque que lorsque l'on se pose, calmement, laissant le temps glisser simplement sans heurt. Elle secoua prestement sa jupe sur laquelle les miettes de brioche qu'elle avait pris pour les oiseaux s'étaient accumulés et descendit les quelques marches jusqu'à la porte. Un sourire aux lèvres en pensant aux nuits blanches, un sourire vers l'avenir, vers un demain plus en phase avec ses souhaits. Maintenant que le plus dur était fait il ne restait plus qu'à mettre la pierre à l'édifice de ses décisions qui la mènerait vers le bonheur, celui qu'elle avait longtemps attendu et qui s'était présenté sobrement ce jeudi là sans que rien ne laisse présager une telle tournure des évènements.
Ecrit le 10 Octobre 2010 (Dépôt légal en cours)
Muriel Langlet.2010 - Tous droits réservés.
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A la fin de l'année 1867 Emile Zola projette d'écrire une grande oeuvre familiale , largement inspiré par "la comédie humaine" de Balzac dont il termine la lecture. Très marqué par ses lectures il vient de terminer Thérèse Raquin, roman appuyé sur la théorie des quatre tempéraments présentée par Emile Deschanel dans "psychologie des écrivains et des artistes ou Essai de critique naturelle" paru chez Hachette en 1864, là où Zola travaille en qualité de chef de la publicité. Zola tente alors de faire des "écrits scientifiques" en appliquant au roman les bases analytiques proches de la chirurgie et de la logique mathématique. Il met en place cette analyse de la société dans laquelle il vit tant sur le plan humain que politique ou même géographique.. une bonne partie de sa propre histoire et de son expérience transparaitrons dans les ouvrages de cette fresque humaine : les Rougon-Macquart. Emile Zola est très organisé et la série de roman qu'il prépare fait l'objet d'une étude attentive et d'un "plan" qu'il suivra s'écartant très peu avant la parution, et supprimant très peu de passages qui ne seront jamais publiés... Nombre de notes sont conservées à la bibliothèque nationale. Pour la préparation de cette oeuvre, on y trouve, sans qu'il soit possible de déterminer dans quel ordre l'auteur les as utilisées : Une liste de livres dans ses réflexions liminaires, il a pris beaucoup de notes en particulier de Charles Letourneau ( physiologie des passions ) et surtout du Dr Lucas, auteur qui va avoir une importance prépondérante pour la génèse des Rougon-Macquart. Il commence par établir une liste de 10 romans, commençant par " roman initial, province" et c'est avec sa feuille de papier et sa plume qu'il réfléchit et monte son oeuvre, façon de travailler qui va devenir habituelle chez lui... Sur une autre note on trouve : " les différences entre Balzac et moi" puis des "notes générales sur la marche de l'oeuvre", "notes générales sur la nature de l'oeuvre". Là où la différence entre Zola et ses auteurs fétiches :Stendhal, les frères Goncourt, Balzac, Flaubert,... se fera la plus éclatante est que dans les Rougon-Macquart il n'écrira l'histoire que d'une seule famille. La théorie qu'a soutenu Zola et qui, personnellement, m'a le plus amusée est l'idée selon laquelle une femme serait toujours marquée par son premier amour à tel point que les enfants qu'elle aurait par la suite avec un autre homme présenteraient forcément les traits de caractère de l'amour perdu, tout autant moraux que physiques ( Nana dans l'assomoir ressemble à Lantier ( la bête humaine) le premier amant de sa mère). Le style très riche d'émile Zola, avec force détails et descriptions sous forme d'énumération, contenant des phrases très longues en font un auteur difficile à lire, non pas sur le plan littéraire où cette richesse est un atout mais sur le plan psychologique, car il est un auteur à lire à tête reposée, en ayant conscience de chaque détours du livre. Chaque lecture nous