tendresse

Hommage


book-cover-journal-d-un-bouffon-108022-250-400-1.jpg

Jean AMADOU

 

Il y a peu de temps je découvrais "Les florilèges" de ses billets d'humeur d'europe N°1. Je n'ai d'ailleurs toujours pas terminé son "Journal d'un bouffon". Un régal pour qui, comme moi, aime le bien écrit qui suit toujours le bien dit. Il y relate ses aventures sur Europe 1 sans hargne, avec délicatesse dans un français parfait. J'aime cette façon légère tout en restant sérieuse de dire leurs vérités à qui le mérite...

Jean Amadou figure emblématique des grosses têtes de Philippe Bouvard avait commencé sa carrière dans un théatre lyonnais. Dès 1958 c'est en qualité de chansonnier qu'il se produit au théatre de dix heures. C'est aux côtés de Jacques Mailhot qu'il se laisse séduire par des satires politiques sur les planches du théatre des deux ânes. France Inter, Europe 1 et RTL verront avec plaisir cet homme de savoir officier sur leurs stations.

Il ne s'arrêtera pas là et viendra mettre son grain de sel dans des émissions de télévisions très connues telles que le bébète show et tournez manège.

Il était né le 1 Octobre 1929 à Lons-le-Saunier. Il vient de nous quitter à Paris ce 23 Octobre 2011

Les mots ne suffisent pas face à une carrière aussi impressionnante. Quelques extraits en guise d'hommage. Ne serait-ce que pour entendre à nouveau cette voix distiller ce savoir incommensurable...

 

Salut l'Artiste...

 

Merci...

L'A4

 

Nous sommes le 18 Décembre 2010, il est 23h30 et nous prenons la route, malgré le temps, pour aller rejoindre mes amis qui nous attendent impatiemment. Des soucis de santé ( Jambe dans le plâtre pour l'un et opération pour l'autre) nous avaient contraints à différer le départ de quelques jours. Quelques jours qui avaient vu le temps se dégrader considérablement. Dans le même temps, ces soucis rendaient notre arrivée indispensable pour tenter de combler l'hécatombe humaine... Cette nuit là les conditions de circulation sont particulièrement difficiles et c'est à  20kms/heure que nous quittons ma demeure. Les routes ne sont pas encore dégagées, çà glisse et malgré l'heure tardive il y a de la circulation dans les deux sens... Il nous faudra presque deux heures pour parcourir environ 70 kms. A l'entrée en Seine et Marne les voies de l'autoroute A4 sont propres et nous pouvons enfin accélerer sans exagérer. Je me cale contre le montant de la portière passager et je m'endors... Les jours précédents ont été très actifs et la fatigue est intense. A 1h30 du matin je suis réveillée brusquement par un mouvement anormal du véhicule. Au moment où j'ouvre les yeux nous percutons la rampe gauche de sécurité de l'autoroute. Nous sommes en plein travers et encastrés dans la barre de métal. L'espace de quelques secondes j'ai eu la sensation que notre véhicule était dans les airs.. J'apprendrais par la suite que çà n'était pas qu'une vue de mon esprit. Le conducteur qui nous a percuté une première fois par l'arrière puis une seconde fois en heurtant la roue arrière s'enfuit... Je vois les feux au loin.. Et sur la gauche un poids lourd qui arrive. Je suis déchaussée et à l'aise. A une vitesse vertigineuse, je dois me rhabiller, mettre mes chaussures, mon manteau pour m'extraire de la voiture... Faire vite car ce qui nous guette est le suraccident. A la sortie d'une courbe les autres usagers ne peuvent nous voir que très tard. Les secours ont été prévenus aussitôt par mon compagnon qui n'a qu'une idée en tête, me mettre en sécurité de l'autre côté... Le chauffeur routier a vu l'accident et s'arrête quelques mètres après nous... Après s'être assuré que nous n'avions rien il court à son camion et à ma grande surprise fait une marche arrière pour se placer DERRIERE nous... Les feux de détresse de son engin sont alors visibles par tous. Un second routier s'arrête et se place sur l'autre voie. L'autoroute est bloqué nous sommes en sécurité absolue. Le choc psychologique est fort à ce moment là... Au loin il semble qu'il y ait un véhicule sur la bande d'arrêt d'urgence ! ? A Plus de 800 mètres de là... Le responsable a été contraint de s'immobiliser. Sa roue avant complètement défoncée d'avoir tenté de fuir... Il va sans dire que l'Audi est pulvérisée. Le nombre d'impacts est ahurissant ( bonne voiture sans vouloir faire de pub) l'avant complètement pulvérisé mais l'habitacle n'a pas bougé, les ceintures ont parfaitement fonctionné et le confort intérieur a évité des dommages physiques plus importants. L'espace de quelques secondes, sous l'effet du choc, la voiture s'est élevée dans les airs... A vitesse supérieure de notre part nous aurions passé la rampe de sécurité pour nous retrouver de l'autre côté... En face de cet homme pressé de rentrer chez lui, deux chauffeurs routiers, pourtant en retard à cause du temps eux aussi, mais qui n'ont pas hésité à tout mettre en oeuvre, tant sur le plan matériel qu'humain, pour être là pour nous... J'ai personnellement pu constater leur efficacité, leur humanité et leur gentillesse... J'aurais aimé pouvoir leur dire merci... Une fois toutes les formalités accomplies, soins par les services de secours et déclarations auprès des gendarmes, la circulation avait été rétablie et nos sauveurs avaient repris leur route... Le responsable, lui, n'a même pas fait le 112. Numéro pourtant gratuit. Son camion de location neuf abimé était la seule chose à laquelle il pensait... Comme quoi il y a plusieurs sortes de personnes... Sans autres commentaires. L'état du véhicule dans lequel nous étions montre la connerie humaine à l'état pur : distance de sécurité non respectée, vitesse plus qu'excessive, non maitrise de véhicule sur sol glissant. L'impact arrière a dû se produire à près de 130 kms /heure...

