souffrance

La Fortune des Rougon Emile Zola

 

Les Rougon-Macquart - vol I

 

Premier ouvrage de cette saga familiale, Zola le nommait le roman des "origines" dans sa préface du 1er Juillet 1871. Il va servir d'introduction à cette longue série des aventures d'une famille. Planter le décor en quelque sorte. Il va présenter quelques membres de la famille dont il va conter l'histoire, permettre de bien situer les Rougon et les Macquart. Et faire un parallèle entre la société existante et les évènements qu'il va décrire. Il mettra son habileté littéraire au service de son oeuvre en mêlant intimement les moments de bonheur pur à ceux de détresse profonde. Il maniera avec délice l'ironie, la moquerie et l'humour pour rebondir sur de gigantesques pamphlets sociaux ( les pamphlétaires ont toujours eu ma préférence çà ne se dément pas avec cet auteur...) où il dénoncera le régime en le présentant sous ses plus mauvais angles... Une comédie dramatique et drôle à la fois, attendrissante parfois, qui offre la possibilité de réfléchir à  des sujets graves et importants et qui, dans tous les cas ne laisse pas indifférent pour peu qu'on s'y intéresse...

A l'origine de cette fresque familiale : Adélaïde Fouque mariée et qui aura un enfant légitime avec Rougon. Viendront ensuite deux enfants illégitimes fruits de ses amours avec son amant Macquart. Adélaïde dite tante Dide mène une vie corrompue, se défiant des usages et de la morale. Son amour pour Macquart sera inconditionnel à tel point qu'après son décès elle se repliera sur elle même vivant dans la chasteté la plus complète laissant libre cours à sa folie. Sa névrose de plus en plus visible. De cette "origine" découleront trois lignées marquées par la tare qu'elle leur transmettra sous différentes manifestations.  Sa névrose sera sublimée par une soif de pouvoir qui atteindra tous les membres issus de la lignée " légitime", un appétit sans frein de réussite et de jouissance. La lignée des bâtards verra deux orientations différentes dans l'expression de la tare de l'aieule : l'une se tournera vers l'alcoolisme, la violence menant des vies insipides, l'autre mettra l'accent sur l'hystérie dont Adélaïde était atteinte, en faisant d'eux des rêveurs utopiques, inconscients des réalités et laissant libre cours à leur folie à l'intérieur de leur monde d'irréalisme.

La fortune des Rougon nous conte l'ascension d'une famille avide de pouvoir et qui emploiera tous les moyens pour parvenir à ses fins. L'action se situe à Plassans et un parallèle politique est fait dans l'ouvrage puisque le coup d'état des Rougon se produira dans la foulée de celui bien réel du 2 Décembre 1851 de Louis Napoléon Bonaparte. La révolte se construit, à laquelle prendront part Miette et Silvère deux amoureux aux coeurs purs qui trouveront la mort, elle pendant la rebellion et lui sur son tombeau où il est venu la retrouver. Leur amour incarnera le contraitre absolu de celui de tante Dide qui affichait sa relation illégitime alors qu'elle s'adonnait à la luxure et à la débauche et qu' eux se cachent alors qu'ils sont purs. La fortune des Rougon plantera le décor en présentant les protagonistes et leur descendance, au fil des ouvrages, viendra agrandir le tableau. Ouvrage majeur de l'oeuvre tout entière dont il est la clé de voûte, il nous mènera sur les chemins intimes de l'auteur qui se servira de sa propre vie pour dépeindre quelques personnages ou quelques faits... Plassans sera  le reflet de ce qui se passe ailleurs, géographiquement ( Paris ) ou émotionnellement ( propre vie de Zola lui même ) Plus qu'un ouvrage à part entière c'est une sorte de grande préface à ce qui va suivre...

Comme suite logique l'arbre généalogique, pour s'y retrouver, à consulter de temps en temps...

 

 

Adélaïde Fouque

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Pierre Rougon, Antoine Macquart, Ursule Macquart.

  ↓   

Eugène, Pascal, Aristide, Sidonie et Marthe Rougon  - François, Héléne et Silvère Mouret - Lisa, Gervaise et Jean Macquart.