apporte un plus culturel, tant sur le plan géographique, qu'historique. Lire Zola c'est se fondre dans le XIX ème siècle, c'est assister à l'arrivée de l'electricité, c'est aller laver son linge au lavoir, c'est descendre dans les mines ou batifoler dans le salon de nana, c'est visiter les grands magasins parisiens ou souffrir en même temps que la famille de coupeau... C'est prendre conscience de la différence de rémunération entre la capitale et la province. C'est comprendre le fossé des classes sociales mais aussi les efforts de charité des "nantis" et de la grogne salariale. Cette oeuvre est la mémoire du régime issu de Louis Napoléon Bonaparte.. Son oeuvre mise en place avec tant de soins que rien n'est laissé au hasard. On n'y trouve aucun anachronisme, ce qui est très rare chez les grands auteurs. Même chez ceux qui situent les faits à leur époque.. Je vais tenter de vous présenter chaque ouvrage dans l'ordre chronologique. La fresque se compose de : La fortune des Rougon - La curée - Le ventre de Paris - La conquête de Plassans - La faute de l'abbé Mouret - Son excellence Eugène Rougon - L'Assomoir - Une page d'amour - Nana - Pot-bouille - Au bonheur des dames - La joie de vivre - Germinal - L'Oeuvre - La terre - Le rêve - La bête humaine - L'Argent - La débâcle - Le docteur Pascal
Mon souhait serait de vous donner envie de lire cette fresque humaine qui contient 20 romans, en tentant d'y attirer les plus jeunes. J'ai bien sûr une raison à cela, la voici : Alors que je suis en 6ème, déjà très attirée par les lettres, avec des notes Français frisant l'indécence, entrée au collège... Tout est nouveau, les méthodes de travail diffèrent et... plusieurs personnes doivent s'occuper des jeunes : les professeurs ayant chacun leur matière ou parfois deux tout au plus. Me voilà donc avec UN professeur de français... J'ai du mal à accepter sa façon de prononcer atone, tout autant les dictées que les poèmes. Enfin bref il n'a pas la passion et je crois que 40 ans après j'en suis toujours aussi convaincue... Ce manque de passion va, à l'époque me faire passer à côté de quelqu'un de sublime : Emile Zola. Dès les premières leçons nous est servi : Germinal, je vais haïr cet ouvrage au delà de l'acceptable, à un point qu'il ne sera jamais ouvert à la maison, moi qui passe mon temps à lire les romans et contes de Voltaire et à éplucher toute l'oeuvre de Molière, je fais une "allergie" à Zola. Ce professeur avait oublié un élément essentiel : pour capter l'attention il faut tout autant parler de l'histoire que nous conte l'auteur que de la façon dont il nous la sert. Il me semble largement plus judicieux d'intéresser son jeune public, de lui donner des repères qu'il sera capable de comprendre et d'amener dans son univers. J'en veux à cet homme car je ne découvrirai cette fresque que 15 ans plus tard... Et longtemps après je sais que ce qu'il nous en a dit était débile et inutile... Il aurait suffit d'un peu de passion, d'un peu de bonne volonté... Je précise que si je me souviens bien de cet homme c'est bel et bien qu'il fut le seul à croiser ma route.. Tous les autres professeurs, quelque soit la matière qu'ils aient enseigné ont toujours su attirer mon attention et n'ont jamais déclenché de telles réactions négatives mais il fallait que ce soit dit...
PRINCE ALPHA
C’est une histoire à raconter,
Au coin du feu, les soirs d’hiver,
Que ce loup qui se prit à aimer,
Une louve au cœur solitaire.
Quand leurs deux âmes se sont croisées,
Sans même qu’ils y prêtent attention
Leurs esprits se sont mélangés,
Venait de naître une passion.
Mais le destin traîtreusement,
Tenta des coups, des maléfices,
Et plaça insidieusement
De très grands trous, des précipices.
Sans y penser, comme par magie
Les écueils ils ont évité
Aidés par on ne sait quel esprit,
Ils ont enfin pu se trouver.