Je remercie les deux chauffeurs routiers présents au km 50.500 à hauteur de la Ferté sous jouarre sur l'autoroute A4 le 18 Décembre 2010 entre 1h30 et 2heures du matin.

Le coton et l'acier...

Il y a bien longtemps que je déserte cet endroit annexe à mon site par manque de temps justement... De nouveau je vais m'absenter longuement et çà n'est pas demain la veille que çà va changer....

La mélodie des mots est née il y a maintenant 35 ans... Avec le recul je me rend compte que les mots ont toujours cette musique qui m'enchante et me ravit. Avec toutefois un petit bémol : écrits ils ne traduisent pas toujours avec exactitude le sens qu'il faudrait qu'on leur donne... Le ton manque, l'expression corporelle aussi... Les sons n'y sont pas reproduits tout à fait de la même manière... Je me souviens d'antan lorsque nous récitions des textes et qu'il nous fallait "appuyer" sur certaines voyelles ou laisser trainer une fin de phrase pour qu'alors le sens apparaisse et donne à l'ensemble un air magique. Celui que j'aimais...

Je me sens maintenant comme une grosse boule de coton emballée dans de l'acier. De l'acier trempé, à l'abri des balles et des turpitudes de la vie. Etrange sensation de force incommensurable et de faiblesse intérieure en même temps. Faiblesse que l'on ne peut voir ou percevoir que si l'on entre dans mon cercle intime très fermé. Cette force qui me fait aller de l'avant quelques soient les circonstances ou les aléas de la vie. Et quand le renouveau se présente, éclatant de lumière et d'espoir, il est brillant et scintillant comme le diamant. Comme avant dans la prime jeunesse quand on ne sait rien de la vie et qu'elle nous apparait si simple...

A l'aube d'un nouveau jour et d'une nouvelle année, quand les douleurs restent derrière parce qu'il le faut et qu'au bout d'un certain laps de temps on finit par prendre réellement conscience de ses propres valeurs et surtout de ses propres désirs. Quand on ne laisse personne derrière puisque la vie est une formidable amie qui permet le maintient en contact de qui vaut la peine, alors tout est bonheur....

Dans moins de deux semaines c'est Noël puis la nouvelle année...

Que votre fin d'année soit aussi scintillante et prometteuse que le sera la mienne, en compagnie de gens que j'aime et qui me le rendent bien...

Maintenant n'oubliez pas ceux que vous aimez, nul besoin de cadeau pour faire plaisir car quand on aime c'est la présence qui compte le plus. Etre là pour eux, toujours et en priorité. La vie passe à la vitesse de l'éclair et rien ne permet de rattraper le temps perdu. Quand on a des projets qu'ils soient sociaux, professionnels et/ou financiers il ne faut jamais perdre de vue qu'on peut perdre quelqu'un très vite, sans s'en rendre compte et se réveiller avec l'absence. Il est alors trop tard et les regrets, les remords parfois ne servent plus à grand chose. Cette vie si précieuse qui s'éteint en quelques minutes. Et disparait...