Maxime et Clotilde Rougon - Octave, Serge et Désiré Mouret- Jeanne Grandjean - Pauline Quenu -   Claude et Etienne Lantier-  Anna Coupeau

Charles Rougon dit Saccard.

 

Les Rougon-Macquart d'Emile Zola

Emile Zola

 

A la fin de l'année 1867 Emile Zola projette d'écrire une grande oeuvre familiale , largement inspiré par "la comédie humaine" de Balzac dont il termine la lecture. Très marqué par ses lectures il vient de terminer Thérèse Raquin, roman appuyé sur la théorie des quatre tempéraments présentée par Emile Deschanel dans "psychologie des écrivains et des artistes ou Essai de critique naturelle" paru chez Hachette en 1864, là où Zola travaille en qualité de chef de la publicité. Zola tente alors de faire des "écrits scientifiques" en appliquant au roman les bases analytiques proches de la chirurgie et de la logique mathématique. Il met en place cette analyse de la société dans laquelle il vit tant sur le plan humain que politique ou même géographique.. une bonne partie de sa propre histoire et de son expérience transparaitrons dans les ouvrages de cette fresque humaine : les Rougon-Macquart. Emile Zola est très organisé et la série de roman qu'il prépare fait l'objet d'une étude attentive et d'un "plan" qu'il suivra s'écartant très peu avant la parution, et supprimant très peu de passages qui ne seront jamais publiés... Nombre de notes sont conservées à la bibliothèque nationale. Pour la préparation de cette oeuvre, on y trouve, sans qu'il soit possible de déterminer dans quel ordre l'auteur les as utilisées : Une liste de livres dans ses réflexions liminaires, il a pris beaucoup de notes en particulier de Charles Letourneau ( physiologie des passions ) et surtout du Dr Lucas, auteur qui va avoir une importance prépondérante pour la génèse des Rougon-Macquart. Il commence par établir une liste de 10 romans, commençant par " roman initial, province" et c'est avec sa feuille de papier et sa plume qu'il réfléchit et monte son oeuvre, façon de travailler qui va devenir habituelle chez lui... Sur une autre note on trouve : " les différences entre Balzac et moi" puis des "notes générales sur la marche de l'oeuvre", "notes générales sur la nature de l'oeuvre". Là où la différence entre Zola et ses auteurs fétiches :Stendhal, les frères Goncourt, Balzac, Flaubert,... se fera la plus éclatante est que dans les Rougon-Macquart il n'écrira l'histoire que d'une seule famille. La théorie qu'a soutenu Zola et qui, personnellement, m'a le plus amusée est l'idée selon laquelle une femme serait toujours marquée par son premier amour à tel point que les enfants qu'elle aurait par la suite avec un autre homme présenteraient forcément les traits de caractère de l'amour perdu, tout autant moraux que physiques ( Nana dans l'assomoir ressemble à Lantier ( la bête humaine) le premier amant de sa mère). Le style très riche d'émile Zola, avec force détails et descriptions sous forme d'énumération, contenant des phrases très longues en font un auteur difficile à lire, non pas sur le plan littéraire où cette richesse est un atout mais sur le plan psychologique, car il est un auteur à  lire à tête reposée, en ayant conscience de chaque détours du livre. Chaque lecture nous apporte un plus culturel, tant sur le plan géographique, qu'historique. Lire Zola c'est se fondre dans le XIX ème siècle, c'est assister à l'arrivée de l'electricité, c'est aller laver son linge au lavoir, c'est descendre dans les mines ou batifoler dans le salon de nana, c'est visiter les grands magasins parisiens ou souffrir en même temps que la famille de coupeau... C'est prendre conscience de la différence de rémunération entre la capitale et la province. C'est comprendre le fossé des classes sociales mais aussi les efforts de charité des "nantis" et de la grogne salariale. Cette oeuvre est la mémoire du régime issu de Louis Napoléon Bonaparte..  Son oeuvre mise en place avec tant de soins que rien n'est laissé au hasard. On n'y trouve aucun anachronisme, ce qui est très rare chez les grands auteurs. Même chez ceux qui situent les faits à leur époque.. Je vais tenter de vous présenter chaque ouvrage dans l'ordre chronologique. La fresque se compose de : La fortune des Rougon - La curée - Le ventre de Paris - La conquête de Plassans - La faute de l'abbé Mouret - Son excellence Eugène Rougon - L'Assomoir - Une page d'amour - Nana - Pot-bouille - Au bonheur des dames - La joie de vivre - Germinal - L'Oeuvre - La terre - Le rêve - La bête humaine - L'Argent - La débâcle - Le docteur Pascal