Une histoire vraie, un conte de fée,
Qui se raconte dans les chaumières
Pour prouver à l’humanité
Qu’un loup çà n’est pas sanguinaire.
Même si parfois, lors des ébats,
Lorsque leurs corps sont en émoi,
Au moment de l’ultime instant,
C’est une lutte presque un combat.
Là il est temps de les laisser
Avancer, construire leur avenir,
S’éloigner sur la pointe des pieds
Peut-être un jour pour revenir.
En attendant dans le grand bois,
Parfois même jusqu’au petit jour,
On entend le grand mâle alpha
Pousser ses hurlements d’amour.
Ecrit perso du 20 Mai 2007 ( dépôt légal )
Muriel Alexandre Langlet 2007-2010 - Tous droits réservés.
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Les mois se suivent, et ne se ressemblent pas et c'est heureux qu'il en soit ainsi... Au fil du temps qui passe et dont on n'a conscience qu'après coup, on engrange une foule d'expériences qui, quelles qu'elles soient, nous sont profitables, pour éviter les ecueils identiques, qui se présentent et que l'on reconnait, ou pour en négocier de nouveaux, que nous devons étudier, souvent un certain temps avant de les aborder pour les franchir aisément. Le plus aisément possible en tous cas... Il y a de cela quelques mois, certains me semblaient l'himalaya, j'ai compris depuis que chacun n'est qu'un infime caillou, ils sont plusieurs collés les uns aux autres et c'est individuellement qu'il faut les égrenner pour en venir à bout. Il en est de même des objectifs, des projets, des rêves aussi... Ils changent, évoluent, se modifient au hasard des évènements qui se présentent. On les adapte au comportement de notre entourage, pour finalement prendre conscience qu'ils sont nôtres à part entière, et ne meurent pas même si d'autres choses s'éteignent et disparaissent... C'est la force de penser, la force d'avancer qui nous stimule et nous donne un autre regard, une autre façon de réagir et d'agir. Cette conscience qui est notre moi profond, ensoleille les recoins que l'on croyait trop sombres, illumine notre vie de nouveaux idéaux, ou de nouvelles perspectives alors même que celles en cours ne sont pas encore atteintes, bien que l'on sache l'issue à l'avance. L'intuition est un élément fondamental dans la progression, elle est là en nous, nous guide et nous envoie des signaux que nous percevons immédiatement mais ne comprenons et ne pouvons analyser, bien souvent, que beaucoup plus tard à la lumière d'un futur devenu passé... La conviction que le cheminement qui s'est enclanché est le bon puisque l'on a senti longtemps avant que c'est ainsi que cela se produirait, que cela avancerait, éclairé par le savoir, le ressenti qui a été présent et très fort pour en faire une certitude.. Philosophie intérieure, analyse personnelle et laissé glisser de quelques pensées éparses, qui ne s'entrechoquent pas, mais se complètent... Bientôt un témoignage, celui du cheminement d'une volonté sans faille, d'un vouloir absolu, que rien n'a su entamer ou diminuer pas même la plus belle chose au monde, pas même le risque de sa perte annoncée. La force de la conviction que l'on doit faire pour soi ce qui est bon, uniquement pour soi, pour que jamais aucun regret, quand la fin sera proche, ne vienne entacher une vie bien remplie et dont il reste encore tant de pages à écrire... Peut-être un idéalisme total, dont l'écho n'est pas revenu dans son intégralité, marquant des blancs troublants, des vides trop grands à combler ou bien est-ce là encore la volonté de croire que c'est ainsi que çà doit être et donc ainsi que cela sera ? J'ai déjà eu à maintes reprises ces questions fondamentales qui se sont présentées. Elles ne me restent pas à l'esprit parce que justement aujourd'hui j'ai compris une chose essentielle : j'ai une force de caractère hors du commun, j'encaisse en peu de temps ce que d'aucuns mettent des années à digérer. Est-ce une nature ? ou plutôt une façon de s'être