A tous ceux qui me manquent...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vivante

 

Un envol de sansonnets signe l'arrivée prochaine de l'hiver. Les oiseaux se rassemblent et se préparent en gazouillant, à la grande migration nécessaire et salvatrice. L'éte indien se prolonge et le soleil d'arrière saison darde la terre de ses rayons bienfaiteurs. Elle reste là, pensive, savourant elle aussi ces instants que la nature distille avant de se mettre au repos et laisser les premiers frimas s'installer jusqu'au printemps. Elle pense sans s'arrêter sur un sujet,, allant de l'un à l'autre, sans nostalgie ni regrets. Parfois elle jette un oeil sur le chemin aimé, celui de son espoir passé. Il est bordé de chaque côté de végétation rougeoyante, sur son tracé les feuilles tombées jonchent le sol et lui donnent un air particulièrement suave. Elle revoit la porte, qu'elle avait laissé ouverte jadis et qu'elle a brusquement fermé, mettant un terme à son interminable attente. Comme par magie elle s'était réveillée de ce long rêve, où elle ne vivait pas vraiment.. Ce rêve qui la projettait dans un avenir qu'elle voyait rose mais qu'elle était seule à voir. Une voie sans issue parce que trop loin, trop tard aussi. Chaque chose en son temps dit le proverbe, elle ne croyait pas trop à celui ci et pourtant les évènements lui avaient donné raison. Oh non pas qu'elle n'avait plus de coeur, ni même qu'il ne vibrait plus, non, simplement elle avait décidé de ne plus l'écouter, de l'étouffer sous une cohorte de protections impénétrables rendant ainsi les chagrins sinon impossibles du moins extrèmement rares. Là haut la pleine lune se voyait déjà, malgré l'heure précoce. Le soleil et elle se partageaient chacun un bout de ciel, les nuages s'étiraient comme de gros morceaux de coton effiloché et l'ensemble avait des reflets irisés de toute beauté faisant oublier le jour et l'heure et laissant sa spectatrice subjuguée. Chaque mois désormais elle se tournera vers cette lune toute ronde, sans douleur, signe d'un passé heureux, emprunt d'un lendemain possible, peinte aux couleur de la vie. Nul ne sait jamais de quoi demain sera fait mais certains moments, certains instants même courts, même très brefs laissent une empreinte qui ne s'efface pas. Comme un rappel de joie, comme un post-it que l'on place sur son coeur et qui nous ramène immanquablement vers eux. Une abeille allait de fleur en fleur, s'activant à mille tâches à finir avec le froid qui ne tarderait pas à s'intensifier. Les fourmis faisaient le même manège inlassablement, ne se préoccupant pas de ce qui les entourent, sans fatigue, avec la même ardeur constante, comme de fières travailleuses utiles et indispensables qu'elles sont. Elle se leva, engourdie de tant de merveilles que l'on ne remarque que lorsque l'on se pose, calmement, laissant le temps glisser simplement sans heurt. Elle secoua prestement sa jupe sur laquelle les miettes de brioche qu'elle avait pris pour les oiseaux s'étaient accumulés et descendit les quelques marches jusqu'à la porte. Un sourire aux lèvres en pensant aux nuits blanches, un sourire vers l'avenir, vers un demain plus en phase avec ses souhaits. Maintenant que le plus dur était fait il ne restait plus qu'à mettre la pierre à l'édifice de ses décisions qui la mènerait vers le bonheur, celui qu'elle avait longtemps attendu et qui s'était présenté sobrement ce jeudi là sans que rien ne laisse présager une telle tournure des évènements.

 

Ecrit le 10 Octobre 2010 (Dépôt légal en cours)

Muriel Langlet.2010 - Tous droits réservés.

Propriété intellectuelle. Toute reproduction même partielle, toute copie, modification ou utilisation même à des fins privées est strictement interdite sans mon consentement écrit.

Patience

Luis ROYO

 

Je ne reprends pas d'articles blog non littéraires ici. C'est uniquement pour faire une petite apparition rapide et prévenir que je suis toujours là mais débordée donc impossible de poursuivre la saga d'Emile Zola commencée il y a deux mois. Je reviendrai bientôt. En attendant vous pouvez toujours me trouver sur mon blog privé, pour les intimes à qui j'ai donné le lien sur demande, où je continue de publier mes émotions et mon quotidien ainsi que les écrits perso. Encore quelques semaines de patience, et mes objectifs prioritaires seront atteints et je serais alors très disponibles pour les à côtés...