Mon souhait serait de vous donner envie de lire cette fresque humaine qui contient 20 romans, en tentant d'y attirer les plus jeunes. J'ai bien sûr une raison à cela, la voici : Alors que je suis en 6ème, déjà très attirée par les lettres, avec des notes Français frisant l'indécence, entrée au collège... Tout est nouveau, les méthodes de travail diffèrent et... plusieurs personnes doivent s'occuper des jeunes : les professeurs ayant chacun leur matière ou parfois deux tout au plus. Me voilà donc avec UN professeur de français... J'ai du mal à accepter sa façon de prononcer atone, tout autant les dictées que les poèmes. Enfin bref il n'a pas la passion et je crois que 40 ans après j'en suis toujours aussi convaincue... Ce manque de passion va, à l'époque me faire passer à côté de quelqu'un de sublime : Emile Zola. Dès les premières leçons nous est servi : Germinal, je vais haïr cet ouvrage au delà de l'acceptable, à un point qu'il ne sera jamais ouvert à la maison, moi qui passe mon temps à lire les romans et contes de Voltaire et à éplucher toute l'oeuvre de Molière, je fais une "allergie" à Zola. Ce professeur avait oublié un élément essentiel : pour capter l'attention il faut tout autant parler de l'histoire que nous conte l'auteur que de la façon dont il nous la sert. Il me semble largement plus judicieux d'intéresser son jeune public, de lui donner des repères qu'il sera capable de comprendre et d'amener dans son univers. J'en veux à cet homme car je ne découvrirai cette fresque que 15 ans plus tard... Et longtemps après je sais que ce qu'il nous en a dit était débile et inutile... Il aurait suffit d'un peu de passion, d'un peu de bonne volonté... Je précise que si je me souviens bien de cet homme c'est bel et bien qu'il fut le seul à croiser ma route.. Tous les autres professeurs, quelque soit la matière qu'ils aient enseigné ont toujours su attirer mon attention et n'ont jamais déclenché de telles réactions négatives mais il fallait que ce soit dit...

Au delà du rêve

 

 

La belle et la bête de Luis Royo

 