aguerrie ? Sans doute un peu des deux je pense... Parfois çà peut sembler effrayant, inquiètant. Comme si les évènements ne faisaient que m'effleurer, juste du bout de l'âme, juste un tout petit peu.. Et aussitôt est mis en évidence l'aspect positif, le bon côté car quelques soient les drames ou les joies que nous vivons il y a toujours deux facettes opposées; la noire et la blanche, la claire et la sombre, la bonne et la mauvaise... Il suffit de gérer le négatif en premier et il reste beaucoup de temps pour prendre en compte tout le côté positif de tout moment de la vie... C'est la vie, elle est ainsi faite, cette force qui se dégage apporte aussi autour de soi, l'on recherche notre compagnie principalement pour ce trait de caractère... Quelques phrases reçues ces quelques derniers jours ont pris un sens différent, sont devenues évidentes... Ne pas être comme tout le monde n'est pas toujours péjoratif, tout dépend de l'interprétation que l'on en fait. Je ne l'avais jamais perçu sous cet angle... A l'aube d'un demain qui va être tout ou rien... La dernière chance en quelque sorte, dernière tentative, puisque dame nature n'acceptera pas plus qu'elle n'a déjà bien voulu supporter, mais toujours la force et la conviction d'avoir fait le bon choix...
Pensées intimes le 29 Juin 2010
Une foule d'émotions et de sentiments se bousculent, de moments de joie en moments de désespoir. De ceux où le laisser aller domine à ceux où l'énergie déborde de toutes parts... Tantôt rien ne sort et le papier reste vierge, sans forcer, inutile de vouloir les extirper, çà n'est pas le bon instant, pas encore, pas tout de suite... Soudain, sans y prendre garde, le papier est là et le stylo de lui même enchaine à une vitesse impressionnante les idées qui sortent à un débit vertigineux, les phrases se mettent alors en place toutes seules, sans aucun effort, nul besoin d'avoir conscience de ce qui se profile, nul besoin de rectifier ou modifier quoi que ce soit... çà coule comme un torrent limpide et çà se construit sans douleur... Rien ne peut laisser présager quel sujet sera dominant, sortie d'une période de doutes intenses et le texte pourra être très noir comme il pourra rayonner de mille feux braqués vers l'espoir et l'avenir... Souvent, toutefois il y a un rapport avec le vécu, pas forcément récent... Tout dépend du temps de rétention... Les émotions négatives, les chagrins, les douleurs sont les plus difficiles à exprimer et mettent souvent un temps retard dans l'expression pour s'exorciser quand le soleil brille de nouveau... Curieuse étude que cette auto-analyse de l'expression. Les dates systématiquement indiquées en sont la meilleure référence... Combien de temps après un évènement ? aucune relation d'un vécu à l'autre... Une joie, un bonheur verra son expression presque instantanément, voire au moment même où cela se produit... A l'intérieur c'est l'explosion et le portable et son bloc-notes deviennent très précieux pour ne rien perdre de ce qu'il est nécessaire de conserver. C'est un besoin bien plus qu'un travail... Comme une force vitale qui a besoin de sortir tout autant que la lave sort du volcan au moment de l'éruption... On imagine souvent un effort laborieux, des ratures, des rectifications de toutes sortes.. de longues heures pour rédiger un texte, parfois même des reprises et de nombreuses remises en question mais en réalité il n'en est rien.. la plupart des nouvelles courtes prennent à peine dix minutes tant le flot est intense. Les textes, pour les plus longs n'ont jamais été sur plus d'une semaine... Je parle bien entendu de création pas d'execution pour une autre personne qui demande une appropriation et une plongée dans le vécu de quelqu'un d'autre. Tout aussi passionnant, plutôt vécu du côté "travail" que du côté "thérapie" perso cependant... Pas la même approche, pas la même façon de réaliser l'écrit. Plus