La petite phrase du jour qui me vient à l'esprit compte tenu des évènements des dernières 24 heures : La fortune sourit aux audacieux, dicton applicable au sens figuré bien sûr, fortune voulant dire toutes sortes de choses suivant le moment et les aléas ou providences de la vie... A méditer calmement. Le soleil derrière les nuages pour peu qu'on veuille le voir. Sera-t-il au rendez-vous ? Nul ne peut le dire mais rien de fâcheux n'arrive et comme dit une amie très chère et qui a maintes raisons de le dire : Il n'y a que la mort de grave le reste n'est que pécadilles...

A Bientôt donc...

 NDLA :Pour raison personnelle je ferme les commentaires ici... je n'aurais pas le temps d'y répondre de toute façon...

La faute de l'abbé Mouret - Emile Zola

La faute de l'abbé Mouret

 

Ce roman est le cinquième volume des Rougon-Macquart. Il est la continuité parfaite du précédent en ce sens qu'il se situe toujours dans le monde clérical. Dans celui-ci Zola va beaucoup plus loin et ne cache pas ses idées pro-calviniste bien qu'il ne le reconnaisse qu'implicitement et à plusieurs reprises il s'était prononcé contre le célibat des prêtres. En 1874 Emile Zola avait commenté " la tentation de Saint-Antoine", commentaire adressé au Sémaphore de Marseille, qui avait censuré toute la partie religieuse de la critique. Il s'en était confié à Flaubert dans une lette qu'il lui adressait le 9 Avril 1874. Frustré de cette découpe c'est donc dans " La faute de l'abbé Mouret" que l'écrivain avait abordé l'histoire d'une tentation : celle d'un homme de religion. Ce cinquième roman se démarque de l'ensemble de l'oeuvre en ce sens où il est plus instinctif, qu'un pur produit du naturalisme*genre littéraire opposé au romantisme. Il est toutefois parfaitement intégré puisque l'on y retrouve toujours cette opposition latente en toute chose. Serge Mouret élevé dans la foi, qui a des principes et des interdits, et Albine qui est athée. Là où la prouesse de l'auteur est exceptionnelle c'est que la présentation d'Alvine, ses motivations et son comportement ne font pas d'elle une impie mais une femme au sens originel du terme, illustrant l'amour simple et non-raisonné, indemne du pêché. Dans l'ouvrage précédent Zola dépeint le prêtre avide de pouvoir et de reconnaissance; dans celui-ci l'homme d'église tombe amoureux et découvre les tourments du désir charnel. On voit dans ce volume poindre la notion qui oppose le christianisme au catholicisme. Chacun mêlant dans son pot, à sa sauce, les ingrédients qui lui conviennent au moment où çà lui convient ( tels les bourgeois pseudo-puritains qui se dévergondent dans les cabarets par exemple mais tiennent à faire bonne contenance en perpétuant les traditions ). Ce livre met en lumière l'hypocrisie d'une société prétendument pure et respectueuse des conventions sociales en dénonçant l'amour entre un prêtre ayant fait voeu de chasteté et d'une femme( forcément mauvaise) qui signe sa perte spirituelle. Ils sont rabaissés au rang animal dans une relation bestiale. Fait rare dans cette grande saga, une fin dramatique peu commune. A mon sens cet ouvrage est un pur chef-d'oeuvre à tous les niveaux, le meilleur des vingt volumes que compte "les Rougon-Macquart", malgré de lourdes critiques lors de sa sortie.

 

Serge Mouret, prêtre dans un petit village, vit avec sa soeur Désirée et sa servante la teuse. Il pratique sa foi avec force et conviction. Alors qu'il est en compagnie du Docteur Pascal, Albine apparait brièvement puis disparait parmi les fleurs. Cette vision furtive  fera battre son coeur de plus en plus jusqu'à lui donner la fièvre. L'amour vient de s'emparer de lui. Amour réciproque que la morale réprouve. Le combat intérieur d'un homme d'église qui en oubliera tout pour l'amour d'elle. Elle qui mourra pour l'amour de lui... Le tout avec le style et la richesse d'expression propre à Zola.