Le soleil semble avoir laissé une empreinte de feu sur la terre sèche et de longues trainées  indiquent que l'été est déjà bien avancé sans qu'une seule goutte d'eau ne soit venue l'abreuver la libérant de son carcant aride. Eparses, quelques touffes résitantes ont survécu au fléau et attendent courageusement cette pluie divine qui les fera renaitre. Malgré la chaleur accablante, détestable, je décide de sortir, pour me promener, de par les champs et les vignes.. Elles ne souffent pas de la sècheresse, contrairement à la majorité des végétaux; bien au contraire cette dernière semble leur être profitable, décourageant les parasites à sortir de leur cachette, cautérisant les plaies laissées par d'aucun d'entre eux au printemps précédent. Il suffira que la pluie fasse son apparition au bon moment, faisant gonfler les raisins, les gorgeant d'un coup, tendant leur peau, hydradant leur pulpe. Pas trop cependant, pas trop longtemps non plus, pas trop près de la récolte pour que le degré ( taux de sucre ) ne soit trop bas, présage d'une année mémorable voire même d'un millésime. Les années de canicule étant propices à l'exception... Je m'en moque un peu désormais, enfin c'est ce que je prétends souvent, pour ne pas retomber dans la passion, celle de leur culture, celle qui fait aimer tout autant les jours de pluie, les jours d'hiver où il gèle fort, les jours de printemps où tombe le grésil, les jours où la vigne tout de rose et de vert vêtue s'étale en long rubans, magnifique à l'oeil... Ces moments où tout petits les raisins apparaissent, juste après que les bourgeons, de par leur forme nous aient indiqué quelle année se profile. Longs et pointus ils sont vides ou presque et les soins devront être très importants pour mener à l'automne le peu que la nature a décidé de produire. Rétrécis à leur base et s'étalant soudain en large carré, ils annoncent une année prolifique, où l'on peut espèrer sans être trop optimiste, un "trois" de haut voire un quatre même !!! par endroits. Le trois de haut, c'est tout simplement trois grappes sur un même pisse-vin. Année souvent chaude en tous points, chaude parce que les risques d'orage sont plus importants et avec eux les risques de gel au sol, ou gel de printemps, risques de grêle apportée par les orages aussi brusques que ravageurs.. Gel de printemps, suivant la période et l'état d'avancement de la pousse qui peut être soit destructeur si les contre-bourgeons sont sortis eux aussi ou simplement déstabilisants quand on doit attendre de voir si dame nature a comme souvent prévu la relève. Le gel est démoralisant, par la couleur tabac qu'il donne à la vigne au lendemain de son passage, effacant les magnifiques couleurs roses et vertes pour les remplacer par cette sécheresse qui ne tarde pas à tomber ramenant l'ensemble à un stade presque hivernal. Il n'a pas que des inconvénients, cependant, il a pour effet de rendre à fruit, les rameaux de l'année qui ne l'étaient pas encore, donnant la possibilité l'année de taille suivante, de tailler sur tous les brins et ainsi de rajeunir l''ensemble plus vite. La grêle, je n'en parlerai pas, tant ses ravages sont destructeurs et bousillent les chais pour plusieurs années rendant pénible le travail, faisant perdre son latin aux bons professionnels, donnant dix fois plus de travail, en particulier au moment des tailles, celle d'hiver et celle d'été dite taille verte. Il faut alors rassembler tout son courage, sachant que l'année sera quasi stérile, que l'on travaille plus à une remise en état pour les années qui viennent sans aucune garantie, en particulier sanitaire si l'année est froide et pluvieuse rendant la cicatrisation difficile voire impossible et obligeant à l'arrachage... Je me ballade donc dans le chemin repensant à toutes ces années, aussi différentes les unes des autres, chacune ayant "son souvenir" de celui où la neige s'est mise à tomber en Mars, mois de taille par excellence, en gros flocons, s'étalant sur la vallée en contre-bas et où j'étais restée de très longues minutes à la regarder tomber, émerveillée par un aussi beau spectacle, aussi tard en saison.. de verte elle était brusquement devenue blanche, les oiseaux