reposant d'une certaine façon tout en étant moins purgatif.. Pas simple à expliquer ce qu'est la maladie de l'écriture... Est-ce pour transmettre quelque chose à autrui ? Que nenni ! même pas... Juste le besoin d'exprimer à huis clos comme çà tout de suite, de manière impérieuse presque vitale une tranche de vie, un moment ou une fiction sortie de l'imaginaire... Une idée qui germe et sur laquelle va se greffer toutes sortes de situations dont certaines seront issues du vécu du rédacteur... La rédaction d'un livre est plus complexe, naît d'abord l'idée, puis l'atmosphère qui se construit, il faut à ce stade construire une trame avec les personnages, les lieux et les grands évènements pour ne pas construire quelque chose de fouillis ou d'ingeste par trop de répétitions qui ne manqueraient pas de se produire sans cette mise en place préalable. Ce guide de la pensée. Ce travail effectué avec soin permettra ensuite d'écrire à "l'instinct" de la même manière qu'on écrit les nouvelles en procédant par chapitres et en laissant germer les idées nouvelles au fur et à mesure que l'ouvrage avance et selon que l'on soit satisfait du résultat, si la tonalité que l'on veut transmettre est présente... Il est inutile de préciser que l'on ne rédige pas un courrier administratif de cette façon là... Là il est question de rigueur, et l'on établit un courrier qui doit être clair et concis et dont toute émotion doit être parfaitement absente...
Pensée et expression de l'expression écrite justement, la plus noble..Je crée personnellement avec une feuille et un stylo ou n'importe où avec mon portable à qui je confie une foule de petites choses qui naissent en des lieux parfois incongrus. Quand çà me prend. Les poésies sont presque toutes construites ainsi...
En illustration deux dessins de Luis Royo, mon artiste préféré.
Oeuvres sous copyright et protégées par les droits d'auteurs.
La Messagère
Elle se réveille en sursaut en cette mi-avril, il fait toujours nuit et elle cherche fébrilement de la main la présence rassurante qui a bercé ses nuits des années durant... Les brumes du sommeil s'estompent et elle se souvient alors... La solitude, sa compagne privilégiée, devenue son quotidien, lui revient en mémoire. Une larme roule doucement le long de sa joue, elle restera unique, il n'en reste plus suffisamment pour apaiser sa souffrance et malgré l'heure très matinale elle se lève, bien décidée à ne pas se laisser gagner par le passé, qui fait d'elle un pantin gonflé d'émotions négatives... Une sensation particulière l'a assaillie alors qu'elle était encore à demi-consciente. Cà n'était pas un cauchemar qui l'avait tirée de sa torpeur mais une présence, elle en était sûre. Une vision floue lui était apparue brièvement et c'est de manière imprécise qu'elle tentait de se remémorer les traits inconnus... Qui était-elle donc ? Et quel message pouvait-elle bien chercher à lui transmettre ? Elle n'avait rien laissé de concret, juste des émotions, des images, une forme de communication codée... La jeune-fille de la nuit était déjà venue lui rendre visite au cours des mois précédents mais rien ne laissait penser à une visite volontaire; un rêve plutôt et elle n'avait pas songé une seule seconde qu'il pouvait s'agir d'une messagère accomplissant une mission qui semblait lui tenir à coeur, compte tenu de son insistance et de la fréquence de ses apparitions. Ce matin elle avait été plus insistante qu'à l'ordinaire et en sirotant son café elle ne pouvait s'empêcher d'y penser comme si leurs âmes avaient communiqué, à son insu... Une foule de questions se pressaient... Depuis quelques temps il lui arrivait nombre de visions et sensations de cet ordre et elle ne voyait pas quel rapport ils pouvaient avoir entre eux. Tout avait réellement commencé au lendemain de son veuvage, après que les démarches et accomplissements douloureux aient été terminés... Il