* Le naturalisme est l'art de parler d'évènements proches, vérifiables et réalistes. Le romancier prépare un plan et passe de longs moments à préparer la mise en forme de son ouvrage. De nombreuses notes sont prises. Peu de place à l'imagination puisque lorsque le plan est terminé le livre est quasiment écrit. Par opposition au romantisme où l'écrivain travaille à l'instinct et monte sa trame au fur et à mesure qu'avancent ses écrits. Bien souvent il ne sait pas à l'avance ce que çà donnera ( Georges Sand écrivait ainsi). Le naturalisme n'enlevant rien au talent de l'auteur s'il en a et ne lui en rajoutant pas s'il n'en a pas..

Les chevaux d'Achille de K.Kavafy

Amour et tendresse...

LES CHEVAUX D'ACHILLE

 

A la vue de Patrocle sans vie,

lui, si vaillant, si vigoureux, si jeune,

les chevaux d’Achille se mirent à pleurer,

leur nature immortelle se révoltait

devant ce spectacle de la mort.

Ils remuaient leurs longues crinières,

secouaient leurs têtes, battaient la terre,

ils se lamentaient sur Patrocle, à présent sans âme,

ravagé, un rebut de chair sans vie ,

son esprit disparu,  sans défense,  sans souffle,  

rendu de la vie au grand Rien.

Zeus, voyant ses chevaux immortels en larmes, fut touché.

“Aux noces de Pylée” dit-il,

“Je ne devais pas me laisser à mon impulsion,

on n’aurait pas dû vous donner, mes pauvres chevaux.

Votre place n’était point parmi les humains,

ces pitoyables jouets du destin.

Vous, que ni la mort, ni la vieillesse n’atteignent

vous êtes en train de souffrir de misères temporelles,

participant aux malheurs des hommes”. 

Pourtant, les deux nobles bêtes, versaient toujours leurs larmes

devant l’indicible désastre de la mort.

av. 1911 – 20

 

K. Kavafy

( d'après l'Illiade d'homère )

 

 

Le ventre de Paris d'Emile Zola

 

Le ventre de Paris

Le ventre de Paris est le troisième de la fresque des Rougon-Macquart et le plus mal connu. Je m'explique, son titre et son auteur ne sont pas étrangers et ce, pour personne mais que l'on demande à l'un ou l'autre de quoi parle cet ouvrage et l'on va immanquablement se retrouver avec une description de ce gigantesque marché où l'on trouve de tout, des fleurs les plus simples telle la violette en passant par les étals de viande, les poissonneries, les divers fromages et toutes sortes de légumes. On se souvient de l'heure très matinale de l'installation, de la difficulté d'y apporter ses primeurs, des odeurs variées qui embaument ou dégoûtent. On y retient la sensation de mangeailles, de ripailles et de gras repas en perspective. Ce roman avait été presque méprisé lors de sa sortie, y compris par les contemporains de Zola dont Goncourt qui regardait le jeune-homme malingre qu'il était à l'époque d'un air désolé. On ne prêtait pas attention au message contenu dans l'ouvrage. Y prête t-on plus attention désormais ? Rien n'est moins sûr... En réalité sous fond de Halles ( Zola avait décidé que puisque Victor Hugo pouvait utiliser Notre Dame de Paris comme "actrice" principale de son roman, lui pouvait bien utiliser les Halles de Paris... ) Zola va nous conter l'histoire d'une famille : les Quenu et nous montrer comment la faiblesse et la générosité peuvent vite se transformer en vice et en cupidité sitôt qu'un héritage se profile à l'horizon. Il va ainsi nous montrer le lent cheminement de la pensée humaine et des actes qui vont en découler uniquement par peur de manquer, par peur que l'autre ne "mange" au sens propre comme au figuré tout ce qu'ils ont réussi à construire.  Le ventre de Paris est la continuité directe de la Curée dont il reprend la trame, les nantis qui se baffrent et qu'on imagine gras et repus, vils et faussement humains... Une sensation réelle de ventre plein nous envahit tout le long du roman et le dégoût de ces gens malveillants, calculteurs et cupides nous donnent la nausée comme si nous avions trop mangé. Trop mangé de saleté, la leur, leur façon d'être et de vivre en étant convaincus qu'ils agissent pour le bien de tous...