s'étaient tus et la nature habillée de son long manteau blanc était feutrée et douce. Seules les fumées des brouettes à feu étaient visibles au loin et donnaient à l'ensemble un air d'antan, un air de campagne vraie. Je n'oublierai jamais cet instant magique.. c'était il y a longtemps, dans une autre vie, un autre siècle et pourtant... De cet autre jour aussi, où le vent s'était brusquement levé, alors qu'en haut d'une vigne j'avais "senti" le chaud et froid de ce dernier et où je m'étais mise à courir d'instinct pour retourner à ma voiture le plus vite que pouvaient courir mes jambes et où j'étais arrivée pile à la seconde où la tempête s'était déchainée. La nature nous donne au fil du temps une intuition que l'on écoute sans réfléchir, sans savoir que l'on sait... De ces brusques silences quand un essaim de guêpes arrive.. On sait, on se met à l'abri.. Les signes de la vie sont là, et la vie simple et répétive à son contact nous apporte cette primalité nécessaire à la survie en milieu naturel... En serait il de même dans une autre région, que l'on n'a pas l'habitude de fréquenter? Je pense que oui, c'est un état d'esprit, une confiance en communion avec dame nature plus qu'une connaissance du lieu. Seuls les indices "d'arrivée" seraient à établir. Par chez nous suivant que l'orage arrive de tel ou tel endroit on sait si l'on doit remballer et partir ou simplement surveiller du coin de l'oeil au cas où les vents ramèneraient dans le mauvais sens.. Par l'ouest çà amène l'eau, mais par le nord ouest çà "glisse" sur la marne et l'on ne risque pas grand chose... Je regarde et je me souviens. Du passé ne reste que les bons moments, ceux que l'on garde à l'esprit parce qu'on les appellent expérience.../... J'ai marché un très long moment ainsi, sans me soucier de l'heure, sachant que personne ne m'attend à la maison, et qu'on ne s'inquiètera pas de ne pas me voir rentrer. J'ai humé l'odeur des arbres et de l'herbe, laissant mes pensées vagabonder et explorer l'intérieur de mon âme. Chaque recoin inspecté sans crier gare, chaque moment revisité, une foule de questions qui se pressent, comme dans toutes les situations où l'on se retrouve avec soi-même, laissant libre cours à son imagination, laissant les idées vagabonder, faisant la part de choses, relativisant des évènements, prenant conscience d'autres. Ces embardées à l'intérieur de soi, que l'on peut tout aussi bien faire chez soi, en méditation, mais qui sont toujours plus positives parce que non voulues, non dirigées, non empreintes d'obligation. Il apparait alors une foule de réponses auxquelles on n'aurait pas pensé, une foule de décisions que l'on n'aurait sans doute pas prises si l'on était resté devant sa télé ou son pc à travailler. Trop proche des réalités, des obligations qui nous placent dans une situation de contrainte incompatible avec l'essence même de la vie. A notre époque, où par intérêt nombre de personnes nous disent ce que nous voulons entendre autant que nécessaire pour changer de langage et de comportement sitôt qu'ils ont obtenu satisfaction, époque où nous devons rester vigilants à tenter de déjouer ces jeux machiavéliques d'êtres immoraux et vicieux imbus de leurs propres rêves au détriment de la sincérité. Chassez le naturel et il revient au galop. Je passe beaucoup de temps à observer les autres autour de moi et une vérité constante m'est apparue. Celle qui fait que l'on voit les autres à son image. Aussi la présence de quelqu'un qui va prétendre avoir les mêmes goûts, les mêmes envies à l'identique, ou être trop méfiant ou trop confiant m'incitera à la prudence. De même les personnes prétendant n'en avoir rien à faire de rien, se disant tolérant à l'infini ou faciles à vivre. Ou tout simplement prétendant à tout propos que rien n'est grave me verront tourner les talons extrèmement vite. Ce genre de réalité n'existe pas. Elle ne peut être que calculée jusqu'au moment où après avoir obtenu gain de cause, le mal fasse son apparition et le naturel se montrant sous son vrai jour, fait des ravages passant de la lumière à l'ombre avec la cohorte de souffrance que cela produit. Je suis d'un caractère entier et direct et jamais pour quelque