lui était alors apparu heureux et confiant. Pour la première fois "elle" était à ses côtés et ils semblaient rayonner comme pour dire qu'il fallait trouver la sérénité et que désormais, plus rien ne s'opposait à un avenir radieux. Elle sortait toujours très fatiguée lorsque ses pensées étaient envahies de la sorte. Elle ne parvenait toujours pas à comprendre la signification de ce qu'ils tentaient de lui insuffler. Inquiète pour son équilibre mental elle en avait même parlé au thérapeute qui la suivait depuis le suicide de son mari. Celui ci comportementaliste croyait plus en une façon d'intégrer la mort de manière constructive au quotidien qu'à de réelles visites d'entités durant son sommeil. Il était satisfait de voir l'évolution positive et le déni de responsabilité que cela entraine, responsabilité engendrée par de tels drames au sein des familles... Au lendemain des obsèques il était donc accompagné mais aucune visualisation n'avait été possible. Il n'était pas seul mais aucune réalité vraie n'était près de lui. Ce matin là dans sa fin de sommeil, c'est elle, qui lui était apparue, seule... Au premier abord çà ne pouvait être en relation avec aucun fait de sa vie actuelle. Elle ne voyait aucun rapport de près ou de loin.. Un an après pourquoi cette personne revenait-elle lui parler ? Qu'avait-elle donc à lui dire ? Cette fois ci elle n'en parlera à personne, elle gardera pour elle, inutile d'inquièter et de risquer de passer pour une folle. Convaincue que certaines âmes continuent d'errer autour de ceux qu'ils ont aimé et qui les ont aimés jusqu'à ce que, apaisés, ils puissent rejoindre ceux partis avant eux; quand le message qu'ils veulent transmettre est passé, quand l'amour et la vie ont repris leurs droits... Peut-être est-ce aussi le fait d'y croire qui les provoque ? Peut-être n'ont-ils aucune réalité que dans l'esprit de celui ou celle qui les vit ? Elle ne souhaitait pas un débat d'idées, elle croyait ce qu'elle ressentait, elle n'avait aucun doute et la seule question qui se posait à elle était ce "pourquoi ?" auquel elle ne trouvait aucune réponse raisonnable. Il était venu la voir seul, puis très vite un nuage l'accompagnait comme l'ayant attendu et accueilli à son arrivée, et elle, dans son grand lit froid, même si cette idée la réconfortait, ne comprenait rien à ce qui se passait... Aujourd'hui, jour du premier anniversaire de ce départ brutal, une commémoration difficile et les images revenaient comme semblant toujours vivantes et attendant d'elle une action précise.. Un évènement qui ne venait pas, elle envisageait presque une attente de leur part à tous deux, se disait que peut-être l'attendaient-ils elle ? Serait-ce le moment pour elle aussi de faire le grand voyage ? Celui d'où l'on ne revient pas ? Une année entière s'était écoulée, qu'elle n'avait pas vu passer, les yeux rivés en arrière, refusant de voir les choses, n'acceptant pas l'inacceptable. Et ce matin, en ce jour particulier "elle" était revenue, lui répéter inlassablement la même chose, sans mots, juste avec le coeur, là d'où viennent les mots les plus purs, ceux que l'on n'écrit pas mais que l'on transmet par la pensée avec son âme.. Sauf que ces mots là n'avaient aucun sens pour elle. La jeune-fille insistait mais elle ne savait quoi faire.. Soudain en fin de journée, alors qu'elle ressassait ses songes en boucle, elle imagina que sans doute la défunte avait laissé quelqu'un derrière elle... Un enfant peut-être ?... Dans ce cas souhaitait-elle qu'elle le retrouve ? son voeu était-il qu'elle entre en contact avec un vivant ? Pour lui transmettre un message ? Ses yeux semblaient dire : trouves-le ou quelque chose de similaire... trouves-le ? De qui s'agissait-il ? Aurait-elle un jour la réponse à sa question ?
Ecrit perso du 16/04/2009 ( dépôt légal )
Muriel Langlet .2010
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