 

Le ventre de Paris c'est l'abondance de chair et de mets. La profusion de consommable, ces ménagères qui viennent faire leurs commissions pour les repas. Mais c'est aussi Florent le frère de Quenu, qui vient de s'échapper du bagne et qui affâmé par 3 jours de fuite, crève de faim lorsqu'il débarque chez son frère et sa belle-soeur Lisa. Il raconte sa faim, son errance. Il n'a pas changé, est resté le même qu'avant son emprisonnement et Quenu le reconnaissant partage les sentiments de son frère mais aussi ses rêves et ses ambitions. Lisa elle est outrée par les confidences de son beau-frère, confidences qu'il fait devant sa fille la petite Pauline. Elle est une femme douce et attentionnée, calme et maitresse de ses nerfs. Elle réfléchit et mène sa maison de main de maitre avec réserve et fermeté en même temps. Elle analyse toutes les situations et ne laisse jamais sa part au hasard ou aux aléas. Elle voit donc d'un mauvais oeil ce "gêneur" revenu de l'enfer. Lisa la sage va réussir à convaincre son faible époux que Florent est un danger pour leur bien être. Elle fera tant et si bien que Quenu persuadé que sa douce épouse sait tout gérer et se trompe rarement ouvre les yeux sur ce qu'il considère comme une vérité. Reste cette part d'héritage qu'il faut remettre à Florent puisque c'est son dû et Lisa insiste sur ce fait. Insensiblement, sans qu'elle en soit consciente elle même, en toute bonne foi pourrait-on dire va s'arranger pour faire disparaitre son beau-frère qu'elle renverra au bagne. Convaincue de bien agir puisqu'elle ira même jusqu'à consulter un prêtre pour la conseiller. Lisa dans cette quête de la tranquillité et de la quiètude fera ressortir le tempérament Macquart qui sommeille en elle.. Sa douceur et sa bonté prendront des allures monstrueuses lorsqu'elle réfléchira à la situation et arrivera à la conclusion que Florent ne peut pas rester avec eux sans les mettre en péril...

 

Prince Alpha

PRINCE ALPHA

  

C’est une histoire à raconter,

Au coin du feu, les soirs d’hiver,

Que ce loup qui se prit à aimer,

Une louve au cœur solitaire.

Quand leurs deux âmes se sont croisées,

Sans même qu’ils y prêtent attention

Leurs esprits se sont mélangés,

Venait de naître une passion.

Mais le destin traîtreusement,

Tenta des coups, des maléfices,

Et plaça insidieusement

De très grands trous, des précipices.

Sans y penser, comme par magie

Les écueils ils ont évité

Aidés par on ne sait quel esprit,

Ils ont enfin pu se trouver.

Une histoire vraie, un conte de fée,

Qui se raconte dans les chaumières

Pour prouver à l’humanité

Qu’un loup çà n’est pas sanguinaire.

Même si parfois, lors des ébats,

Lorsque leurs corps sont en émoi,

Au moment de l’ultime instant,

C’est une lutte presque un combat.

Là il est temps de les laisser

Avancer, construire leur avenir,

S’éloigner sur la pointe des pieds

Peut-être un jour pour revenir.

En attendant dans le grand bois,

Parfois même jusqu’au petit jour,

On entend le grand mâle alpha

Pousser ses hurlements d’amour.

  

Ecrit perso du 20 Mai 2007 ( dépôt légal )

  

Muriel Alexandre Langlet  2007-2010 - Tous droits réservés.

Propriété intellectuelle. Toute reproduction même partielle, toute copie, modification ou utilisation même à des fins privées est strictement interdite sans mon consentement écrit.

 


 

Annonce

Danse avec les loupsDanse avec les Loups

 

Un intermède nécessaire pour vous annoncer que, désormais, le blog rédigé sur ce site ne sera plus dédié qu'aux textes et poèsies. Un blog généraliste, ouvert ailleurs, traitera de l'ensemble des sujets qui me préoccupent, ou de tous autres  dont j'ai parfois envie de parler. En suite un dernier poème perso, mon préféré bien qu'il ne soit pas le plus parfait sur le plan littéraire, loin s'en faut d'ailleurs..

Danse avec les loups comme illustration pour ce semi-départ, parce que c'est l'un de mes deux films préférés d'une part et parce que Kevin Kostner reste et restera me semble t-il mon acteur favori avec un grand F. ( on ne se refait pas lol ). Cette image a une histoire, l'histoire d'une visite de bon matin, un jour de mars il y a quelques années...

Créer un site gratuit avec e-monsite.com - Signaler un contenu illicite.