raison que ce soit, ou dans quelque but que ce soit, je ne pourrai me résoudre à dire ce que l'on veut que je dise si çà n'est pas ce que je pense ou que je ressens vraiment. Cela donne au futur plus de solidité, parce qu'aucune mauvaise surprise n'est à prévoir : çà passe ou çà casse mais dans tous les cas je reste fidèle à moi même, à mes ideaux, à mes passions quelles qu'elles soient... Lue comme çà , on dirait une espèce d'animal sortant d'une caverne, associale ou socialement difficile, je ne pense pas qu'il en soit ainsi, mais je pense tout de même qu'il y a incompatibilité avec des personnes fonctionnant diamétralement à l'opposé.. A moins que l'adage qui dit que les contraires s'attirent, puissent parfois être applicable. Je ne le crois pas. Je pense plus à une complémentarité. Qui se ressemble s'assemble ( valable dans toutes les situations de la vie, amicale, amoureuse, professionnelle...) Cela n'empêche que parfois, on puisse être différents tout en ayant les mêmes goûts, les mêmes attirances, les mêmes passions, avec des degrés de connaissance différentes.. Il m''est arrivé de rencontrer des "âmes" qui, au fil des discussions présentaient le même profil... Souvent il faut être de la même génération pour avoir la chance de les croiser. Un passé presque à l'identique... Avec des variantes saines qui permettent un apport de l'un à l'autre, un partage, un échange bénéfique... J'ai souvent ces pensées vagabondes, ces rêves partagés uniquement avec moi même. Pour les garder au chaud ou pour les communiquer de façon différente, très personnelle, et ciblée. Une connection extra sensorielle en quelque sorte. Peu de receveurs, peu de destinataires. Cela reste une affaire entre moi et moi... Cà évite les conflits me direz-vous. Je me suis égarée au fil de l'écriture pour me retrouver là à passer d'une passion à l'autre,  non pas tout à fait opposées mais tout de même suffisamment différente l'une et l'autre pour être exposées dans un seul texte. Plus une expression qu'un texte réel d'ailleurs. Les mots sortent, ils s'étalent là d'eux mêmes et forment un mélange peu commun j'en conviens bien avant d'avoir relu. Relirais-je d'ailleurs ? rien n'est moins sûr. Au delà du rêve, plus qu'une passion, un besoin vital de laisser l'esprit se purger, de laisser le corps faire confiance à l'âme et à l'intérieur, au plus profond de soi pour y puiser l'espoir, pour se dire que rien n'est jamais perdu, que la vie nous offre aussi de bons moments, pour y croire encore et toujours, plus fort. Rester optimiste, ne pas se laisser gagner par le découragement qui nous assaille parfois quand les chagrins se font lancinants, quand les autres ne comprennent plus, quand on ne les comprend plus. Quand ils sont loin, absents, silencieux. Quand l'attente commence et qu'on ne sait combien de temps elle va durer, si elle prendra fin. Si elle vaut la peine d'être attente au lieu de renoncement. Y aura t-il un après, se peut il qu'un toujours se transforme en jamais ? ou qu'un jamais devienne un toujours alors que l'on n'y croit plus, que l'on ait raison ou tort d'y croire ou de n'y croire plus ? Philosophie de nuit, qui disparait à l'aube, questions auxquelles nulle réponse n'apportera l'aisance tout simplement parce que lorsqu'elles se présenteront les questions elles même auront été oubliées. L'esprit est subjectif et s'arrange pour dorer à l'or fin ce qui lui convient à l'instant où çà lui convient, d'où l'importance de ne pas se laisser influencer par autrui lors de ce cheminement personnel. Quand à la réflexion on ne sait pas toujours ce que l'on veut, n'est pas déjà une bonne chose que de savoir ce dont l'on ne veut pas ? Soi même pour soi ou pour ceux qu'on aime ? Quels sont les routes que l'on est prêt à empreinter pour suivre son destin, là où la vie nous mène, là où nous souhaitons qu'elle nous mène, là où nous savons que nous devons aller... Que le destin accomplisse le rêve intime, qu'il nous emmène au delà de lui, sur les chemins de la vérité, sans s'occuper des alentours, du qu'en dira-t-on, du qu'en pensera-t-on, pourvu que l'on soit entièrement en osmose sans aucune gêne, sans aucun frein, moral, social ou autre..

