Province

Son excellence Eugène Rougon - Emile Zola -

Son excellence Eugène Rougon

 

Ce tome est le sixième ouvrage de la saga des Rougon-Macquart. Ouvrage à la fois frais et enlevé où Zola de nouveau s'écarte du shéma classique propre au naturalisme. Il est le roman de la solidarité intéressée. On se trouve en pleine intrigue constante, répétée dans un but inavoué : conserver ses acquis en favorisant ceux des amis qui peuvent servir nos intérêts. Difficile de raconter cet opus puisqu'aucune véritable histoire ne ressort et nous reste à la fin une sensation confuse de chuchotements, de coups en douce, presque de pitié parfois...  Très gai à lire, plus souple. Pourtant le style Zola est là et bien là avec plus de légèreté dans sa lecture. Un chef-d'oeuvre.

Eugène Rougon, un ancien avocat provincial décide de démissionner de la présidence du conseil d'état pour aller défricher des terres dans les landes, sa nouvelle marotte. Ses amis s'inquiètent de cette décision qui les met dans l'embarras. Clorinde, qui fut amoureuse de lui et qu'Eugène avait repoussé, mène la lutte pour le faire changer d'avis. Ils utiliseront toutes les manigances pour parvenir à leurs fins.

La curée d'Emile Zola

La curée

 

Avec ce second ouvrage Zola met le doigt de façon plus incisive sur les relations Rougon et Macquart et sur les influences croisées, de même que sur la prépondérance de la transmission des caractéristiques de l'aïeule Adélaïde. Ainsi, Aristide le fils de Pierre Rougon développe t-il les vices de Macquart, le bandit, l'homme des chemins sans foi ni loi. Aristide veuf de sa première femme qui lui a donné deux enfants : Clotilde et Maxime décide de monter à Paris. Sa soeur Sidonie lui permettra de rencontrer Renée Béraud du Chatel, riche jeune-fille qui lui apporte argent et terrains. Terrains qui lui offriront l'opportunité de se lancer dans les spéculations immobilières, relancée par les travaux d'Haussmann. Il compte acheter à faible coût des terrains qu'il revendra à la ville de Paris, ayant eu vent des gigantesques projets encore sur plans. Il échangera alors son nom de Rougon contre celui de Saccard pour prouver qu'il a l'intention de mettre à sac le marché et se remplir ainsi les poches. Il réussira mais à cause de son train de vie et ses dépenses énormes et inconsidérées il n'obtiendra pas le résultat escompté à la fin...

Renée s'ennuie  à mourir et n'a pour tout intérêt que sa serre. Maxime rejoint son père  à Paris et Renée tombe amoureuse de lui. Bien qu'elle ait plusieurs amants elle continue de s'ennuyer tant si et bien qu'en devenant la maitresse de Maxime elle commettra l'inceste. Dans le même temps Aristide connait ses premiers déboires financiers et il songe alors à escroquer sa femme pour se refaire. C'est lors d'une fête qu'il découvrira l'infidélité de sa femme et l'infâmie de son fils. Maxime qui s'est fiancé entre temps quitte Renée. La famille éclate et la débâcle financière se confirme. Renée mourra peu de temps après le mariage de Maxime.

 La curée comme son nom l'indique est l'épreuve de force. La montée en puissance par tous les moyens même les plus vils et les plus bas. On y trouve aussi un fond de morale latente en voyant Saccard se débattre dans les soucis financiers. Finances qui ne lui appartiennent pas et qu'il dilapidera dans des spéculations hasardeuses et un train de vie trop élevé. La curée c'est aussi la douleur de Renée, son ennui perpétuel. L'impression de fragilité et de faiblesse qu'on sent en elle sauf face  à Maxime où c'est elle qui dirige. S'ensuit sa lente descente dans l'univers de la dépravation multipliant les aventures adultère pour clore sur l'inceste, infâmie suprême. Avec cet ouvrage nous entrons dans le monde de la sauvagerie pour la course au pouvoir. On y décèle la précarité de l'illusion du matérialisme . L'être et le paraître s'entrechoquent et à la fin de l'ouvrage le constat s'impose. Cette faune est vide et creuse et leur vie construite sur du vent s'effondre à la moindre erreur.

Un style riche et limpide, cet opus se lit facilement. Les décors somptueux décrits par Zola enchantent et c'est là tout son art que cette capacité à décrire la noirceur des hommes tout en  donnant un plaisir immense à lire...