 Libre pensée 

 9 JUIN 2010

 

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Contre l'oubli

AVERTISSEMENT :

Les images de cet article et les liens qu'il contient peuvent choquer la sensibilité des plus jeunes.

 

65 ème Anniversaire de la libération des camps Nazis.

 

La journée nationale des déportés coïncide cette année avec le 65ème anniversaire de la libération des camps de la mort Nazis. Plus de 6 millions de personnes y ont trouvé la mort dans des conditions inhumaines, après des sévices qui dépassent l'entendement... Bien que nous soyons à l'heure de l'Europe et aux bonnes relations "diplomatiques" il n'empêche que nous ne pouvons accepter l'inacceptable... Plus d'un quart de siècle plus tard, nous, qui n'avons pas connu ces horreurs avons le devoir de transmettre le souvenir aux générations suivantes. C'est hélas écrit en lettres de mort dans notre histoire...

De nombreuses manifestations de part le monde en mémoire de ceux qui ne sont pas revenus, de leurs familles et des quelques rares rescapés...  18 Camps d'extermination avaient été mis en fonction...

 

Je m'associe au recueillement pour rendre hommage à toutes ces femmes et ces hommes suppliciés au nom d'une idée, d'une croyance...

Soyons tous vigilants afin que l'histoire ne se répète jamais, que ces horreurs ne se reproduisent pas, à l'heure où l'on entend parfois des propos déplacés quand à la réalité des faits. A l'heure où la haine ambiante pourrait bien voir le monde basculer à nouveau dans le racisme gratuit et destructeur. Pour que chaque humain puisse avoir sa place en homme libre, sans crainte pour lui ou sa famille. Parce qu'une vie est précieuse, toute vie, quelque soit la couleur de la peau, les origines, la religion ou les idées politiques. Pour le droit à la vie tout simplement.

Nacht und Nebel*

Auschwitz-Birkenau

                                                         source photo : http://citizenzoo.wordpress.com/2009/12/06/souvenir-dauschwitz/

 

Sur le haut de la porte d'entrée du camp :

"Arbeit macht Frei"**

Charnier

source photo : http://noelpecout.blog.lemonde.fr/files/2008/01/ww2181.1201778147.jpg

 

 

 

Article rédigé par une collégienne, à voir absolument, très bien documenté même si certaines images ne sont pas des documents d'archives. Cela prouve que la jeunesse est prête à faire son devoir de mémoire.

 

http://pagesperso-orange.fr/d-d.natanson/travail-camps.htm

http://pagesperso-orange.fr/d-d.natanson/camps_concentration.htm

 

ci-dessous images d'archives :

http://www.phdn.org/histgen/schmitz/index.html

 

Les camps de concentration dans le monde et dans l'histoire :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_de_concentration

 

* Nacht und Nebel : nuit et brouillard

** Arbeit macht Frei : Le travail rend libre

 

Pardonner peut-être, oublier jamais...

 

Sir Patrick

La terre est dure, aujourd'hui il gèle à pierre fendre et je dois pourtant réussir à faire ce trou. Malgré le froid qui permettrait d'attendre un peu, je n'y tiens pas, çà ne m'avancera à rien, si ce n'est à croire à l'impossible. Il git, là, dans la petite couverture où je l'ai placé aussitôt après l'accident. Une jolie boîte rose lui servira de protection. Il a l'air encore plus petit dans cette boîte trop grande pour lui... Je me transforme en fossoyeur, celui du coeur, pour accompagner seule mon Patrick à sa dernière deumeure...

Mon Petit Ange à moi...

Flash-back pour lui, mon petit ange bleu : Patrick

Une petite queue frétille, moi je fais celle qui n'a rien vu... son petit cul s'agite de plus en plus et il se ramasse tel un prédateur qui s'apprête à bondir sur sa proie ( c'est moi bien sûr, qui suis l'objet de sa convoitise ) D'un seul coup il s'élance et atterit dans mes jambes, un demi-tour ultra rapide et le voilà reparti dans l'autre sens à la vitesse de l'éclair. Arrivé jusqu'à la chambre, il entreprend une inspection soignée du dessous de lit.. çà glousse là dessous, je l'entends, amusée.. Après quoi peut-il bien en avoir ? Il n'y a rien sous ce fameux lit mais alors rien de rien !!! Oups, si.. un câble électrique, une rallonge.. il ressort triomphant, les moustaches plus poilues de quelques minons qui se sont fait pendant la nuit. Il s'approche de moi, l'air mécontent, ce petit bout qui pend l'énerve et il vient me demander de l'aide !!! je l'attrape et lui ôte ces petites choses indésirables illico. Il se laisse dorloter un peu puis n'y tenant plus bondit du lit, se ramasse en faisant un salto et le revoilà parti à fond la caisse dans le couloir, il fait un bisou au mur en arrivant et bien qu'un peu sonné continue sa course jusqu'aux chiennes.. Il prend un air etonné, presque offusqué qui semble dire : " non mais elles dorment à cette heure ci ?" Il prend un bon élan et hop à l'aide de ses petites griffes acérées se retrouve sur le canapé à chevaucher la chienne qui y dort.. il patasse sur son dos, sur son ventre suivant la position de la miss.. Pas un mouvement, pas un grognement.. on ignore la chose en sachant bien que c'est le seul moyen d'en être plus vite débarassée. Les jours de grande chance il a déjà trop crapahuté et s'effondre sur le même canapé, blotti au chaud tout contre elle. Les jours de grands délires il repart explorer un autre endroit de la maison qui a sa préférence : la cuisine ! Quel merveilleux endroit, on y mange, on y boit, on y grimpe après les jambes de maman ( en jupe hummm... ) pour fureter sur le plan de travail, avec l'espoir secret qu'une vaisselle est en route  pour patauger, se méfiant désormais de cette chose carrée qui chauffe, et qui crame les moustaches ( il a déjà donné hein donc pas touche ) puis direction la corbeille de fruit où l'on aime s'y installer pour espionner maman et ronronner près d'elle. Parfois hop un peu de gym on lui saute sur l'épaule ( voyons maman ne râle pas je sais bien que tu adores... ) mais le plus intéressant reste la fenêtre ! maman donne des croûtons et des graines aux mésanges  : " là m'sieur, dames mes yeux brillent de mille feux, bon un peu gros pour moi ces oiseaux là pour l'instant mais un jour..." Ses yeux se font pétillants, très ouverts, en alerte. De prédateur qui joue il devient chasseur, pas un muscle ne bouge, il observe le manège des demoiselles jaunes et bleues.. hum ce que je mange est très bon mais çà doit être vraiment meilleur de le trouver soi-même hein ? il me regarde et regarde la fenêtre en allant de l'une à l'autre.. çà veut dire qu'il faut que j'ouvre mais je fais celle qui ne comprend pas.. déçu ( çà se voit à sa tête très expressive ) il me saute dessus et entreprend une descente (là je l'aide pour échapper à ses griffes ) direction la salle de bain, un coup d'oeil.. pas d'eau dans la baignoire ? hop on reviendra plus tard pas grave... il file dans le bureau, ah la la quel bonheur on va fiche de dawa là bas. hop hop sur la chaise et direct sur le bureau. On patasse sur le clavier de l'ordi, toutes sortes de choses s'affiche à l'écran : "bah maman se débrouillera, j'aime bien les gratouillis des touches sous mes coussinets moi" " et les livres ! ah les livres !!! super on va aller par là. Très léger il en bouge peu mais.. d'un coup un plus gros bascule et entraîne les autres. Moins drôle hein mon Patrick ? tu as failli être écrasé sous celui ci ? Il fait la tête contrarié de s'être fait repéré. Dans sa petite tête il cherche ce que sa vraie maman lui a appris mais il a oublié alors il joue l'impro.... ouh lala je suis trop fatigué moi, mais je n'ai pas fini mes investigations ici. Tiens maman est au bureau ? chic on va aller se blottir sur ses genoux.. oh que c'est agréable, je vais m'allonger, m'étirer, me mettre sur le dos. Je ne risque rien elle va veiller à ce que je ne tombe pas, je le sais j'ai bien vu. Inlassablement il joue, fait le pitre le tout entrecoupé de gros câlins. Moi je veille effectivement. Il m'a déjà fait plusieurs coups de calcaire à force de trop jouer et d'aller aux limites de ses forces.

Ce matin je monte et je descends, je remplis de bûcher de bois. Il est interdit pour Patrick de descendre au sous-sol, le bois peut lui donner la teigne, il est encore petit. Qui plus est il fait très froid et les chiennes sont dehors alors la porte arrière, plein nord reste ouverte.. il le sait et attends patiemment que les allées et venues avec le bois soient finies. En fin de matinée je descends de nouveau pour aller au courrier. Je n'ai pas vu ce petit coquin descendre lui aussi. Quand j'ouvre la porte d'entrée il se rue sur l'ouverture. Et fonce ventre à terre à la boîte aux lettres où il sait que je vais visiblement. Bord de route, une voiture arrive au même moment pour se garer... Patrick ne l'a pas vue, moi je ne suis pas descendue assez vite derrière lui. Tout est allé très vite... Un petit chat bleu au royaume des anges qui reste dans mon coeur mais qui me manque déjà cruellement. Qui donc va sauter dans l'eau de mon bain ? Qui va venir se blottir dans le creux de mon cou le soir ? Qui va fiche suffisamment le dawa pour que je m'oblige à ne rien laisser trainer sur le bureau ou ailleurs sachant qu'il va tout retourner ? Au printemps je lui mettrai un pied de valériane. Il me reste tous ces bons moments ensemble...

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