 

NB : on me demande pourquoi je mets en illustration la version livre de poche. Je suis tentée de répondre : et pourquoi pas ? en effet le support d'une oeuvre m'importe peu et le livre de poche présente un intérêt majeur : il est transportable facilement, on le fourre dans son sac, il est peu cher, facilement remplaçable.. etc..  Je reste accroc aux oeuvres contenues dans les ouvrages. A quoi donc servirait une collection reliée cuir si l'on ne lit pas ? Et quand on aime lire les livres on les maltraite bien involontairement rien qu'à les manipuler. Dans tous les cas plusieurs versions existent dans diverses maisons d'édition, chacun peut choisir à son gré. Un conseil toutefois : prenez toujours en version intégrale originale.

 

La Fortune des Rougon Emile Zola

 

Les Rougon-Macquart - vol I

 

Premier ouvrage de cette saga familiale, Zola le nommait le roman des "origines" dans sa préface du 1er Juillet 1871. Il va servir d'introduction à cette longue série des aventures d'une famille. Planter le décor en quelque sorte. Il va présenter quelques membres de la famille dont il va conter l'histoire, permettre de bien situer les Rougon et les Macquart. Et faire un parallèle entre la société existante et les évènements qu'il va décrire. Il mettra son habileté littéraire au service de son oeuvre en mêlant intimement les moments de bonheur pur à ceux de détresse profonde. Il maniera avec délice l'ironie, la moquerie et l'humour pour rebondir sur de gigantesques pamphlets sociaux ( les pamphlétaires ont toujours eu ma préférence çà ne se dément pas avec cet auteur...) où il dénoncera le régime en le présentant sous ses plus mauvais angles... Une comédie dramatique et drôle à la fois, attendrissante parfois, qui offre la possibilité de réfléchir à  des sujets graves et importants et qui, dans tous les cas ne laisse pas indifférent pour peu qu'on s'y intéresse...

A l'origine de cette fresque familiale : Adélaïde Fouque mariée et qui aura un enfant légitime avec Rougon. Viendront ensuite deux enfants illégitimes fruits de ses amours avec son amant Macquart. Adélaïde dite tante Dide mène une vie corrompue, se défiant des usages et de la morale. Son amour pour Macquart sera inconditionnel à tel point qu'après son décès elle se repliera sur elle même vivant dans la chasteté la plus complète laissant libre cours à sa folie. Sa névrose de plus en plus visible. De cette "origine" découleront trois lignées marquées par la tare qu'elle leur transmettra sous différentes manifestations.  Sa névrose sera sublimée par une soif de pouvoir qui atteindra tous les membres issus de la lignée " légitime", un appétit sans frein de réussite et de jouissance. La lignée des bâtards verra deux orientations différentes dans l'expression de la tare de l'aieule : l'une se tournera vers l'alcoolisme, la violence menant des vies insipides, l'autre mettra l'accent sur l'hystérie dont Adélaïde était atteinte, en faisant d'eux des rêveurs utopiques, inconscients des réalités et laissant libre cours à leur folie à l'intérieur de leur monde d'irréalisme.

La fortune des Rougon nous conte l'ascension d'une famille avide de pouvoir et qui emploiera tous les moyens pour parvenir à ses fins. L'action se situe à Plassans et un parallèle politique est fait dans l'ouvrage puisque le coup d'état des Rougon se produira dans la foulée de celui bien réel du 2 Décembre 1851 de Louis Napoléon Bonaparte. La révolte se construit, à laquelle prendront part Miette et Silvère deux amoureux aux coeurs purs qui trouveront la mort, elle pendant la rebellion et lui sur son tombeau où il est venu la retrouver. Leur amour incarnera le contraitre absolu de celui de tante Dide qui affichait sa relation illégitime alors qu'elle s'adonnait à la luxure et à la débauche et qu' eux se cachent alors qu'ils sont purs. La fortune des Rougon plantera le décor en présentant les protagonistes et leur descendance, au fil des ouvrages, viendra agrandir le tableau. Ouvrage majeur de l'oeuvre tout entière dont il est la clé de voûte, il nous mènera sur les chemins intimes de l'auteur qui se servira de sa propre vie pour dépeindre quelques personnages ou quelques faits... Plassans sera  le reflet de ce qui se passe ailleurs, géographiquement ( Paris ) ou émotionnellement ( propre vie de Zola lui même ) Plus qu'un ouvrage à part entière c'est une sorte de grande préface à ce qui va suivre...

Comme suite logique l'arbre généalogique, pour s'y retrouver, à consulter de temps en temps...

 

 

Adélaïde Fouque

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↓                 ↓               ↓   

Pierre Rougon, Antoine Macquart, Ursule Macquart.

  ↓   

Eugène, Pascal, Aristide, Sidonie et Marthe Rougon  - François, Héléne et Silvère Mouret - Lisa, Gervaise et Jean Macquart.

Maxime et Clotilde Rougon - Octave, Serge et Désiré Mouret- Jeanne Grandjean - Pauline Quenu -   Claude et Etienne Lantier-  Anna Coupeau

Charles Rougon dit Saccard.

 

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